Dossier d'archives · Dordogne

Le Pigat
en Villadeix

Un versant de laboureurs et d'artisans, attesté sans interruption depuis un baptême de 1669 : deux siècles et demi de Falgueyret, de Marty, de Lafaye et de Javerzac, une double noce où un père et son fils épousent le même jour une mère et sa fille, un cadastre de 1824 qui compte sept masses bâties, et deux erreurs de lecture — un mariage de 1841 mal attribué, une date de naissance mal recopiée en 1920 — reprises et corrigées sur les actes mêmes.

44,92357° N — 0,67389° E Commune de Saint-Félix-de-Villadeix (24405) Cadastre section E, ≈ 60 parcelles, 18,08 ha (périmètre actuel) Site : versant à replats, altitude non chiffrée dans les sources réunies
1669aux pigatzregistre paroissial, domicile d'une marraine
1757des piquatsmariage Falgueyret–Marti
1795Piguamariage Verroul–Falgueret, an III
1823despiguatmariage Marty–Parié
1824Le Pigat.cadastre, section E2
1841Pigot (Village)recensement
2024Le PigatPLUi-H, fiche CDSFV25
Le siteUn versant sans nom sur les cartes

Entre le Girard et le moulin de Rabard

Le point de repère du lieu-dit place Le Pigat à 44,92357° N, 0,67389° E, à l'ouest du bourg de Saint-Félix, entre le secteur du Girard au nord-est et le versant qui descend vers le moulin de Rabard au sud. Le Rabard habité, figuré à l'ouest et au nord-ouest, ne doit pas être confondu avec son moulin, dans le fond du vallon : le répertoire des lieux-dits établi pour cette étude range les deux désignations sous un même identifiant, ce qui oblige à garder l'orthographe de chaque acte plutôt que de les fondre. Point de repère du lieu-dit, lu sur le plan

L'habitat occupe un versant, avec des replats successifs et des bandes de terre qui descendent vers le vallon. Le modèle numérique de terrain (relevé laser du relief) rend les talus et les ruptures de pente perceptibles, mais n'autorise ici aucune identification de motte, de souterrain ou de structure médiévale. Dans les actes lus, le lieu est toujours un village ou hameau agricole : on y dit « village », plusieurs ménages y coexistent, et le cadastre distingue plusieurs groupes bâtis. Aucun acte consulté ne le qualifie de repaire, de château ou de maison noble.

Orthophotographie actuelle du Pigat : noyau bâti ancien au centre, extensions et parcelles boisées alentour, chemins d'accès depuis la route du Girard.
Orthophotographie actuelle (photo aérienne ; IGN/Géoplateforme, millésime de prise de vue non précisé). Le noyau ancien reste lisible au centre du cliché, entouré d'extensions et de boisements.

Le territoire cadastral contemporain nommé LE PIGAT est plus large que le seul groupe bâti ancien : le relevé géographique calcule environ 18,08 hectares sur une soixantaine de parcelles de la section E. Ce périmètre récent n'est pas une limite historique démontrée pour les Pigats du XVIIe siècle.

Le nomPigat, Pigatz, Piquats, Pigua

Un singulier récent pour un pluriel ancien

Le singulier actuel Le Pigat coexiste longtemps avec le pluriel les Pigats. La finale varie en -at, -ats, -atz, et le groupe consonantique en g, gu ou q. Des graphies (formes écrites) agglutinées comme Épigua ou dépigua apparaissent au début du XIXe siècle. La forme Pigot, propre au recensement de 1841 et à quelques actes voisins, s'identifie sans ambiguïté grâce aux familles et à la succession des villages du même dénombrement. Registres et recensements lus

La carte de Belleyme écrit Pigat. Sur Cassini, la forme se lit Pigual [?] (le « [?] » signale une lecture incertaine), avec une lecture Piqual encore possible : le texte est empâté dans l'extrait disponible. Il serait abusif de transformer cette seule finale cartographique en démonstration d'une étymologie en -al.Lecture de carte incertaine

Extrait de la carte de Belleyme montrant Pigat et ses voisins Girard, Rabard et Cavaroque, avec des repères rouges ajoutés.
Belleyme, planche 22. Pigat entre Girard, Rabard et Cavaroque ; les repères rouges ont été ajoutés, ils ne figurent pas sur la carte d'origine.
Extrait de la carte de Cassini où se lit une forme empâtée, lue Pigual avec un doute, la lecture Piqual restant possible.
Cassini, extrait local. « Pigual [?] » : la finale est empâtée, la lecture Piqual reste défendable.

