Dossier d'archives · Dordogne
Un village au nord du bourg, déjà peuplé de laboureurs (cultivateurs) et d'un tisserand en février 1668 — trois ans avant la date que l'on citait jusqu'ici. Une maison de maître y loge, quatre siècles durant, une même lignée : les Rochon de Lapeyrouse, alliés aux Calvimont puis aux Bonfils de Lavernelle, jusqu'à la mort de la dernière châtelaine en 1862. À côté, sans discontinuer, un village de laboureurs, d'aubergistes et d'artisans, dont on peut suivre les forgerons Lambert sur cinq générations. Le tout dans vingt-cinq masses bâties dessinées par le cadastre de 1824 (plan cadastral dit napoléonien), et un hameau qui compte encore une trentaine de maisons aujourd'hui.
Tous les lieux-dits de Saint-Félix-de-Villadeix
La Pouleille est au nord du bourg de Saint-Félix ; le chanoine Brugière, vers 1884, l'y place à environ un kilomètre et demi et lui attribue treize maisons — un chiffre qui appartient à sa notice, pas à une mesure cadastrale. Le nom se partage aujourd'hui entre trois secteurs du cadastre actuel, La Pouleille-Ouest, La Pouleille-Sud et Poulille-Est : trois désignations d'un seul et même ensemble habité, non trois villages distincts. Répertoire des lieux-dits et cadastre actuel
Le village s'organise autour d'une route et de ses embranchements. En 1824, cette voie est explicitement nommée route de Bergerac à Brives ; un chemin en part vers La Brugère, un autre vers Pérel. Trois feuilles détaillées se partagent ses maisons — A2, B1 et C1 — si bien qu'aucune d'elles, prise seule, n'en montre l'ensemble ; le tableau d'assemblage, à son échelle grossière, n'en dessine que treize symboles, quand le relevé détaillé des trois feuilles donne environ vingt-cinq corps ou masses bâties — 3 sur A2, 17 sur B1, 5 sur C1. Un bâtiment à ailes pouvant compter pour une masse ou pour plusieurs corps, ces vingt-cinq unités ne sont ni vingt-cinq maisons ni vingt-cinq ménages. Plans de 1824
Sur la carte de Belleyme, à la fin du XVIIIe siècle, plusieurs maisons sont déjà dessinées en plan au bord de la grande route, dans le voisinage de La Farguette et du Brodas. L'état- major du XIXe siècle confirme un noyau serré de constructions des deux côtés du chemin ; les photographies aériennes, des années 1950 à aujourd'hui, montrent toujours ce même noyau routier, une grande cour au nord-ouest et des dépendances dispersées. C'est une continuité de site et de disposition — non la preuve que tous les murs actuels datent de 1824. Belleyme, état-major, aérien
Le nom du village n'apparaît pas pour la première fois avec l'attestation notariale de 1671 que citait le vicomte de Gourgues, en 1873, dans son Dictionnaire topographique. Les registres paroissiaux conservés de Saint-Félix donnent déjà « La polelie » en février 1668, à l'occasion du mariage d'un jeune laboureur du village. Le jour du mois, et certains patronymes, restent endommagés sur l'image ; le mois et le millésime, en revanche, sont sûrs. Le jour se lit 12 ; le nom, lui, se lit de trois façons (« la polelie », « la poulelie », « la pulehie ») : la forme exacte de 1668 reste incertaine. Lu sur l'original
Gourgues donne 1671, « acte not. » ; la minute n'a pas été retrouvée. Le nom est pourtant
d'usage courant dès février 1668 : les actes voisins ne parlent ni de création d'une métairie ni de
fondation d'un village. La première mention lue sur l'original est donc de 1668, sans que l'on
puisse dire que le lieu n'existait pas avant.
