Dossier d'archives · Dordogne

Le Placial
en Villadeix

Une seule maison, au bord du chemin de Cavigne, dont l'histoire tient tout entière dans l'état civil : aucun acte médiéval, aucun seigneur, mais sept recensements qui font défiler, entre 1872 et 1946, quatre familles qui ne se croisent jamais — Deymier-Chadourne, puis Bretou-Breton, puis Beney, puis Gounou-Gounon — chacune arrivée on ne sait comment, chacune partie on ne sait où. Le bâti, lui, ne bouge pas : une masse en L, déjà là en 1956, toujours là aujourd'hui.

44°55′58″ N — 0°41′19″ E Commune de Saint-Félix-de-Villadeix (24405) Cadastre section C, ≈ 11,99 ha, 22 parcelles (C7-C28) Bord ouest du chemin de Cavigne
1872Placialrecensement, première mention certaine
1876-1918lieu du Placialactes de naissance, mariage, décès
1894lieu des Placialsacte de mariage — forme plurielle isolée
1926 · 1946Les Placialsrecensements
1951Placials (les)état rédigé d'après le recensement de 1946
1956 →LE PLACIALcadastre rénové, IGN, cadastre actuel
Le siteUne maison, pas un hameau

Au bord du chemin de Cavigne

Le Placial est un écart isolé de la commune de Saint-Félix-de-Villadeix : une seule maison, jamais davantage, dans tous les documents consultés. Le point de repère du lieu-dit le place au bord ouest ou sud-ouest du chemin de Cavigne, entre des parcelles ouvertes et des bois. À vol d'oiseau, les lieux voisins les plus proches sont Cavigne, à environ 480 m au sud-est, La Pouleille, à 710 m au nord-ouest, et Le Brodas, à 725 m au nord — trois distances à vol d'oiseau entre les points de repère des lieux-dits, pas des distances routières. Point de repère du lieu-dit ; plan IGN

Extrait du plan IGN autour du Placial : une maison isolée au bord du chemin de Cavigne, entourée de parcelles boisées et ouvertes, sans autre bâti à proximité immédiate.
Le Placial sur le plan IGN : une maison isolée du chemin de Cavigne, sans voisin bâti immédiat. IGN, couche GEOGRAPHICALGRIDSYSTEMS.PLANIGNV2, extrait local 2026.

La qualification la mieux étayée est celle d'une maison agricole isolée. Chaque fois que les listes nominatives l'individualisent, elles comptent une maison et un seul ménage. Les professions attestées — « cultivateur », « propriétaire cultivateur », « propriétaire exploitant » — disent une petite exploitation familiale ; aucun bail consulté ne permet de la qualifier juridiquement de métairie ou de ferme donnée à bail, et aucun moulin, repaire ou château n'est identifié au Placial dans ces documents. Sept listes nominatives, 1872-1946

Le nomUne étymologie qui reste ouverte

« Placial », « des Placials » : la même maison, jamais fixée

La forme dominante au XIXe siècle est simple : Placial, lieu du Placial, puis au Placial. Une forme plurielle apparaît une seule fois, dans un acte de mariage de 1894, lieu des Placials ; les recensements de 1926 et 1946 la reprennent, Les Placials, et l'état rédigé en 1951 d'après le recensement de 1946 donne Placials (les). Le cadastre rénové de 1956 revient à la forme cadastrale actuelle, LE PLACIAL. Ces formes écrites désignent le même endroit : le rapprochement repose sur la commune, les familles et le plan cadastral, pas sur la seule ressemblance des noms. Douze mentions d'état civil et de recensement lues sur l'image

L'étymologie reste à établir. Aucune attestation ancienne localisée à Saint-Félix ni explication linguistique de référence n'a été trouvée pour ce nom précis. Une traduction improvisée à partir de « place » ou un rattachement à un nom de propriétaire donneraient une certitude que les sources ne fournissent pas.

Un « Plassial » de 1740 qui n'est pas ce lieu

Le Dictionnaire topographique de la Dordogne du vicomte de Gourgues (1873) comporte quatre entrées « Placial », à Faux, Molières, Montplaisant et Tursac — jamais à Saint-Félix-de-Villadeix. La forme la plus ancienne, Le Plassial, 1740, appartient à l'entrée de Montplaisant ; Al Plassat appartient à celle de Molières.