Une piste lexicale existe : le dictionnaire de l'Académia occitana donne pigalhat, ada / pigat, ada, « tacheté », « moucheté », « de couleur pie ». C'est un mot occitan attesté, pas la preuve d'une origine pour ce nom de lieu. Le passage éventuel d'un sobriquet à un nom de lieu reste une hypothèse ; aucun habitant ancien porteur de ce sobriquet n'a été identifié ici.Rapprochement de vocabulaire, non démontré

Avant 1669Une date d'archives, pas une origine

Ce qui manque avant les registres

Aucune mention médiévale ou du XVIe siècle propre au Pigat n'a été retrouvée dans les documents consultés. Les attestations anciennes d'autres lieux de Saint-Félix — notamment l'accensement de Caveroque en 1370 — ne peuvent pas être reportées sur Le Pigat : aucun hommage, terrier, reconnaissance ou accensement ne le nomme explicitement. 1669 est la plus ancienne date retrouvée dans les documents, non une date de fondation. Le dictionnaire de Gourgues ne consacre d'ailleurs, pour la commune, aucun article au Pigat.Constat de recherche

1669–1707Laboureurs, un boucher, un cardeur

« Aux pigatz » : la première attestation, un père et un fils morts ensemble

Le 3 février 1669, le baptême de Marguerite Delmigial, dont les parents demeurent au Cirier, nomme comme marraine (celle qui présente l'enfant au baptême) Marguerite Chantiguil, épouse de Gilies Parrot [?] dit Boyvalet [?], laboureur (paysan qui cultive la terre) habitant « aux pigatz » ; le mari est cité une seconde fois, « habitant aux pigat ». C'est un domicile explicitement énoncé, non la preuve que l'enfant baptisé y soit né.

Acte de baptême manuscrit du 3 février 1669 : la marraine Marguerite Chantiguil et son mari, laboureur, sont dits habitants aux pigatz.
AD24, 5 E 409/1, v064 G (suite de v062 D). « …habitant aux pigatz… » : la graphie est nette et répétée deux fois dans l'acte.

Ce foyer appartient vraisemblablement au groupe Perrot/Pirot/Parrot que l'on suit les années suivantes par les baptêmes de leurs enfants. Le 30 août 1670, on enterre Bertrand Crabol, environ 55 ans, et Jean Crabol, 19 ans, père et fils, morts la veille dans leur maison des Pigats. L'acte évoque les sacrements ; il n'explique pas la simultanéité des deux morts — ni épidémie, ni accident, ni violence n'y sont mentionnés.Lu sur l'original

Acte de sépulture manuscrit du 30 août 1670 : Bertrand Crabol, 55 ans, et Jean Crabol, 19 ans, père et fils, enterrés ensemble, morts dans leur maison des Pigats.
AD24, 5 E 409/1, v129 D. « …ont esté enterrés… Bertrand Crabol, agé de 55 ans, et Jean Crabol agé de 19 ans, père et filz, tous deux décédés… dans leur maison des pigats… »

Le village n'abrite pas seulement des cultivateurs : un cardeur, un peigneur et un scieur y sont relevés dans les années 1670-1680, et le mariage de 1685 d'un tisserand de La Pouleille avec une fille Perrot du Pigat précède des naissances au village. Quelques parrains appartiennent au monde des officiers — un sieur (titre de notable) de La Marie de La Valette, un sieur de Lamothe de La Pouleille — sans que ces liens de parrainage prouvent qu'un notable possède le Pigat.

