Dossier d'archives · Dordogne
Un hameau de trois cours à l'est du bourg, connu depuis une attestation de 1656 rapportée par Gourgues et lu sans interruption dans les registres dès 1668. On y croise l'entourage de la marquise d'Estissac au XVIIe siècle, des sieurs (notables) de Boisserin qui y meurent au XVIIIe, un domaine de cinquante hectares mis aux enchères en 1898, et le meurtre d'un tisserand en 1916 qui vaut à son auteur, un adolescent de la paroisse (aujourd'hui la commune), la peine de mort puis les travaux forcés à perpétuité. Trois registres paroissiaux et treize microfilms de recensement ont été consultés pour ce lieu.
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Cavigne est un hameau ancien, aujourd'hui encore bâti, à l'est-nord-est du bourg de Saint-Félix-de-Villadeix. Le point de repère du lieu-dit est situé à 44,92945° N, 0,69252° E. Les vues cartographiques placent son noyau entre un versant boisé à l'ouest et un vallon à l'est ; le chemin dessert plusieurs groupes de bâtiments et de cours. Le chanoine Brugière le situe à un kilomètre au nord-est de l'église et lui attribue six maisons vers la fin du XIXe siècle.Point de repère, plans IGN, Brugière
Le nom recouvre plusieurs réalités qu'il faut distinguer : le village des actes et des recensements ; un domaine de 50 ha 36 a 65 ca proposé à la vente en 1898 ; le polygone cadastral actuel « CAVIGNE », beaucoup plus large que les cours habitées, mesuré à 65,86 ha sur 92 parcelles par le relevé géographique contemporain. Ces trois superficies ne délimitent pas nécessairement la même propriété.
Les sources décrivent un village de cultivateurs et d'artisans, comprenant aussi des résidences de notables et des exploitations confiées à des métayers (exploitants qui partagent la récolte avec le propriétaire). Le vocabulaire de « maison de maîtres » est attesté en 1898. Aucun acte consulté ne permet en revanche de qualifier l'ensemble du lieu de château, de repaire noble ou de seigneurie autonome : les titres de La Viguerie, Fonbonne ou Boisserin portés par certains habitants ne suffisent pas à définir un statut foncier collectif. Une Jeanne Lachèze est cependant appelée « demoiselle de Cavigne » en 1692, alors qu'elle réside au bourg — désignation attestée, sans qu'un fief distinct soit démontré. Statut du lieu non tranché
Une ancienneté antérieure à 1656 reste possible du côté de l'archéologie souterraine, sans être établie. Une page en ligne signale deux souterrains à Cavigne, présentés comme médiévaux ; la base nationale des cavités contient de son côté un « cluzeau de Cavigne » (identifiant AQIAA0006774), ouvrage civil à orifice visible. Ni la date de creusement ni la fonction précise ne sont établies dans cette enquête, et le livre de référence cité par cette page n'a pas été consulté. Archéologie non vérifiée sur pièces
La plus ancienne forme datée retrouvée est « Capvignies, 1656 », imprimée par Alexis de Gourgues. La date et la forme écrite (graphie) sont lisibles sur l'image de la page 59 de son Dictionnaire topographique du département de la Dordogne (1873).Imprimé lu sur l'original
Son renvoi est seulement « Acte not. » : aucun nom de notaire, aucune cote, aucune nature d'acte précise. Il s'agit donc d'une attestation de 1656 rapportée par une source secondaire, pas d'un acte de 1656 retrouvé et lu dans cette enquête. La minute pourrait dormir dans la collection personnelle de Gourgues, aujourd'hui aux Archives nationales (109 AP) ; elle n'y a pas été identifiée.