Sur la page imprimée 241, le dernier mot se lit « Plassial », avec un i entre les deux « s » (et non « Plassal »). Aucune de ces quatre entrées ne recule la première mention du Placial de Saint-Félix, qui reste 1872.

Avant 1872Le silence des registres

Rien avant 1872 — et une piste écartée

Les relevés des registres paroissiaux (baptêmes, mariages, sépultures) 5 E 409/1 à 3, qui couvrent les périodes conservées entre 1668 et 1792, ne fournissent aucun acte attribué au Placial ; aucune personne portant un titre de « sieur du Placial » n'y a été trouvée. En 1824, le secteur où l'on projette aujourd'hui le lieu est dépourvu de nom et de bâtiment sur le plan de la section C1 : aucune parcelle bâtie n'y figure aux abords des numéros 96 à 100 et 350. Le recalage de la table cadastrale reste approximatif, de l'ordre de ±40 m : ce constat porte sur le dessin du plan, pas sur une parcelle ancienne identifiée sans ambiguïté sous la maison actuelle. 3 P 3 4621, lu sur l'image

Extrait de la carte de Cassini sur le secteur du Placial, entre La Pouleille et Cavigne : aucun nom ni figuré de bâtiment ne s'y lit.
Cassini, XVIIIe siècle. Le secteur du Placial, entre La Pouleille et Cavigne ; le lieu n'y est pas nommé. Localisation approximative.
Extrait de la carte d'état-major (1820-1866) sur le secteur du Placial : aucun nom ni maison identifiés au point recalé.
Carte d'état-major, fond 1820-1866. Aucun nom ni maison au point recalé ; millésime local du levé non déterminé.
Extrait du plan cadastral de 1824, secteur des parcelles 96 à 100 et 350 : aucun bâtiment ni toponyme visible dans le secteur présumé du Placial.
Cadastre de 1824, section C1 (AD24, 3 P 3 4621). Secteur présumé du Placial, recadré : aucun nom ni figuré de bâtiment. Le recalage reste approximatif (±40 m environ).

L'hypothèse d'une implantation entre 1824 et 1872 est compatible avec les documents, mais elle reste à vérifier dans les matrices cadastrales (registres qui recensent les propriétaires) — « fondé en 1872 » serait une formule fausse : 1872 est seulement le premier témoignage certain retrouvé. Intervalle proposé, non démontré

Une piste de nom doit rester séparée, précisément parce qu'elle est tentante. Un inventaire après décès de Pierre Favareille Placial, chirurgien-major, est signalé à Paris en 1816 (étude notariale MC/ET/XLVII, répertoire MC/RE/XLVII/12) ; la notice n'est connue que par un répertoire d'inventaires, et la minute n'a pas été lue. Aucun bien au Placial de Saint-Félix n'y est actuellement démontré : ce nom de personne ne recule pas la première mention certaine du lieu de 1872 à 1816. Rapprochement de nom, non prouvé

1872–1876Jeanne Deymier et les deux Pierre

Une veuve, son fils, sa bru — et un deuil qui les réduit à trois

Le 28 juillet 1846, Pierre Chadourne, 24 ans, né à Rouna et domicilié à Larbonne, épouse à Cavigne Jeanne Deymier, 27 ans, née et domiciliée sur place. Leur fils, également nommé Pierre, naît à Rabard le 22 juin 1849 ; le père meurt à Lalande le 31 janvier 1851, à 28 ans — un homonyme du fils, mort lui aussi en 1876, qu'il ne faut pas confondre. Jeanne et son fils sont ensuite recensés à Lalande, puis à Lapouleille en 1856 et 1861, puis Jeanne seule à Cavigne en 1866, comme journalière (ouvrière payée à la journée). Recensements

En 1872, « Placial » désigne pour la première fois une maison où vivent Jeanne Deymier, veuve de 54 ans, cultivatrice et chef de ménage, son fils Pierre Chadourne, 22 ans, et la femme de celui-ci, prénommée Jeanne Rébeyrin[?] (le « [?] » signale une lecture incertaine) dans la liste, 24 ans, née à Cause-de-Clérans — un ménage de trois personnes, la première mention certaine du lieu. Lu sur l'image

Extrait du recensement de 1872 : trois lignes nominatives sous le toponyme Placial, Deymier Jeanne veuve chef de ménage cultivatrice, Chadourne Pierre son fils, Rébeyrin Jeanne sa femme.
AD24, 6 MI 106, recensement de 1872, p. 10 droite. « Placial » en marge ; Deymier Jeanne, veuve, cultivatrice, chef de ménage, 54 ans ; Chadourne Pierre, son fils, 22 ans ; Rébeyrin Jeanne, sa femme, 24 ans, née à Cause-de-Clérans.