L'orthographe varie ensuite beaucoup : polelie, polelgie, Poulélie, Poulelie, Lapouleille. Cette variation peut relever de l'écriture du curé, de l'orthographe locale ou de la segmentation de l'article ; elle ne prouve pas, à chaque date, un changement de prononciation. Le cadastre de 1824 écrit « Lapouleille » ; Gourgues, en 1873, fixe la forme « Pouleille (La) », un « ancien fief » (terre tenue d'un seigneur) selon lui ; le cadastre moderne y ajoute la forme « Poulille », à l'est du village. Registres paroissiaux 5 E 409/1-3 ; cadastre ; Gourgues
Deux explications circulent, sans qu'aucune ne s'appuie sur une démonstration fondée sur les formes anciennes du lieu : un rapprochement avec l'occitan poulaié, « poulailler », dans une notice de château, et avec pouleio, un puits à bascule, dans une chronique locale de 2019. Aucune forme médiévale décisive n'a été retrouvée, ni aucune étude de Dauzat, Rostaing ou Nègre consacrée spécifiquement à ce lieu. Un petit carré figuré comme puits possible sur le cadastre de 1824, dans la cour du grand ensemble 282, ne permet pas de trancher. Deux hypothèses concurrentes, non démontrées
Gourgues place aussi, à La Pouleille, des noms de terres qu'il ne localise pas toujours par une parcelle : Castel-la-Mote, les taillis de Ferrières et de Larbougne, la Combe du Rat. Aucun de ces noms ne suffit, à lui seul, à identifier une motte féodale, une forge ou une mine sur cette terre — et la date de 1491 parfois associée à Larbougne appartient en réalité à une autre entrée du dictionnaire, à Saint-Pierre-d'Eyraud : elle ne doit pas être reportée ici. Cinq notices Gourgues, aucune démonstration foncière
Aucune mention médiévale du nom n'a été retrouvée sur un original. Gourgues appelle La Pouleille un ancien fief ; la notice de Brugière et des publications familiales lui donnent une place dans l'histoire des Rochon et des Calvimont — mais aucun de ces qualificatifs ne remplace un hommage (serment au seigneur), un terrier (registre des terres et redevances d'un seigneur) ou un accensement (concession de terre contre redevance) daté. La dépendance générale de la paroisse envers la châtellenie puis baronnie de Montclar est documentée par ailleurs dans l'histoire communale ; pour La Pouleille elle-même, seule une brochure récente sur La Motte inclut le village parmi les possessions ou dépendances de Montclar, sans reconstituer ni la mouvance exacte du fief, ni les droits dus, ni l'étendue foncière. On ne reporte donc pas ici l'accensement de Caveroque de 1370, qui concerne un autre lieu de la paroisse. Indication secondaire, non démontrée pour ce lieu
Une Carte archéologique de la Gaule reprend une proposition ancienne faisant passer par La Pouleille une voie antique Bordeaux-Lyon ; l'argumentation n'a pu être lue que par extraits. Une référence plus ciblée existe pourtant, retrouvée pendant cette enquête : un article de Christian Chevillot, publié en 2020 dans les Documents d'archéologie et d'histoire périgourdines, consacré précisément au « segment de La Pouleille à Mouleydier » d'une voie gauloise. Titre, pages et volume sont confirmés par le catalogue de la SHAP ; le texte lui-même reste à consulter, et sa seule présence bibliographique ne permet pas d'en adopter les conclusions ni de dater le village de l'époque gauloise. Référence bibliographique confirmée, texte non lu
Les actes voisins de 1668 montrent un village ordinaire, mêlant agriculture, accueil et artisanat : hôtes, laboureurs, tailleurs, tisserands. Il y a aussi des tuiliers (fabricants de tuiles). Le 8 octobre 1678, on enterre Louis Chabanac, vingt mois, mort la veille « à la tuillière de Lapolelgie » ; son père Guilhem Chabanac et Jean Chabanac, cousin germain du père, sont tous deux tuiliers et « tous habitans à ladite tuillière ». En décembre 1678, une fille de Guilhem y est baptisée ; en mars 1680, c'est le fils d'un tisserand, Jean Lafaure. La tuilerie était donc un lieu habité, que les actes nomment à part. Ils ne disent ni où était le four, ni ce qu'il produisait : au village même, ou ailleurs sur les terres de La Pouleille. La Tuilière, à environ 890 m, pourrait être cet endroit ; aucun document lu ne permet encore de l'affirmer. Lu sur l'original