Le registre paroissial permet un premier contrôle direct en février 1668, sous la forme « Capvignes », sur un feuillet que le service d'archives a lui-même annoté « TRES ENDOMMAGE ». Le mot revient deux fois dans le passage, dans le développement du domicile d'un parrain ou d'une marraine (personnes qui tiennent l'enfant au baptême) ; le reste du texte demeure illisible même après agrandissement. Passage pâle ; identités réservées
On rencontre ensuite notamment Cavignes, Cavigne, ainsi que des écritures transcrites Cauignes/Cauigne. Le passage graphique de u à v relève souvent des habitudes du scripteur. Les lectures « Carigne » dans certains relevés révolutionnaires ne prouvent pas une prononciation différente : la forme du v ressemble au r dans cette main, comme le confirme le mot « Cultivatrice » sur la même ligne d'un acte de 1835. Comparaison graphique de la même main
Étymologie : non établie. Aucun ouvrage étymologique consultable n'a fourni dans cette enquête une analyse propre à ce Cavigne. La terminaison évoque les vignes, et l'ancienne initiale Cap- mérite une enquête linguistique ; cela ne suffit pas à traduire le nom. La présence de souterrains ne justifie pas davantage une explication certaine par « cave ». On conservera les formes datées plutôt qu'une étymologie séduisante mais non démontrée.Pistes seulement
Le lien avec la baronnie de Montclar est documenté par les personnes dès 1668-1669 : un greffier de sa juridiction réside à Cavigne et une dame de la maison du marquis d'Estissac se marie avec lui ; la marquise elle-même parraine leur enfant. Cela donne un lien social et institutionnel précis. Il manque encore une reconnaissance féodale ou un terrier identifiant les parcelles de Cavigne et leurs redevances.
Brugière recopie un mariage de 1668 entre Jean Laquièze, sieur de la Viguerie, âgé de 19 ans, greffier de la juridiction de Montclard, et Cécile Catherine Orelli, âgée de 30 ans, « damoiselle » de Marie Françoise de Gellas, épouse du marquis d'Estissac. La vue 12 du registre est aujourd'hui extrêmement pâle ; des éléments du texte restent visibles, mais la transcription complète et les âges reposent sur Brugière.Original partiellement lisible
Le 18 février 1669, le baptême de leur fils Anthoine, né le 22 janvier, est beaucoup plus lisible. Le père est Jean Lachieze, sieur de « La Viguarie » ; la mère est demoiselle Cécile Catherine Orelli. Le parrain, un autre Anthoine Lachieze, est syndic fabricateur de l'église, habitant Cavignes. La marraine est Marie Françoise de Gellas, épouse de François de La Rochefoucauld, marquis d'Estissac, Montclar et autres places, habitant le château de Montclar — mais elle est représentée au baptême par sa femme de chambre : l'acte ne dit pas qu'elle s'est déplacée à Saint-Félix.Lu sur l'original
Un drame du travail est précisément documenté : le 18 février 1671, Pierre, dont le patronyme est effacé, âgé d'environ 23 ans, meurt accidentellement « en mettant à bas un arbre noyer ». Il est au service de Jean Lachieze, sieur de La Vigarie, de Cavignes. La nature de l'accident est lisible après agrandissement ; aucun nom de famille ne doit lui être restitué par conjecture.Lu sur l'original
Ce réseau n'est pas toute la famille : les registres distinguent notamment Antoine, chargé de la fabrique, et Jean, sieur de La Viguerie, ainsi que plusieurs domestiques attachés à la maison. On ne peut attribuer toutes les naissances portant le nom Lachèze à un unique couple. Les baptêmes de Jean (27 mars 1681) et de Jeanne (18 avril 1682) nomment encore un père sieur de La Vigueyrie de Cavignes ; en 1682 le parrain est Pierre du Cheyron, écuyer, seigneur de Saint-Vincent-sur-l'Isle, conseiller et secrétaire du roi — un réseau de sociabilité étendu, sans preuve d'un remariage unique.
Le 16 juin 1692, Jeanne Lachieze apparaît expressément comme « Demoisille de Cavigne », marraine de Jeanne Faulcon de Cantegreil ; elle habite alors le bourg. Le parrain est Jean Lachieze, sieur de Fonbonne. Cette désignation attachée au lieu est réelle ; elle ne renseigne ni sa filiation ni l'étendue de ses droits.Lu sur l'original
En 1695, Jean Lachaisse, sieur de Fonbonne, habitant Cavigne, est parrain de Catherine Ruau, fille de Pierre Gontier, laboureur mort à Cavigne en juin 1694, et de sa veuve Anne Roumagnère remariée le mois suivant à Jammes Ruau : une continuité de ménage par remariage, pas une preuve de transmission de propriété.