29 janvier 1680 : un père et son fils épousent une mère et sa fille

Le même jour, deux mariages successifs relient le Pigat à deux villages voisins. Gilles Perrot dit Boyviallet [?], laboureur des Pigatz d'environ 60 ans, épouse Peyronne Piat, 58 ans, habitante de Cantelauve, paroisse (circonscription religieuse) de Saint-Maurice. Le même jour, son fils Léonard Perrot (« Pierrot » n'est pas exclu), 25 ans, laboureur, épouse Peyronne Faure, 23 ans, du village de Bertie, fille de Peyronne Piat : un père et son fils épousent une mère et sa fille, la parenté étant explicitement énoncée dans les deux actes.Lu sur les originaux

Acte de mariage manuscrit du 29 janvier 1680 : Léonard, fils de Gilles Perrot, laboureur du village des Pigatz, épouse Peyronne Faure, fille de Peyronne Piat, du village de Bertie.
AD24, 5 E 409/1, v468 G-D. Le même jour que le mariage de son père, Léonard épouse la fille de la femme que son père vient d'épouser — double alliance entre Pigatz, Cantelauve et Bertie.

Cette double alliance relie les Pigatz à Cantelauve et à Berthier, sans qu'aucun apport matrimonial ni mutation de maison n'y soit énoncé. La lecture « Perrot » est la plus probable (le curé trace le double r comme un w, comme en 1672). Le rapprochement de Gilles avec le groupe Perrot de 1669 est très probable. Identité avec Gilles de 1669, non démontrée

Les mentions de 1707 — Pierre Falquier, fils d'Élie, et Jean Gaurel, fils d'Eymery, au lieu relevé « del piquat » — ne comblent pas l'intervalle documentaire entre les séries les mieux conservées, et aucune filiation démontrée ne les relie encore aux Falgueyret de la seconde moitié du siècle.

1757–1791Deux foyers Falgueyret

Pierre Falgueyret des Piquats épouse Marthe Marti de Liorac

Le 21 février 1757, Pierre Falgueyret, habitant des Piquats, épouse Marthe Marti, du village de La Rafigne, paroisse de Liorac. C'est le point de départ documenté d'une lignée qui traverse ensuite la Révolution sous deux noms, Falgueyret puis Parié.Lu sur l'original

Acte de mariage manuscrit du 21 février 1757 : Pierre Falgueyret, habitant du village des Piquats, épouse Marthe Marti, du village de la Rafigne, paroisse de Liorac.
AD24, 5 E 409/3, v168 G. « …mariage entre Pierre Falgueyret habitant du village des piquatz presente paroisse et Marthe Marti, de celluy de la Rafigne, paroisse de Liorac… »

Leurs enfants portent les prénoms Guillelme (1758), Isabeau (1761), Guillaumette (1763), Élisabeth (1766) et Antoine (1772) ; les trois premières identités doivent être rapprochées avec prudence des femmes appelées Marie dans les actes postérieurs, sans équivalence automatique. Pierre Falgueyret meurt en 1791 ; Marthe lui survit jusqu'en 1802.

Un second foyer, distinct, est celui d'Antoine Falgueyret et Jeanne Tridat, dont les enfants sont relevés entre 1744 et 1764. Le lien de parenté exact entre les deux foyers Falgueyret n'est énoncé dans aucun acte lu.

1795–1840Propriétaires, métayers, deux branches

Une propriétaire nommée en 1795 : Marie Boussenot

L'état civil révolutionnaire apporte des qualifications sociales plus précises. Le 6 mars 1795 (16 ventôse an III), Jean Verroul, cultivateur originaire de Pressignac (relevé « persignac » sur l'acte), épouse Anne Falgueret, seize ans, fille de Léonard Falgueret, laboureur, et de Marie Boussenot, qualifiée de propriétaire au Pigua. C'est le mari qui est laboureur ; la qualité de propriétaire est attribuée sans ambiguïté à la mère.Lu sur l'original

Acte de mariage manuscrit du 16 ventôse an III (6 mars 1795) : Jean Verroul, cultivateur natif de Pressignac, épouse Anne Falgueret, fille de Léonard Falgueret laboureur et de Marie Boussenot, propriétaire, demeurant au Pigua.
AD24, 5 E 409/4, mariages an III, v06 D. Marie Boussenot, mère de la mariée, est seule qualifiée de « propriétaire » ; son mari Léonard Falgueret est dit laboureur.