La présence des Malmontaigne est établie dès cette première période. Le 20 janvier 1669, Jean Malmontaigne le jeune est présenté comme fils de maître Jean Malmontaigne, procureur du roi à Lalinde ; La Pouleille est leur lieu de résidence. Le 3 janvier 1683, un Jean Malmontaigne porte le titre de sieur de Lamothe tout en habitant le village : titre et domicile sont deux informations différentes, et rien ne permet de rebaptiser sa maison « château de Lamoute » sans preuve foncière. Registre paroissial 5 E 409/1, vue 060 ; registre paroissial 5 E 409/2, vue 069
Les Lambert sont bien plus nombreux dans les actes ordinaires que les seules familles titrées. David Lambert est qualifié d'hôte (aubergiste) ; le 21 janvier 1683, âgé d'environ soixante-dix ans, il est enterré dans l'église de Saint-Félix — ses fils Martial, tailleur, et Arnaud, laboureur, assistent au convoi et habitent le village. L'acte fixe cette fratrie ; il ne suffit pas à rattacher tous les Lambert des siècles suivants à David. Registre paroissial 5 E 409/2, vue 071
Le 14 septembre 1672 est baptisé Jean-Baptiste de Rouchon, né le 23 juin. Son père Guillaume de Rouchon est lieutenant particulier au siège de Bergerac ; sa mère Jeanne de La Gaubertie a fait ses couches au village de Lapolelgie. L'acte montre un lien résidentiel précis avec La Pouleille, sans imposer un domicile permanent du père, retenu par sa charge à Bergerac. Le parrain se lit Élie de Rouchon, avocat et juge de Clérans — et non Gilles, comme le donnait une lecture plus ancienne. Lu sur l'original
Le 31 décembre 1676, ce même Guillaume Rochon, âgé d'environ quarante ans, est inhumé après être mort la veille dans la maison de Lapolelgie. L'acte mentionne sa sépulture dans la chapelle Saint-Nicolas et les engagements de son père, juge de Clérans — mais il ne dit pas que cette chapelle se trouve à La Pouleille. La distinction compte : la chapelle Saint-Nicolas dont une convention de 1682 décrit l'usage familial se situe en réalité dans le cimetière de Saint-Félix, pas au hameau. Registre paroissial 5 E 409/1, vue 395 ; distinction confirmée
Six ans plus tard, le 6 avril 1682, un parrain porte à son tour le titre de sieur de la polelgie ; sa signature autographe, « reymond de rochon parrain », sécurise le rattachement familial. L'acte nomme aussi Jeanne Castaing, femme de maître Élie, avocat et juge de Clérans, domiciliée au village. Lecture exacte
Deux jours plus tard, le 8 avril 1682, une convention passée devant le notaire royal Camberon règle l'usage et l'entretien de la chapelle Saint-Nicolas. Le texte publié en 1983 présente Élie de Rouchon, juge de Clérans, habitant La Pouleille et administrateur des enfants de feu Guillaume ; il partage les obligations funéraires avec les autres branches Rouchon/Lapeyrouse et Lavernelle. La minute originale n'a pas été retrouvée dans ce travail : les clauses ne sont connues que par cette édition, dont la note qualifiant La Pouleille de « repaire noble » doté d'une chapelle reste une indication secondaire, à ne pas confondre avec Saint-Nicolas. Édition de 1983, minute non vue
La généalogie des Calvimont publiée par O'Gilvy rattache Louise de Rochon, fille de Guillaume et de Jeanne de La Gaubertie, à un mariage avec Jean de Calvimont en 1695, puis à Jean-François, marquis de Calvimont, seigneur de La Poulelie. Cette généalogie éclaire le changement de nom de la famille dominante ; le contrat de mariage et les clauses de transmission du domaine, en revanche, n'ont pas été lus. Nobiliaire de 1856, non recoupé par un acte notarié
Une preuve indépendante du nobiliaire se trouve dans le registre paroissial : en février 1738, Louis Dumas et Marie Campagnie sont tous deux domestiques de M. de Calvimon à « la poulelie » (forme lue sans accent). Le baptême du 2 février est lu avec certitude ; le mariage, quelques jours plus tard, hésite entre le 6 et le 8 février — l'encre est pâlie et le chiffre reste ambigu. La présence domestique des Calvimont au village est donc assurée sans dépendre uniquement du nobiliaire ; l'acte ne date en revanche ni l'acquisition de la propriété ni la construction de la chartreuse. Baptême confirmé Quantième du mariage disputé