Le 24 juin 1876, Jeanne Chadourne naît au Placial ; son père a alors 27 ans, sa mère — nommée Catherine Rébeyrin dans cet acte, et non Jeanne comme en 1872 — en a 28. Le père est dit empêché de signer « pour cause de maladie ». Cinq mois plus tard, le 16 novembre 1876 à 19 heures, Pierre Chadourne, cultivateur de 27 ans né à Rabard, meurt au Placial ; sa mère Jeanne Deymier, elle aussi domiciliée sur place, est nommée dans l'acte, dressé le lendemain à 8 heures du matin. Actes lus en entier

Acte de naissance manuscrit du 25 juin 1876 : Jeanne Chadourne, née le 24 au lieu du Placial, fille de Pierre Chadourne cultivateur et de Catherine Rébeyrin.
25 juin 1876 (5 E 409/12, N, acte 6, v04). Naissance de Jeanne Chadourne le 24, au Placial ; père empêché de signer « pour cause de maladie ».
Acte de décès manuscrit du 17 novembre 1876 : Pierre Chadourne, cultivateur de 27 ans, domicilié au Placial, né au village de Rabard, décédé la veille au lieu du Placial.
17 novembre 1876 (5 E 409/12, D, acte 14, v08). « Pierre Chadourne âgé de vingt-sept ans […] né au village de Rabard […] fils de feu Pierre Chadourne et de Jeanne Deymier cultivatrice domiciliée audit lieu du Placial […] décédé hier à sept heures du soir. »

La liste nominative portant le millésime 1876 compte toujours trois habitants, mais leur composition a changé : Jeanne Deymier, 59 ans, sa bru Catherine Rébeyrin, veuve, 28 ans, et sa petite-fille Jeanne Chadourne, cinq mois. Le chiffre stable cache donc le décès du père et la naissance de l'enfant ; le devenir de ces trois femmes ensuite n'est pas établi. Divergence Jeanne/Catherine non résolue

1881–1907Les Bretou / Breton

Un propriétaire cultivateur, une couturière, un charron

En 1881, une autre famille occupe la maison : Bretou Jean, 48 ans, propriétaire cultivateur, son épouse Jeanne Lintignac, 50 ans, cultivatrice, et leurs enfants Angéline, 15 ans, couturière, et Baptiste, 10 ans. Le passage d'une famille à l'autre intervient donc entre les listes de 1876 et 1881 ; aucun acte de vente, bail ou héritage retrouvé n'en donne le mécanisme. 6 MI 131, lu sur l'image

Extrait du recensement de 1881 : ménage Bretou-Lintignac au Placial, Jean 48 ans propriétaire cultivateur chef de ménage, Jeanne Lintignac 50 ans sa femme, Angéline 15 ans couturière leur fille, Baptiste 10 ans leur fils.
AD24, 6 MI 131, recensement de 1881, p. 10 gauche. Bretou Jean, chef de ménage, propriétaire cultivateur ; Lintignac Jeanne, sa femme ; Bretou Angéline, couturière ; Bretou Baptiste, leur fils.

Les actes civils appellent ce même homme tantôt Pierre Bretou, tantôt Pierre Breton ; le recensement de 1891 le prénomme encore Jean. L'identification d'une seule et même personne repose sur son épouse, sa fille et les filiations croisées des actes, pas sur une simple normalisation orthographique. Natif de Pressignac, il est fils de Pierre Breton/Bretou et Marie Peyrot ; son acte de mariage de 1899 cite, parmi les pièces produites, « l'acte de naissance du futur, du douze Juillet, mil huit cent trente et un » — ce qui situe sa naissance vers 1831, sans en prouver le jour exact : c'est la date de l'acte cité, non une date de naissance énoncée en toutes lettres, et l'acte de naissance original de Pressignac n'a pas été consulté. Date de naissance non vérifiée au-delà de « vers 1831 »