Le Pigat comprend parallèlement des exploitants qui ne sont pas présentés comme propriétaires : Guinot, métayer (exploitant qui partage les récoltes avec le propriétaire), en 1810 ; Jean Combarel [?], métayer, en 1813-1815 ; puis les familles Reynier/Portingeas et, en 1881, Pierre Chavagnac et Marie Coutou, explicitement qualifiés de métayers. Aucune de ces mentions ne nomme le bailleur.

La branche Falgueyret–Verrouilh

Anne Falgueret et Jean Verroul ont plusieurs enfants ; Anne meurt le 26 juin 1818, Jean lui survit jusqu'au 31 décembre 1836. Leur fils Antoine Verrouilh épouse Marie Lapouze, meunière du moulin de Rabard, le 15 mai 1839 : le couple s'installe durablement aux Pigats. Marie Lapouze meurt le 15 août 1858. Le fils du couple, également Pierre, devient homme d'affaires à Lapeyrouse ; la fille aînée Marie épouse en 1869 un autre Pierre Verrouil, de Lapeyrouse. La famille quitte ainsi progressivement le centre du tableau nominatif du Pigat au tournant du XXe siècle, sans qu'aucune vente de biens aux Javerzac — qui arrivent ensuite — ne soit démontrée par un document lu.

La branche Falgueyret–Parié–Marty

Le 20 novembre 1802, Marthe Marty meurt aux Pigats ; Pierre Parré, laboureur du village, se présente comme son gendre. En 1823 il est nommé Pierre Parié, époux d'Élisabeth Falgueret — très probablement l'Élisabeth baptisée en 1766, fille de Pierre Falgueyret et Marthe Marti, bien que l'acte de mariage des parents de Marie Parié manque encore pour fermer entièrement l'identification. Identification très probable, mariage parental non retrouvé

Le 3 juillet 1823, Marie Parié, née au village « despiguat » le 15 août 1806, épouse Pierre Marty « second », venu de Bonnefille, Saint-Alvère, fils de Pierre Marty et Jeanne Greilh. Les âges déclarés dans l'acte ne concordent pas entièrement avec les dates recopiées ailleurs et ne doivent pas servir de calcul exact de naissance.Lu sur l'original

Acte de mariage manuscrit du 3 juillet 1823 : Pierre Marty second, de Bonnefille à Saint-Alvère, épouse Marie Parié, née au village despiguat, fille de Pierre Parié et Élisabeth Falgueret.
AD24, 5 E 409/7, NMD 1823, acte 20, v19 D. « …despiguat… » : la graphie agglutinée du nom du village, telle qu'écrite dans l'acte.

Ce mariage ne documente à lui seul aucune donation ni aucun achat ; il explique seulement l'apparition du ménage Marty au Pigat. Leur fils Pierre, né en 1835, est caporal au 55e régiment d'infanterie de ligne lorsqu'il épouse Jeanne Grellety, de Cavigne, le 5 octobre 1862, restant domicilié au Pigat.Lu sur l'original

Acte de mariage manuscrit du 5 octobre 1862 : Pierre Marty, caporal au 55e régiment d'infanterie de ligne, domicilié au village du Pigat, épouse Jeanne Grellety, du village de Cavigne.
AD24, 5 E 409/10, M1862, acte 9, v07. Grade, régiment, domicile et lieu d'origine de l'épouse sont donnés en toutes lettres.

Devenu veuf, Pierre se remarie en 1871 avec Marthe Breton, du Ponsillou (Vicq). Le petit-fils Pierre Marty, propriétaire cultivateur, épouse en 1905 Anastasie Marty, de Rabard — la répétition du patronyme n'autorisant aucun degré de cousinage non énoncé dans l'acte.

1815–1841Les Lafaye : une erreur à défaire

Thève, pas Pierre : le marié de 1841

Le 17 décembre 1815, Pierre Laffaye, cultivateur aux Pigats, déclare un fils Pierre de son épouse Jeanne Bourgeois ; le père signe « P. Lafaye Declarant ». Cette pièce atteste directement l'installation du foyer avant la fin de 1815, venu de Saint-Mayme.