Les Malmontaigne demeurent présents au milieu du siècle : Françoise Malmontaigne, demoiselle de Lasagne, est inhumée le 14 juin 1747 après être morte au village ; en 1749, l'inventaire des registres de Cubjac signale le mariage du notaire royal Jean Randel avec Marie Malmontaigne, « de la Poullelie » — un fait connu seulement par l'analyse imprimée d'un registre extérieur à Saint-Félix, qui ne prouve pas que toute la famille ait quitté le village cette année-là. Registre paroissial 5 E 409/3, vue 051 Cubjac, analyse secondaire
Les dernières décennies de l'Ancien Régime mettent au premier plan les Perrot, praticiens (hommes de loi) ou notaires selon les individus, les Lassaigne, les nombreux Lambert et les Teulet. Le 4 février 1770, Pierre Lambert, taillandier de Lapouleille (le taillandier fabrique des outils tranchants), épouse Marie Favard, venue de Montclar : premier jalon sûr de la lignée d'artisans du fer que l'on suit ici sur cinq générations. D'autres Lambert restent laboureurs, aubergistes ou artisans d'un autre métier — le seul patronyme ne suffit pas à leur attribuer la forge. Lu sur l'original
Enfin, le 27 mars 1792, le registre consigne l'inhumation de Louis Bonaventure Rochon de Lapeyrouse, brigadier des armées du roi, mort « dans sa maison de Lapouleille ». Le 27 est la date de sépulture ; l'acte ne permet pas d'en faire, sans réserve, la date du décès. Sa présence prouve surtout que l'histoire des Rochon au village ne commence pas avec l'achat de décembre 1823 rapporté plus tard par un généalogiste. Registre paroissial 5 E 409/3, vue 585
Le 13 janvier 1794, François Joseph Bonfils Labenie, propriétaire de vingt-sept ans, domicilié à Lavernelle, épouse Catherine Adélaïde Rochon, dix-sept ans, fille de Louis Bonaventure Rochon et Françoise Rochon, rattachés à Lapoulelie. La jeune femme signe « Adèle Lapeyrouse » ; sa mère signe également. Le formulaire qualifie encore les parents de « conjoints » sans que cela démontre que le père soit vivant : sa sépulture, on l'a vu, est de 1792. Lu sur l'original
Une généalogie imprimée en 1942 par le comte de Saint-Saud datait ce mariage de 1802.
L'acte d'état civil donne sans ambiguïté le 13 janvier 1794. Il appelle la mariée
Catherine, là où des notices familiales écrivent Louise Adélaïde : les deux prénoms sont
gardés, sans trancher.
Le lien avec les Bonfils est aussi un souvenir vécu. Dans ses Origines des Rochon de Lapeyrouse, publiées en 1893, le comte de Lapeyrouse — Léonard-Léonce de Bonfils-Lablénie — affirme avoir été élevé à La Pouleille, où habitait sa famille, et évoque ses camarades d'enfance. Ce témoignage rétrospectif éclaire la maison du début du XIXe siècle ; il ne valide pas pour autant les origines médiévales prestigieuses développées dans le même opuscule. Témoignage autobiographique, 1893
Un généalogiste du XXe siècle rapporte un achat de La Pouleille en décembre 1823 par Alexis de Rochon de Lapeyrouse, ancien émigré et officier — en restant lui-même prudent sur son identification avec un Ferdinand-Louis-Alexis baptisé à Queyssac en 1775 : il emploie « vraisemblablement ». On retient donc cet achat comme information secondaire, non comme mutation établie : ni vendeur, ni notaire, ni parcelles ne sont identifiés, et les résidences Rochon antérieures montrent qu'un tel achat pouvait tout aussi bien concerner une réunion de droits qu'un retour de propriété. Saint-Saud, 1942, non recoupé par un acte
Les listes nominatives décrivent ensuite un ménage de propriétaires entouré de domestiques — cinq en 1836, quatre en 1841, cinq en 1846, six en 1851, cinq en 1856, six encore autour de la veuve en 1861. Le décès, lui, est d'une precision remarquable : Louis Alexis Ferdinand Rochon de Lapeyrouse meurt à La Pouleille le 12 octobre 1859 à quinze heures, acte dressé le lendemain. Il est qualifié de propriétaire, chevalier de l'ordre militaire de Saint-Louis. L'âge déclaré, quatre- vingt-sept ans, ne concorde pas exactement avec le baptême de 1775 avancé par Saint-Saud — une tension entre deux sources, laissée ouverte plutôt que tranchée. Âge et heure confirmés sur l'original
Un article publié en 1983 dans le bulletin de la société savante donnait 1759 pour cette
mort : c'est une coquille, l'acte civil portant sans ambiguïté 1859.