Le 6 août 1885, la fille épouse Gabriel Bruneteau, menuisier de Combecave (Saint-Amand-de-Vergt). Elle est nommée Marie Bretou, 19 ans, couturière, née le 15 mars 1866 à la Bénéchie[?] (Saint-Marcel) ; sa signature au bas de l'acte, « M. Angéline Bretou », établit le lien entre le Marie de l'état civil et l'Angéline des recensements. Signature lue sur l'acte

Acte de mariage manuscrit du 6 août 1885 entre Gabriel Bruneteau, menuisier, et Marie Bretou, couturière domiciliée au Placial, avec les signatures des époux en bas de page.
6 août 1885 (5 E 409/13, M, acte 4). Mariage de Marie Bretou, couturière domiciliée au Placial, avec le menuisier Gabriel Bruneteau ; signature « M. Angéline Bretou ».

Jeanne Lentignac meurt au Placial le 5 février 1891, à 63 ans ; l'acte dit sans ambiguïté, et non « Buton[?] » comme l'avait lu un relevé ancien, « épouse de Bretou Pierre ». Le recensement de la même année réunit Bretou Jean, veuf de 60 ans, Baptiste devenu charron, Angéline, désormais femme Bruneteau, et son fils Louis, quatre ans — le petit-fils du chef de ménage, pas un second fils. Lecture confirmée

Devenue veuve de Gabriel Brunetaud, Marie Breton épouse le 20 septembre 1894 Jean Meyzie, tailleur de pierres domicilié à Constant ; elle habite alors avec son père Pierre, cultivateur propriétaire, au « lieu des Placials » — la seule forme plurielle de tous les actes civils. La date de l'acte est corrigée en marge : « dix-neuf » barré, « Vingt » ajouté. Correction lue sur l'original

Acte de mariage manuscrit du 20 septembre 1894 entre Jean Meyzie, tailleur de pierres, et Marie Breton, veuve Brunetaud, domiciliée avec son père au lieu des Placials ; correction de date en marge.
20 septembre 1894 (5 E 409/14, M, acte 4). Remariage de Marie Breton, veuve Brunetaud, avec Jean Meyzie ; domicile donné « au lieu des Placials » ; date corrigée en marge (dix-neuf barré, vingt ajouté).

Le 20 octobre 1899, le père, Pierre Breton, 68 ans, propriétaire cultivateur au Placial et veuf de Jeanne Lentignac, se remarie avec Marie Castégnerol, 50 ans, cultivatrice native de Saint-Félix-Mortemart, domiciliée à Tirodet[?] (Lacropte) et veuve de Jean Faure. Lu sur l'acte

Acte de mariage manuscrit du 20 octobre 1899 : Pierre Breton, propriétaire cultivateur âgé de 68 ans, domicilié au Placial, veuf de Jeanne Lentignac, épouse Marie Castégnerol, cultivatrice, veuve de Jean Faure.
20 octobre 1899 (5 E 409/14, M, acte 4). Remariage de Pierre Breton, propriétaire cultivateur au Placial, avec Marie Castégnerol.

Une naissance et une reconnaissance s'intercalent dans ces années : le 6 février 1896, Jean Blaize naît au Placial d'Elise Blaize, 17 ans, sans profession, et d'un père inconnu ; Pierre Breton présente l'enfant le lendemain. Le prénom de la mère, longtemps incertain, se lit sans ambiguïté sur l'acte de reconnaissance du 15 mars : « Dont Elise [Blayzat, rayé]… ». Aucun lien de parenté ni rapport d'emploi avec Pierre Breton n'est indiqué : le rôle de déclarant n'est pas une preuve de paternité, de tutelle ou de domesticité. Prénom confirmé sur l'image

Pierre Bretou meurt au Placial le 14 décembre 1905, à 74 ans, sans profession, époux de Marie Castignerol ; son déclarant, Pierre Marty, cultivateur de 27 ans aux Pigats, est expressément dit son neveu. En 1901, le recensement ne donnait que deux personnes, « Bretou Cadisson[?] », 69 ans, et Marie Castagnol, 52 ans — un surnom ou prénom qui reste illisible avec certitude, malgré l'identité très probable du couple avec Pierre Breton. Lecture « Cadisson[?] » incertaine

Acte de décès manuscrit du 15 décembre 1905 : Pierre Bretou, âgé de 74 ans, natif de Pressignac, domicilié au Placial, époux de Marie Castignerol, décédé la veille à 17 heures ; déclarant Pierre Marty, cultivateur, neveu du défunt, domicilié aux Pigats.
15 décembre 1905 (5 E 409/15, D, acte 9). Décès de Pierre Bretou au Placial ; son neveu Pierre Marty, cultivateur aux Pigats, déclarant.