Ce que dit vraiment l'acte

Une lecture plus ancienne voyait dans l'acte deux prénoms pour le même marié, « Pierre Lafaye » au début et Thève à la fin. En réalité, l'acte nomme le marié Thève Lasaye aux deux endroits :

« …acte de mariage de Thève Lasaye agé de vingt-huit ans, cultivateur, né au village des Captes [?], commune de Sainte-Mayme, domicilié au village des Pigats, commune de Sainte-Félix, fils majeur de Pierre Lasaye cultivateur domicilié audit village… » AD24, 5 E 409/8, M1841, acte 3, v04 D
« Les dits Thèva Lafaye et Marie Bouynat ont déclaré… vouloir se prendre pour mari et pour femme… » même acte, v06 G

Pierre Lafaye n'est jamais l'époux : c'est le père du marié, présent et consentant. Le marié, Thève, âgé de 28 ans en 1841 (né vers 1812-1813 à Saint-Mayme, donc avant l'installation attestée de la famille au Pigat), est vraisemblablement un frère aîné du Pierre né aux Pigats le 17 décembre 1815, et non la même personne sous deux prénoms.

Début de l'acte de mariage manuscrit du 17 février 1841 : Thève Lasaye, cultivateur né à Sainte-Mayme et domicilié au village des Pigats, fils majeur de Pierre Lasaye cultivateur.
v04 D, début de l'acte. Le marié est nommé Thève Lasaye ; son père Pierre Lasaye est cité comme consentant.
Conclusion de l'acte de mariage manuscrit du 17 février 1841 : les dits Thèva Lafaye et Marie Bouynat ont déclaré vouloir se prendre pour mari et femme.
v06 G, conclusion. Le nom du marié reste Thève ; Marie Bouynat, de Caqueroussie, est son épouse.

Le couple Thève–Marie a des enfants prénommés Jeanne, Jean et Pierre dans les années 1840 ; une fille Jeanne, couturière, épouse le forgeron Pierre Mouyna en 1866. La génération suivante donne Jean Lafaye, mort en 1894, dont la femme est tantôt dite Marie Ferrié, tantôt Marie Lafosse. Le mariage d'Anne Lafaye, le 7 février 1907, nomme clairement ses parents « feu Jean » et Marie Lafosse, domiciliée au Pigat ; Anne y signe « Augusta Lafaye » — une correspondance établie sur cette seule pièce.Lu sur l'original

1853–1892De Lapalu au Pigat

Les Javerzac s'installent avant 1881

Le mariage du 17 mai 1853 situe encore Pierre Javerzac, 22 ans, à Lapalu, où résident ses parents Jean Javerzac et Marie Longis ; en 1881, le recensement du Pigat inscrit déjà Javerzac Jean, 50 ans, propriétaire cultivateur, sa femme Marie Prévot et leur fils Pierre. Le 19 juin 1885, le mariage du fils Pierre Javerzac, né à Lapalue et déjà domicilié aux Pigats, avec Anne Juglas, de Lavalette, nomme les parents Pierre Javerzac et Marie Prévot, également domiciliés aux Pigats.Lu sur l'original

Acte de mariage manuscrit du 19 juin 1885 : Pierre Javerzac, propriétaire cultivateur né à Lapalue et domicilié au village des Pigats, fils de Pierre Javerzac et Marie Prévot, épouse Anne Juglas, de Lavalette.
AD24, 5 E 409/13, M1885, acte 3, v03 D. Contrat cité du 15 juin 1885, Me Larobertie, Sainte-Alvère.

Le fils Jean Javerzac devient instituteur public à Saint-Marcel, mais meurt aux Pigats, célibataire, le 23 octobre 1911, à 24 ans, sans cause indiquée. Sa sœur Joséphine, née aux Pigats le 18 juin 1892, reste au village.