Sa veuve, Marie-Madeleine-Thérèse Desmoulin Leybardie, meurt à son tour le 3 janvier 1862 à deux heures, acte dressé le même jour, précisant explicitement « décédée aujourd'hui à deux heures du matin » — ce qui écarte tout risque de confusion avec la veille. Elle a environ quatre-vingt-six ans, née au château de Longas près de Mussidan. Lu sur l'original
La disparition de ce ménage ferme une séquence très documentée. Aucune vente du domaine après 1862 ni aucun partage de la chartreuse n'a été retrouvé dans ce travail : les autres propriétaires du hameau ne deviennent donc pas automatiquement les successeurs des Rochon dans le logis principal. Succession non retrouvée
Le 27 novembre 1797, François Lassagne, fils de feu André et de Marthe Gentier — rapprochée de Gontier dans les baptêmes —, épouse Jeanne Rey, du Girard, avec Lapouleille pour domicile des parents du marié. Le couple se suit ensuite au village : le recensement de 1836 réunit François, Jeanne Rey, Pierre et Jeanne, avec trois domestiques. Les décès s'égrènent : Pierre Lodoïs en 1841, François en 1850, Jeanne Rey en 1865, puis leur fille Jeanne en 1869. Une formule du chanoine Brugière voulant que la famille « ait quitté » La Pouleille doit donc se lire comme un constat tardif, non comme la date d'un déménagement général. Mariage de 1797 lu sur l'original ; décès suivis dans les relevés
Les Perrot, hommes de loi et propriétaires, laissent un acte particulièrement parlant sur les rapports de colonage au village : à la mort de Mélina Marie Laveyrie, veuve de Jérôme Debrie Perrot, le 29 décembre 1904, Joachim Teillet est qualifié de « colon de la décédée », domicilié lui aussi à La Pouleille. On documente ainsi un lien précis d'exploitant à propriétaire — sans savoir encore quelles parcelles étaient concernées. Le mot « colon » désigne ici un exploitant agricole travaillant les biens d'autrui. Formule lue mot pour mot
La filiation la plus solide du dossier relie Pierre Lambert et Marie Favard, mariés en 1770, à leur fils Léonard, puis à Pierre, forgeron au milieu du XIXe siècle.
| Génération | Acte de liaison | Ce qui est établi |
|---|---|---|
| Pierre Lambert × Marie Favard | 4 février 1770 5 E 409/3, v. 320 G | Pierre, taillandier à Lapouleille. Lu sur l'original |
| Leur fils Léonard × Marie Delmary | 29 juillet 1801 5 E 409/4, mariages an IX, v. 03 D | Léonard, taillandier, né et domicilié à La Pouleille, fils de Pierre et Marie Favard. Lu sur l'original |
| Léonard × Marguerite Jobert/Jaubert | 4 octobre 1810 5 E 409/5, naissances, mariages, décès 1810, v. 11 D-12 G | Même filiation ; Léonard qualifié de « faure ». Lu sur l'original |
| Leur fils Pierre × Marguerite Ferrié | 26 septembre 1854 5 E 409/10, mariages 1854, v. 03 D-04 | Pierre, trente-cinq ans, forgeron né et domicilié à Lapouleille, fils des défunts Léonard et Marguerite Jaubert. Lu sur l'original |
| Marie Lambert × Jean Gouyou | 5 août 1878 5 E 409/12, mariages 1878, v. 14-16 | Le gendre Jean Gouyou est forgeron dans le ménage de Pierre. Relevé |