Le hameau n'est pas une résidence isolée entourée de seuls domestiques. Dès 1668-1680, les actes font apparaître des laboureurs, travailleurs à bras, tisserands et familles d'artisans : deux branches Laparre/Lapaure (Jean, tisserand, et Antoine, laboureur), les Meyzie/Mazie, les Dalis/Dalit et leurs alliés Pons, Andrieu et Guilhe, les Sautal/Sautat. Leur présence simultanée interdit de raconter l'histoire de Cavigne comme la succession d'une seule famille notable.
La famille Chadourne est représentée par plusieurs hommes et plusieurs métiers, dont cordonnier et boucher ; les Chavagnac relient Cavigne à Saint-Marcel et aux Grafeuille, meuniers de Bessou. Ces déplacements, visibles dans les domiciles des mariés et des témoins, ne signalent pas nécessairement la vente d'une maison.
La documentation reprend plus abondamment au milieu du XVIIIe siècle. Une analyse d'archives fournit déjà, en 1745, la désignation « sieur Jean Pourquery de Boisserin fils, du lieu de Cavigne, paroisse de Saint-Félix de Villadeix » : François Sudraut, bourgeois de Bergerac, et sa mère portent plainte contre lui pour violences. Ce texte prouve une désignation domiciliaire dans un dossier de plainte ; ni le dénouement du procès ni la véracité des accusations ne sont établis ici.Plainte, non jugement
Jeanne de La Cheze, qualifiée de demoiselle de Boisserin, est déjà marraine à Cavigne le 10 mars 1744, puis de nouveau le 28 mai 1746, sous la forme Lachèze.
Martial Pourquery, sieur de Boisserin, mort à Cavigne vers 65 ans, est enterré le 18 mai 1760. Jeanne Lacheze, demoiselle de Boisserin, morte dans le même village vers 75 ans, est enterrée le 11 septembre 1762. Le rapprochement des noms et du titre suggère une alliance entre Lachèze et Pourquery. Les deux sépultures ne la formulent cependant pas : ni épouse, ni veuve, ni parenté n'y sont indiquées. On ne peut donc faire du mariage supposé le mécanisme certain du passage de Cavigne d'une famille à l'autre.Alliance non prouvée
Jean Pourquery et Guilhelme/Guilloune Lafargue ont plusieurs enfants à Cavigne au cours des années 1753-1766. Henriette est enterrée dans les tombeaux de l'église en octobre 1761 ; la sépulture de demoiselle Guilielme Lafargue, le 12 juin 1775, confirme directement un enterrement dans l'église, après son décès à Cavigne vers 50 ans.
En janvier 1766, un baptême de cette famille révèle Jean Angelaud, régent à Cavigne. Le mot désigne vraisemblablement un maître d'école ; il prouve une fonction et un domicile, sans localiser un bâtiment scolaire ni établir l'existence d'une école publique organisée au sens contemporain. Nature de l'enseignement non précisée
Plusieurs dossiers élargissent l'enquête sans constituer encore une histoire locale certaine : une accusation d'incendie en 1765-1766, des lettres en restitution obtenues en 1782 par Martial Pourquery de Boisserin, et un Martial Pourquery « quatrième », négociant au Cap-Français, présent à Bergerac en 1790 avec son père Jean — piste d'un parcours colonial non encore rattachée avec certitude aux enfants nés à Cavigne.Rattachements individuels non établis
Les familles Dutard et Lambert, Guillen–Dezenieres, Gauville appartiennent au même tissu de cultivateurs du milieu du siècle. À la veille de la Révolution apparaissent notamment Guillaume Jammet et Marie Desjou, Pierre Rey et Pétronille Carbonel, et les familles Laffiliat/Lassiliat–Maury. Aucune vente révolutionnaire de Cavigne, aucun partage du domaine des Pourquery n'a été retrouvé parmi les documents consultés.