1905–1920Contrats, un mariage, une date corrigée

Un contrat reçu par Me Le Bœuf en 1905

Le 28 octobre 1905, Pierre Marty, 27 ans, propriétaire cultivateur aux Pigats, fils de Pierre Marty et Marthe Breton, épouse Anastasie Marty, 25 ans, de Rabard, fille de feu Jean Marty et Marie Mirabel. Le contrat a été reçu le 24 octobre 1905 par Me Le Bœuf, à Beauregard, cité dans l'acte de mariage.Lu sur l'original

Acte de mariage manuscrit du 28 octobre 1905 : filiations des époux Marty et mention d'un contrat reçu le 24 octobre 1905 par Me Le Bœuf, notaire à Beauregard.
AD24, 5 E 409/15, M1905, acte 2, v03 G-D. Les deux familles sont dites cultivateurs propriétaires, l'une au Pigat, l'autre à Rabard.

Une date corrigée : le 9 août 1886

Le 5 juillet 1920, Laurent Blondy, cultivateur né à Lacroix (Veyrines-de-Vergt), épouse Joséphine Javerzac, née aux Pigats le 18 juin 1892. Une lecture plus ancienne donnait sa date de naissance comme le 28 août 1886. L'acte porte sans ambiguïté :

« …Laurent Blondy, cultivateur, né au village de Lacroix, commune de Veyrines-de-Vergt, le neuf août mil huit cent quatre-vingt-six, fils majeur de Pierre Blondy décédé et de Marie Teillet… » AD24, 5 E 409/16, M1920, acte 8, v05

Les époux déclarent n'avoir pas fait de contrat de mariage. En 1921, Laurent est recensé comme gendre dans le ménage Javerzac ; il en devient chef en 1946. Ce mariage explique le passage du nom Javerzac au nom Blondy dans les listes, sans documenter les conditions d'un héritage.

Acte de mariage manuscrit du 5 juillet 1920 : Laurent Blondy, né le neuf août mil huit cent quatre-vingt-six à Veyrines-de-Vergt, épouse Joséphine Javerzac, née aux Pigats.
AD24, 5 E 409/16, M1920, acte 8, v05. « …le neuf août mil huit cent quatre-vingt-six… » lu sans ambiguïté sur l'original.
1914–1957Les guerres

Jean Bosset, disparu à la cote 200 ; André Marty, une date qui divise les sources

Le 7 février 1907, Anne Lafaye, domiciliée au Pigat, épouse Jean Bosset, né à Saint-Laurent-des-Bâtons. Sa fiche matricule, bureau de Bergerac, classe 1901, n°10, le dit musicien au 138e régiment d'infanterie en 1904, rappelé à l'activité en août 1914, et disparu le 30 décembre 1914 à la cote 200 au nord des Hurlus (avis officiel du 4 février 1915).Lu sur l'original

Fiche matricule de Jean Bosset : né le 10 septembre 1881, cultivateur, musicien au 138e régiment d'infanterie, disparu le 30 décembre 1914 à la cote 200 au nord des Hurlus.
Fiche matricule, bureau de Bergerac, classe 1901, n°10. Anne Lafaye, veuve Bosset, reparaît comme chef de ménage au Pigat dans les listes de 1926 à 1946.

André Marty naît le 17 juillet 1909 à 2 h du matin au village des Pigats, fils de Pierre Marty et Anastasie Marty. Le bulletin municipal de janvier 2013 le présente comme le capitaine André Marcel Marty, mort pour la France en Algérie ; la place de la mairie a reçu son nom en 2012.Naissance lue sur l'original

Acte de naissance manuscrit du 17 juillet 1909 : André Marty, né au village des Pigats, fils de Pierre Marty et Anastasie Marty, cultivateurs.
AD24, 5 E 409/15, N1909, acte 10, v05 D. La mention marginale rouge, en bas de l'acte, porte la date du décès.

La date de décès présente une contradiction réelle. La marge de l'acte de naissance porte « 27/5/1957 », « Mort pour la France », dans l'arrondissement de Mascara. Le bulletin municipal et la notice Mémoire des hommes (ark m00523ad70f2ff5b), consultée directement, donnent tous deux 25 mai 1957. La concordance de la naissance soutient l'identification ; elle ne permet pas de corriger silencieusement la marge. L'acte de décès militaire ou sa transcription civile reste nécessaire pour trancher.Divergence non tranchée

Un autre mort de 1914 est né au Pigat : Charles Chavagnac, le 9 avril 1882, fils de Pierre et Marie Coutou, cultivateurs métayers. Une mention marginale militaire porte le 28 août 1914 ; les sources militaires l'identifient comme soldat du 308e régiment d'infanterie, mort à Moislains (Somme). Il ne faut pas le compter parmi les habitants du Pigat au moment de la mobilisation : son domicile ultérieur est Issigeac.