Le mariage de 1854 renvoie à un contrat passé le 27 août 1854 devant Me Labat, notaire à Beauregard : une piste directe, non encore consultée, pour connaître les apports, les outils, un éventuel atelier. L'acte civil, lui, montre en montage la table annuelle qui complète la date exacte du mariage. Contrat cité, cote de la minute non retrouvée
En 1881, Pierre Lambert et Jean Gouyou travaillent encore comme forgerons dans le même ménage ; en 1891, Pierre est retraité tandis que Gouyou exerce le métier. Pierre meurt le 21 août 1899, âgé d'environ quatre-vingts ans. Au début du XXe siècle, la famille Guinard assure une nouvelle présence du travail du fer au village — sans qu'aucun acte ne permette encore de dire que les Guinard ont racheté la forge Lambert-Gouyou ou travaillé dans le même bâtiment. La continuité du métier est démontrée ; celle de l'atelier reste à établir. Continuité du métier, pas de l'atelier
À côté de cette lignée, d'autres branches Lambert se distinguent par leurs métiers et leurs surnoms : Pierre dit Janvier, tonnelier, dont le fils René Lambert, né en 1889, meurt à la guerre en 1916 ; des cultivateurs, chez Raymond et Élisabeth Chavagnac puis Pierre et Marie Garraud, chez Jacques et Jeanne Reynier. Les surnoms — cadet, Bouchet, Mina, Janvier — permettent parfois de distinguer les hommes, mais leur variation impose de revenir systématiquement à l'âge, au conjoint et aux parents plutôt qu'au seul patronyme. Nombreux homonymes, filiations à vérifier
Dans son numéro du 16 décembre 1886, le quotidien bordelais La Petite Gironde rapporte l'ouverture d'une enquête pour la mort d'un nouveau-né « à Pouleille, commune de Saint-Félix, canton de Lalinde ». L'article, daté de Bergerac le 14 décembre, évoque un accouchement dans la nuit du 28 novembre, une mère veuve de trois filles et la découverte du corps dans un parc à brebis ; il nomme deux médecins et indique le transfert de la femme à la maison d'arrêt de Bergerac. Ces faits sont ceux que rapporte le journal — ils ne sont pas présentés ici comme les constatations d'un dossier judiciaire personnellement consulté, et l'article anonymise déjà la femme concernée. Image lue
Une suite est signalée dans un autre journal de janvier 1887, mais la demande d'image correspondante a reçu une erreur d'accès. Le verdict n'est donc pas donné ici : ce n'est ni une condamnation ni un acquittement qui est rapporté, mais l'existence d'une enquête ouverte. Suite judiciaire non retrouvée
Le travail du fer et la maçonnerie se poursuivent au village : le 10 février 1900, Joseph Ernest Guinard, forgeron né à Fouleix, épouse Marie/Félicie Barjou ; son fils Joseph Marius exerce à son tour le métier, un apprenti étant signalé en 1936. Les Barjou sont d'abord liés à la maçonnerie, avant qu'un fils ne devienne mécanicien puis cultivateur selon les recensements successifs — des professions déclarées à ces dates, pas une carrière entièrement reconstituée.
Le tableau suivant distingue une naissance au lieu d'une résidence familiale ; les renseignements militaires proviennent des fiches Mémoire des hommes et des registres, non d'une lecture intégrale des registres matricules.