Deux ans plus tard, le 13 juillet 1907, une autre Marie Faure, célibataire de 18 ans, cultivatrice née à Lacropte, meurt au Placial ; son frère Maurice Faure, cultivateur à Sauvebeuf (Lalinde), déclare le décès. Elle ne peut être confondue avec la Marie Faure mariée en 1903 à Pierre Paul Maurie : âge, commune de naissance et état matrimonial diffèrent — deux sœurs, très probablement, filles de la seconde épouse de Pierre Breton. Sororité probable, non confirmée par un acte de naissance

1918La guerre, à distance

François Beney meurt à son domicile, un mois après son fils

François Beney, né le 25 octobre 1862 à Bressac (Sainte-Foy-de-Longas), cultivateur, époux de Françoise Mouneydière, meurt à son domicile du Placial le 31 mars 1918 à 19 heures ; l'acte porte une correction visible, le mois « avril » barré au profit de « mars ». Les voisins Léonard Bannes, sabotier, et Jean Malaure, cultivateur, déclarent le décès. L'acte ne dit ni depuis quand François est arrivé, ni à quel titre il occupe la maison. Correction lue sur l'original

Acte de décès manuscrit du 31 mars 1918 : François Beney, cultivateur né à Bressac, décédé à son domicile du Placial ; le mois d'avril est barré et remplacé par mars.
31 mars 1918 (5 E 409/16, D, acte 2). Décès de François Beney à son domicile du Placial ; « avril » barré, « mars » interlinéaire, cohérent avec la date de rédaction de l'acte.

Une transcription du 4 février 1917 concerne un soldat né François Beney lui aussi — Béney Peyrière, né le 23 février 1896 à Sainte-Alvère, mort le 21 septembre 1916 près de Barleux (Somme), « Mort pour la France » — dont les parents, François Beney et Françoise Mounteydier, sont domiciliés à Saint-Félix. L'identité du couple parental rend très probable le lien avec le cultivateur mort au Placial en 1918, mais la transcription ne nomme aucun lieu-dit : elle ne prouve pas que le soldat ait personnellement résidé au Placial. Lien familial probable, résidence du soldat non prouvée

1921–1951Les Gounou / Gounon

Du Placial à Lavernelle, et retour

Le 23 avril 1921, Henri Gounou, né le 8 février 1898 à Chambary (Saint-Marcel), et Marie Beney, née le 22 avril 1900 à Vicq, se marient à Saint-Félix ; tous deux sont alors domestiques à Lapeyrouse. Henri est fils de Pierre Gounou et de feue Catherine Taugère — et non « Faugère » : la majuscule, agrandie, est un T sans ambiguïté, différent du F employé ailleurs dans le même acte. Lettre lue à fort grossissement

En 1926, Henri Gounon est recensé aux « Placials », cultivateur et patron — c'est-à-dire travaillant à son compte, sans que ce mot vaille titre de propriété ; sa femme, prénommée Berthe dans cette liste et née en 1900 à Vicq, est cultivatrice. Le ménage compte quatre personnes avec un fils et une sœur. La concordance du mari, de l'année et de la commune de naissance rend très probable l'identité de Berthe avec la Marie Beney mariée en 1921 ; le nom Picard, donné pour la mère de Marie en 1921, ne concorde toutefois pas avec les mentions ultérieures de la belle-mère, Françoise Mounaydière puis Marie Beney selon les listes — une discordance non résolue. Identité très probable, discordance de filiation ouverte

Extrait du recensement de 1926 : Gounon Henri, né en 1898 à Saint-Marcel, chef de ménage, cultivateur patron ; Gounon Berthe, née en 1900 à Vicq, épouse, cultivatrice, aux Placials.
AD24, 6 M 378, recensement de 1926, p. 2 gauche. Henri et Berthe Gounon aux « Placials » ; Henri cultivateur patron, Berthe cultivatrice.