Le passage à l'état civil prolonge l'histoire des familles déjà présentes : Jammet, Desjou, Rey, Carbonel, Lambert. Une activité féminine apparaît explicitement : Marie Belvès, sage-femme demeurant à Cauigne, déclare une naissance le 15 fructidor an V, soit le 1er septembre 1797. Son décès est relevé le 25 nivôse an X (15 janvier 1802), à environ soixante-dix ans ; Guillaume Jammet est déclaré son gendre.Lu sur l'original
Félix Deymier et Jeanne Lambert sont attestés à Cavigne dès la naissance de Jean en 1801. Deux mariages successifs font entrer les Gauville de Lapouleille dans cette parenté. Le 22 janvier 1835, Jean Gauville, vingt-cinq ans, soldat en activité, fils de Jean Gauville et Marie Guinot, épouse Marie Deymier, fille de Félix et Jeanne Lambert, demeurant à Cavigne. Le 26 janvier 1836, un autre Jean Gauville, vingt-deux ans, né le 23 avril 1814 et fils du même couple, épouse Catherine Deymier, vingt ans, fille des mêmes parents. Les filiations des deux actes établissent deux frères épousant deux sœurs.Lu sur les originaux
L'acte de 1836 dit que Catherine Deymier est domiciliée « à la Rafsigne, commune de Liorac » [lecture prudente, nom de lieu propre à cette commune voisine], et non « à Lapouleille » ; ses parents Félix Deymier et Jeanne Lambert résident bien à Cavigne. Lapouleille est le village de la famille du marié, Jean Gauville, cité quelques lignes plus haut dans le même acte, ce qui explique qu'on ait pu le lire pour elle.
Le recensement de 1846 qualifie Félix Deymier de propriétaire, avec cinq personnes dans son ménage.
Félix quitte ensuite le hameau et meurt le 1er février 1850 aux Quatremailles. Le premier Jean Gauville, devenu veuf, se remarie en 1850 ; son fils, charron né en 1835, meurt à Cavigne le 5 février 1912. La fille du second Jean Gauville et de Catherine Deymier, Marie, née à Cavigne en 1851, devient couturière et épouse le 4 juillet 1876 Louis Cabrillat, tisserand né à Bonnefille (Sainte-Alvère). Le couple poursuit la présence artisanale au village.Lu sur l'original
L'opposition entre « domaine » et « village » serait trompeuse. En 1851, les deux Jean Gauville sont notés journaliers (ouvriers payés à la journée) tandis que les chefs Jacoutet, Grelleti et Lafaye sont métayers. En 1881, la liste distingue trois ménages de propriétaires (Jean Gauville charron, Catherine Deymier cultivatrice, Jean Carbonnel cultivateur) et trois ménages de métayers (Méry, Rigoulet, Marcou dit Lafon). Le mot « propriétaire », seul, ne précise ni la surface possédée ni l'absence d'une activité salariée.
Chez les Méry, Étienne et Anne Rabier ont pour fils Jean, né à Cavigne le 30 juillet 1879, à onze heures — un homme dont le parcours sera suivi jusqu'à sa mort dans la Somme en 1916 (voir plus bas).Lu sur l'original
L'annonce de La Petite Gironde du 18 décembre 1898, p. 4, est la pièce foncière la plus explicite retrouvée. Une vente judiciaire de biens de Marie Ducastaing, veuve Beneys, doit avoir lieu devant le tribunal civil de Bergerac le 21 décembre à midi. Cavigne constitue le troisième lot : une maison de maîtres, des maisons de colons (exploitants), granges, chais et étables, terres labourables, prés, bois et friches, pour 50 ha 36 a 65 ca, mise à prix 20 000 francs.Lu sur l'original
Cette annonce décrit un ensemble comprenant plusieurs logements et plusieurs usages agricoles ; elle ne prouve pas que toutes les maisons recensées à Cavigne appartiennent à ce domaine, ne donne pas le nom des colons et ne désigne pas le bâtiment actuel qui serait la maison de maîtres. Surtout, le procès-verbal d'adjudication et le nom de l'acquéreur n'ont pas été retrouvés. Issue de la vente inconnue