| Homme | Lien avec La Pouleille | Mort et référence militaire |
|---|---|---|
| Auguste Bourbon | Né le 29 décembre 1887, fils de Justin Bourbon et Marguerite Rébeyrotte, naissance à Lapouleille | 28 août 1914, Raucourt ; 209e RI ; matricule 1087, Bergerac |
| Léon Lucien Armandie | Ménage des parents recensé au village en 1901 | 22 mars 1915, Souain ; 20e RI ; matricule 1042, Bergerac |
| Émile Carbonnel | Né à Lapouleille le 8 septembre 1892 | 25 septembre 1916, Combles/Frégicourt ; caporal, 43e RI ; matricule 1016, Bergerac |
| René Lambert | Né à Lapouleille le 6 avril 1889, fils du tonnelier Pierre dit Janvier | 15 novembre 1916, Ablaincourt-Pressoir ; sergent, 308e RI ; matricule 1095, Bergerac |
| Louis Émile Teillet | Né à Saint-Marcel ; ménage Teillet de La Pouleille en 1901 | 24 mai 1917, Florina ; 34e RIC ; matricule 1083, Bergerac |
Pendant la Seconde Guerre mondiale, Éloi Barjou, attesté à La Pouleille par les recensements de 1936 et 1946, est donné par une source spécialisée comme chef du groupe de résistance de Saint-Félix. La concordance entre le nom et la résidence est forte ; le détail de ses actions ou de ses effectifs n'est pas établi par les recensements eux-mêmes. Concordance forte, actions non détaillées ici
En 1946, un prisonnier de guerre allemand est inscrit dans le ménage agricole Barjou. La récapitulation du registre confirme 10 maisons, 8 ménages, 26 individus, dont 25 Français et un étranger — chiffres lus directement sur les images. Lu sur l'original
Un ancien relevé donnait 8 maisons et 25 individus, sans doute en confondant le
nombre de ménages avec celui des maisons, et le total des habitants avec celui des seuls Français.
La liste nominative et la récapitulation donnent bien 10 maisons, 8 ménages, 26 individus.
Une feuille volante datée du 13 février 1951, insérée dans le même registre, donne 10 maisons, 9 ménages et 29 habitants — mais son en-tête précise « d'après le recensement de mars 1946 ». Elle ne peut donc pas être utilisée comme un recensement autonome de 1951 : son chiffre diffère de la liste nominative et de la récapitulation de la même année. Cette discordance documentaire est conservée sans être résolue par hypothèse. Discordance conservée, non expliquée
| Année | Maisons | Ménages | Personnes |
|---|---|---|---|
| 1836 | — | 13 | 79 |
| 1841 | — | 13 | 70 |
| 1846 | 13 | 13 | 71 |
| 1851 | 15 | 16 | 74 |
| 1856 | 16 | 16 | 71 |
| 1861 | 15 | 15 | 67 |
| 1866 | 17 | 18 | 74 |
| 1872 | 13 | 13 | 60 |
| 1876 | 14 | 14 | 50 |
| 1881 | 13 | 14 | 51 |
| 1891 | 13 | 13 | 62 |
| 1901 | 15 | 12 | 61 |
| 1921 | 12 | 12 | 40 |
| 1926 | 12 | 12 | 40 |
| 1931 | 11 | 11 | 38 |
| 1936 | 5 | 5 | 25 |
| 1946 | 10 | 8 | 26 |
| 1951 (d'après 1946) | 10 | 9 | 29 |
La série indique un village généralement compris entre 67 et 74 personnes de 1841 à 1866, puis des fluctuations entre 50 et 62 jusqu'en 1901, avant la baisse observée au XXe siècle. Il ne faut pas attribuer cette évolution à une cause unique : départs, mortalité, fin des grandes domesticités et variations de périmètre restent à étudier séparément. Causes non établies
Le tableau ci-dessous reprend la disposition visible sur les trois feuilles cadastrales de 1824. Les pièces d'eau colorées en vert bordent plusieurs cours et chemins ; leur dessin prouve leur représentation cadastrale, non leur usage exact — mare, abreuvoir ou lavoir restent à trancher au cas par cas.