1824Le bâti

Sept masses bâties en quatre groupes

La deuxième feuille de la section E, dite de La Caveroque, porte « Le Pigat. ». On y distingue sept masses bâties colorées en rouge, réparties en quatre ensembles le long d'un axe de desserte approximativement nord-sud : un groupe au nord-ouest (bâtiment principal et petite annexe), un groupe à l'est du chemin (deux masses associées), un groupe central (deux bâtiments distincts) et une construction isolée au sud. Cette lecture compte des emprises dessinées, non des logements ou des exploitations distinctes.Lu sur l'original, recompté

Extrait du plan cadastral de 1824, section E2 : sept masses bâties en rouge réparties en quatre groupes le long d'un chemin, avec l'étiquette Le Pigat.
AD24, 3 P 3 4626, section E2, 1824. « Le Pigat. » et les sept emprises bâties qui donnent son nom au dénombrement.

Un petit signe vert en forme de goutte, au nord du chemin d'accès, pourrait représenter un point d'eau ; sa fonction n'est pas démontrée par une légende explicite dans l'extrait disponible. Mare ou fontaine : hypothèse Le tableau d'assemblage, 3 P 3 4616, écrit « Lepigat » et donne une représentation plus simplifiée, à une échelle qui ne permet pas le même décompte.

La fiche CDSFV25 du PLUi-H, datée du 6 novembre 2024, repère au Pigat un bâtiment de la parcelle E0579, destination envisagée « Logement », désigné par ailleurs comme grange. C'est un repérage dans le document d'urbanisme, non la preuve d'un permis individuel ni d'une transformation réalisée.Lu sur l'original

Fiche du PLUi-H datée du 6 novembre 2024 : bâtiment de la parcelle E0579 au Pigat, destination envisagée logement, actuellement grange.
Fiche CDSFV25, PLUi-H Bastides Dordogne-Périgord, PDF p. 351, 6 novembre 2024.
1836–1946Recensements

Vingt-cinq habitants en 1866, le maximum observé

La liste nominative de 1866 compte six ménages et vingt-cinq habitants aux Pigats, lignes 2 à 26 : Verrouilh, Lafaye, Ferrier, Grellety, Marty, Gauville. C'est le maximum observé dans la série disponible, non un maximum historique absolu compte tenu des lacunes. Lu sur l'original

Liste nominative du recensement de 1866 : six ménages et vingt-cinq habitants aux Pigats, lignes 2 à 26, incluant les familles Verrouilh, Lafaye, Ferrier, Grellety, Marty et Gauville.
Recensement de 1866, p03 G, lignes 2-26. Six ménages successifs, vingt-cinq individus.

La liste de 1851 présente une erreur interne non résolue : dix-sept personnes numérotées (Lafaye, Verroul, Marie Portingeas et ses deux fils, Marty), mais un récapitulatif qui n'en donne que seize, avec une fille de moins. Les deux lectures doivent être conservées. Écart interne non résolu

Liste nominative du recensement de 1851 : dix-sept personnes numérotées au Pigat, dont le récapitulatif du registre ne compte que seize.
Recensement de 1851, p08 (comparé à p23). Dix-sept noms portés, seize au récapitulatif du même registre.
AnnéeMaisonsMénagesHabitantsSource / niveau
1841non renseigné4226 MI 22, p13 D-p14 G ; « Pigot (Village) » ; [LU] relevé
184644196 MI 34, p04 G ; [LU] relevé
18514417 / 166 MI 56, p08 et p23 ; [LU] personnel des deux états
185655186 MI 72, p05 D ; [LU] relevé
186155216 MI 85, p02 G ; [LU] relevé
186666256 MI 96, p03 G, lignes 2-26 ; [LU] personnel
188144146 MI 131, p06 D ; [LU] personnel
19212276 M 358, p04 G ; [LU] relevé
193633106 M 422, p05 D ; [LU] personnel
19463311106 W 71, p03 G, lignes 1-11 ; [LU] personnel