Le passage par ailleurs est sûr : Henri et Berthe Gounon sont recensés à Lavernelle en 1931, puis en 1936 comme domestiques chez de Bonfils — le couple quitte donc le Placial entre ces deux dates et son propre compte pour un emploi salarié. En 1946, ils réapparaissent aux « Placials », cultivateur et cultivatrice, seuls dans une maison ; leur résidence au Placial est ainsi attestée en 1926 et en 1946, avec une interruption documentée par les listes intermédiaires, sans qu'aucun acte ne révèle les raisons du départ ou du retour. Recensements de 1931, 1936 et 1946

Extrait du recensement de 1946 : Henri et Berthe Gounou/Gounon, cultivateurs, aux Placials, une maison et deux habitants.
AD24, 106 W 71, recensement de 1946, p. 2 gauche. Henri et Berthe Gounou/Gounon, seuls, cultivateur et cultivatrice, aux Placials.

Une feuille datée du 15 février 1951, conservée avec le dossier de 1946, reprend une maison, un ménage, deux habitants aux « Placials (les) » ; son titre précise qu'elle est établie d'après le recensement de mars 1946 — elle atteste la reprise administrative du nom, non un nouveau dénombrement de population pour 1951. Titre et date lus sur la feuille

1824–2026Le bâti

Une masse en L, déjà là en 1956

Le plan cadastral rénové de 1956 nomme LE PLACIAL et représente une masse bâtie en L, composée de corps jointifs et de redents, rattachée à la parcelle 11 de la section C, avec un espace de cour dans l'angle du L. C'est le premier document qui donne une forme précise au bâti ; il ne donne ni nombre de logements, ni fonction certaine de chaque aile. 3 P 3 11288

Extrait du plan cadastral rénové de 1956, section C1 : le toponyme LE PLACIAL imprimé au-dessus d'une masse bâtie en L, hachurée, rattachée à la parcelle 11.
AD24, 3 P 3 11288, section C1, rénovation de 1956. LE PLACIAL, masse bâtie en L sur la parcelle 11 ; flèches de renvoi vers le numéro de parcelle.

Les photographies aériennes (orthophotographies) de l'IGN suivent ensuite le même groupe. Sur le fond 1950-1965, on distingue un groupe bâti au bord ouest du chemin, entouré de bois et de petites parcelles ouvertes, certaines en lanières — le nom de fichier ne donne pas le millésime réel du cliché. Sur le fond 1965-1980, la forme générale du groupe est mieux lisible, avec des alignements réguliers d'arbres au sud-ouest, interprétables comme un verger, sans qu'aucune espèce ni date exacte de plantation puisse être affirmée. Sur la vue récente, plusieurs volumes s'étendent vers le nord et l'ancien alignement d'arbres n'est plus visible sous la même forme. Lu sur les photographies ; Hypothèse : un verger

Orthophotographie du fond 1950-1965 : groupe bâti du Placial au bord ouest du chemin de Cavigne, entouré de bois et de petites parcelles ouvertes en lanières.
Fond 1950-1965. Groupe bâti au bord ouest du chemin ; parcelles ouvertes en lanières. Millésime local du cliché non vérifié.
Orthophotographie du fond 1965-1980 : le groupe bâti du Placial, avec des alignements réguliers d'arbres au sud-ouest, interprétables comme un verger.
Fond 1965-1980. Alignements réguliers d'arbres au sud-ouest, interprétés comme un verger (hypothèse, aucune espèce identifiée).
Vue aérienne récente du Placial : groupe bâti principal et annexes, certains volumes étendus vers le nord, davantage de continuité boisée autour des espaces ouverts.
Vue aérienne récente (millésime local non vérifié). Groupe principal et annexes ; l'ancien alignement d'arbres du fond 1965-1980 n'est plus visible sous la même forme.