| Secteur | Disposition visible en 1824 | Parcelles à suivre |
|---|---|---|
| A2, partie occidentale | Trois masses encadrent une cour : un grand bâtiment en L, un petit carré séparé, une construction méridionale à retour. | Cour 475, abords 474, 476-479 |
| B1, grand ensemble occidental | Vaste composition autour d'une cour ouverte, ailes avec décrochements, deux petits bâtiments isolés aux angles de l'entrée, pièce d'eau au nord. | Ensemble 282, abords 279-291 |
| B1, bord de route | Plusieurs bâtiments en file et des dépendances au sud du grand ensemble. | 286, 287, 288 |
| B1, groupe oriental | Maisons et dépendances de part et d'autre d'un chemin, dont un bâtiment long subdivisé. | 292 ; 295-298 ; 300-301 ; 304-305 |
| C1, sud-est de la route | Deux bâtiments proches, puis plusieurs constructions isolées le long de la route. | 10, 11, 16, 7 ; enclos 1 |
Les notices patrimoniales décrivent une chartreuse avec ailes en retour, grandes baies rectangulaires et combles sans lucarnes, de caractère XVIIe siècle. Le grand ensemble 282 de la feuille B1 en fournit un candidat convaincant. Mais les registres ne disent pas que la « maison de Lapolelgie » de 1676 avait déjà exactement les murs et les façades conservés aujourd'hui : la prudence porte sur la date des bâtiments, pas sur la présence historique de la famille au lieu. Identification plausible, non datée par un acte
Une carte postale porte la légende « Village de la Pouleille » et montre, par-delà un champ labouré, une succession de maisons, des dépendances, des meules et des arbres défeuillés — datation seulement typologique, vers 1905-1925, sans que l'année de prise de vue soit assurée. Datation approximative
La Pouleille demeure un ensemble habité, avec des maisons, cours, jardins et bâtiments agricoles. Le traitement spatial de la BD TOPO relève 46 bâtiments et 19 logements sur les secteurs cadastraux du nom — des indicateurs issus d'une base géographique, pas un recensement des habitants ni un décompte porte à porte. Indicateur de base géographique
Le PLUi-H (plan local d'urbanisme intercommunal) approuvé le 26 novembre 2024 identifie cinq bâtiments du secteur comme susceptibles de changer de destination — d'anciens volumes agricoles, sans que cela ne prouve une autorisation individuelle ni des travaux déjà réalisés.
| Repère PLUi | Parcelle | Nature | Destination envisagée |
|---|---|---|---|
| CDSFV08 | B0220 | Grange | Logement |
| CDSFV11 | B0615 | Séchoir | Logement ; lieu écrit « Lapoueille » dans la fiche |
| CDSFV15 | C0315 | Grange | Logement, autre |
| CDSFV16 | C0330 | Séchoir | Logement |
| CDSFV17 | C0620 | Grange | Logement |
Un détail ancien complète l'histoire du paysage : un catalogue botanique de 1859 mentionne le « vallon de Lapouleille dans la forêt de Saint-Félix », montrant que le nom s'appliquait aussi à un vallon et à ses milieux, au-delà des seules maisons — sans le localiser par parcelle. Source naturaliste imprimée, lue sur l'image
Les registres paroissiaux et l'état civil ont été consultés pour ce lieu jusqu'à leur terme utile ; ce qui manque tient surtout aux séries de propriété et de succession, non encore consultées.
Matrice des propriétés bâties et non bâties, 1826, et document cadastral inventorié sans date : identifier les propriétaires de A 475, B 282 et des autres parcelles bâties, avec folios, entrées, sorties et mutations. La clé du passage des familles aux maisons.
Matrices de 1882 et 1914-1955 : suivre le bâti et les mutations ultérieures.
Tables des acquéreurs et vendeurs du bureau de Lalinde, 1808-1865 : chercher Rochon/Lapeyrouse en décembre 1823, retrouver date, vendeur et notaire.
Mutations par décès et tables de successions du bureau de Lalinde : successions du 12 octobre 1859 et du 3 janvier 1862, puis Lassaigne, Perrot et Laveyrie.
Extraits d'état civil, banc dans l'église, testaments et titres de propriété des Rochon ; vérifier l'alliance Calvimont.
Baux, obligations, partages et testaments des habitants, 1748-1792 ; vérifier les parentés entre les Perrot du village et les officiers de Montclar.
Contrat Pierre Lambert-Marguerite Ferrié : apports, outillage de forge, immeubles. Cote de la minute non retrouvée.
Original annoncé dans des archives privées ; vérifier sa conservation et le répertoire des minutes de Camberon, à Cause-de-Clérans, 1666-1712.
Requête de 1734 contre Françoise Malmontaigne, veuve d'Antoine Lassaigne, fille et héritière de Jean Malmontaigne : une piste pour relier deux familles locales.
Lire intégralement l'étude de Christian Chevillot sur le segment de voie gauloise La Pouleille-Mouleydier, 2020, p. 93-114.
Dossier et arrêt relatifs à l'affaire de La Pouleille de novembre-décembre 1886 ; cote exacte non identifiée.