Un feuillet du 15 février 1951, joint aux documents de 1946, donne trois maisons, trois ménages et huit habitants pour « Pigats (les) » — mais son en-tête dit expressément qu'il est établi « d'après le recensement de mars 1946 » : ce n'est donc pas un recensement autonome. L'écart avec les onze personnes de 1946 reste inexpliqué.Report non expliqué Le maximum observé dans les listes disponibles est de vingt-cinq habitants en 1866, le minimum de sept en 1921 — sans bilan causal exhaustif de cette baisse.

Aujourd'huiLe noyau, vu du ciel

Un lieu-dit encore nommé, une population actuelle non établie

Le Pigat demeure un lieu nommé du cadastre et du Plan IGN. Le noyau ancien reste lisible dans les vues aériennes, au sein d'un espace de maisons, dépendances, terres et secteurs boisés. Aucune population actuelle précise du hameau n'est établie par les sources réunies.

Le relevé géographique communal dénombre 24 polygones de bâti « dur » et 12 de bâti « léger » dans le cadastre, tandis que l'extraction BD TOPO comporte 34 objets bâtis pour environ 2 915 m² d'emprise et 11 logements renseignés. Ces chiffres dépendent des bases et des découpages ; ils ne signifient ni trente-quatre maisons habitées ni onze ménages actuels.Sources hétérogènes, non comparables terme à terme

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Ce que les matrices cadastrales (registres des propriétaires) et les minutes (actes des notaires) pourraient trancher

Les registres paroissiaux et l'état civil disponibles ont été lus pour ce lieu ; ce qui manque tient surtout aux matrices cadastrales et aux minutes notariales, jamais consultées. Elles diraient qui, de Falgueyret, Parié, Marty, Lafaye ou Verrouilh, tenait quelles parcelles en 1824, et dateraient les mutations qui ont fait passer le village d'une famille à l'autre.

À consulter en salle

  • 63 P 1716
    63 P 704

    État de sections et matrice de 1826 : propriétaires, natures et surfaces des parcelles E786, 793, 794, 798, 75[5 ?] et voisines ; distinguer maisons et dépendances parmi les sept masses de 1824.

  • 63 P 2192
    63 P 1547/1-3

    Matrices des propriétés bâties (1882, 1910-1955) et non bâties (1914-1955) : suivre les comptes Falgueyret, Parié, Marty, Lafaye, Verrouilh et Javerzac-Blondy au niveau de chaque propriété.

  • 179 Q · 180 Q
    178 Q · 183 Q

    Tables acquéreurs/vendeurs et mutations par décès du bureau de Lalinde, 1808-1865 : passer d'un décès ou d'un titulaire de matrice à un acte de mutation.

  • 181 Q

    Contrats de mariage enregistrés : retrouver les contrats déjà datés par les actes civils (1853, 1866, 1867, 1868, 1871, 1877, 1885, 1905, 1907), sans cote de volume encore identifiée pour aucun d'eux.

  • II C 1332-1370
    II C 299, 301

    Contrôle des actes de Monclard, 1732-1791, et tables de partages : rechercher Falgueyret, Prévost, Gauret et Parié avant l'état civil.

  • 3 E (Sainte-Alvère,
    Beauregard)

    Minutes des notaires Larobertie, Le Bœuf et Labat, pour les neuf contrats de mariage cités entre 1853 et 1907, dont les cotes précises restent à demander aux répertoires des études.

  • Série R,
    Bergerac

    Fiches matricules complètes de Jean Bosset (classe 1901, matricule 10) et Charles Chavagnac (classe 1902, matricule 1332), et acte de décès militaire ou transcription civile d'André Marty, mai 1957.

  • Mairie

    Listes de recensement 1886, 1896, 1906 et 1911, introuvables dans les fonds préfectoraux consultés ; peut-être conservées en double en mairie.