Le LiDAR HD (relevé laser du relief) montre, dans le relief ombré, des chemins, des talus et des lignes du parcellaire autour du groupe bâti — sans qu'aucune datation ni attribution à un habitat disparu ou à un site archéologique n'en découle. Relief lu, aucune datation possible

Relief ombré LiDAR autour du Placial : chemins creux, talus et limites de parcellaire visibles dans la microtopographie, sans datation possible.
IGN, LiDAR HD. Chemins et limites du parcellaire dans le relief ombré ; aucune datation ni attribution archéologique n'en découle.
Aujourd'huiOnze hectares, une adresse

672, chemin de Cavigne

Dans les données cadastrales consultées en septembre 2026, le lieu-dit LE PLACIAL couvre environ 11,99 hectares, en section C, avec 22 parcelles, C7 à C28 — le périmètre du nom cadastral, ni une propriété unique prouvée, ni la superficie connue de l'exploitation de 1872. La Base Adresse Nationale rattache au Placial l'adresse 672 chemin de Cavigne, sur la parcelle C11. Aucun nom d'occupant actuel n'est publié. Données Cadastre Etalab et BAN, septembre 2026

Le comptage cadastral donne cinq éléments bâtis en dur et quatre légers ; la BD TOPO dénombre sept objets bâtiments, pour environ 796 m² d'emprise cumulée, dont un usage résidentiel, un annexe et cinq d'usage indifférencié — les différences de découpage entre bases expliquent que ces nombres ne coïncident pas, et ils ne démontrent ni sept habitations, ni une population actuelle précise. Le PLUi-H (plan local d'urbanisme intercommunal) approuvé le 26 novembre 2024 attribue au périmètre cadastral environ 8,41 ha en zone N et 3,58 ha en zone A, et relève environ 163 m de haies ou ripisylves protégées ; le rapport de consommation foncière 2011-2021 signale une emprise classée « extension », estimée à environ 3 375 m² près du groupe bâti — une surface cartographiée, pas une surface de plancher. PLUi-H 2024

Les recherches thématiques n'ont pas identifié de notice patrimoniale propre au Placial, ni d'activité rattachée sans ambiguïté dans les données SIRENE (répertoire des entreprises) ou RPG (déclarations agricoles). Ce résultat négatif ne prouve ni absence d'intérêt architectural ni cessation de toute activité agricole ; la permanence du nom de lieu et du groupe bâti est, elle, visible sur le plan IGN et les orthophotographies.

Et maintenantOù chercher

Ce que les matrices cadastrales pourraient trancher

La chaîne Deymier-Chadourne → Bretou/Breton → Beney → Gounou/Gounon est une succession documentaire d'occupants ou de personnes domiciliées ; elle ne doit pas être publiée comme une chaîne de ventes ou d'héritages, faute de matrices, de successions ou de minutes consultées à ce jour. Trois cotes prioritaires, pas encore consultées, pourraient dater la construction et reconstituer la propriété entre 1824 et 1956.

À consulter en salle

  • 63 P 1716

    État de sections, sans date : nom, nature, superficie et propriétaire des parcelles anciennes correspondant à C11 et à son voisinage ; vérifier si « Placial » existe comme nom de terre avant la maison.

  • 63 P 704

    Matrice des propriétés bâties et non bâties, ouverte en 1826 : entrée d'une construction nouvelle, date et auteur de l'implantation ; la mutation vers Bretou/Breton entre 1876 et 1881, si elle est foncière.

  • 63 P 2192

    Matrice des propriétés bâties, 1882 : compte de la maison, propriétaire imposé, transformations et renvois de mutation jusqu'aux matrices suivantes.

  • 63 P 1547/1-3

    Non bâti 1914-1955 et bâti 1910-1955 : répartition des terres, succession du compte Bretou, statut de la maison jusqu'à la rénovation cadastrale de 1956.

  • 3 E, Cendrieux et Sainte-Alvère

    Minutes de Me Lafaye (contrat Bruneteau-Bretou, 19 juin 1885) et de Me Larobertie (contrat Meyzie-Breton, 17 septembre 1894) : apports, biens et éventuelles mentions du Placial.

  • État civil de Vicq

    Naissance de Marie Beney, 22 avril 1900 : contrôler le prénom et les parents, pour résoudre le lien avec Berthe Gounon et avec François Beney mort au Placial en 1918.

  • AN, MC/RE/XLVII/12

    Répertoire de l'étude XLVII, inventaire après décès Favareille Placial, 1816 : piste de contrôle d'homonymie seulement, à ne pas traiter d'avance comme un fonds du Placial.