En 1901, Cavigne compte 23 personnes réparties en cinq ménages. Les maisons occupées portent les numéros 3 à 7 : le dernier numéro ne doit pas être pris pour un total de sept maisons. Outre les ménages Doyen, Gauville et Cabrillat, la liste comprend Lareine et Fonsegrive Berthin, époux de Virginie Coste.Recompté individu par individu
Un financement local est documenté : le 25 novembre 1904, la commission départementale alloue 100 francs au chemin rural de Cavigne, dans la répartition des subventions du budget de 1905. Le texte imprimé porte « Cavigne », sans accent circonflexe — et non « Câvigne ».Imprimé lu sur l'original
L'état civil établit que Germain Labrousse, tisserand, époux de Catherine Cabrillat, né à Veyrines-de-Vergt le 18 février 1867, meurt à Cavigne le 7 avril 1916, à vingt-trois heures. L'acte est dressé le 10 avril à dix-huit heures — c'est cette distinction entre mort et déclaration qui corrige les récits plaçant le décès au 10 avril.Lu sur l'original
Les journaux rapportent ensuite le meurtre de ce tisserand à son domicile et la poursuite de Roger Mallet, adolescent cultivateur de la paroisse. La condamnation à mort est annoncée par Le Petit Parisien du 10 août 1916. La Charente du 9 octobre 1916, p. 2, rapporte que cette peine a été commuée en travaux forcés à perpétuité. Ces articles constituent des témoignages contemporains ; l'arrêt et l'instruction n'ont pas été consultés.Article lu sur l'original
L'inventaire des recours en grâce des Archives nationales donne la référence BB/24/2121, dossier 4335 S16, au nom de Roger Mallet, né le 10 octobre 1898, cultivateur à Saint-Félix-de-Villadeix. La transcription de l'état civil de Saint-Martin-de-Ré donne la dernière date sûre : Roger Mallet meurt le 23 décembre 1916 à la Citadelle, à quatre heures du matin. L'acte ne dit pas de quoi il est mort ; il ne permet de parler ni d'exécution ni de voyage accompli vers un bagne colonial.Circonstances de la mort inconnues
Jean Méry, né à Cavigne le 30 juillet 1879, fils d'Étienne Méry et Anne Rabier, est décrit par sa fiche de recrutement (Bergerac, classe 1899, matricule 1463) comme métayer à Liorac, où résident aussi ses parents, puis domicilié à Pardaillan (Lot-et-Garonne) à partir de 1903. Elle porte sa blessure aux yeux par projection d'obus au Bois Étoilé le 20 juillet 1916, puis sa mort au nord de Lihons le 8 septembre 1916, avec inscription au tableau spécial de la médaille militaire et la Croix de guerre.Lu sur l'original
Les recensements donnent douze personnes en 1921, réparties entre trois ménages. En 1931, un ménage de cinq personnes déclarées polonaises apparaît ; en 1936, un ménage de onze personnes, dont cinq notées italiennes et six françaises, coexiste avec les Doyen–Ferrier. Ces déclarations de nationalité doivent être conservées telles quelles : elles n'expliquent pas le mode d'acquisition de la nationalité française ni les dates d'arrivée. En 1946, la liste réunit douze habitants en trois ménages ; une fiche municipale du 15 février 1951, dont l'en-tête renvoie à 1946, donne ensuite trois maisons et dix habitants — une actualisation possible, non un recensement nominatif de 1951 démontré.Écart 1946–1951 non expliqué
La feuille C1, section du Bourg, datée de 1824, représente environ onze masses bâties dans le secteur du hameau, organisées en trois groupes de cours : la cour 339, la cour 329 et la cour 327. Ce comptage inclut des dépendances et dépend de la façon de séparer les corps contigus ; il ne signifie pas onze maisons habitées.Compte non recompté au chiffre près
Le plan remanié de 1956 donne onze masses dans les groupes centraux, auxquelles s'ajoute un bâtiment isolé C55, soit douze dans le périmètre du relevé. Les cours y sont numérotées 43, 66 et 64. La comparaison visuelle suggère une permanence générale des trois groupes de 1824 ; aucun relevé architectural ni calage géométrique fin n'a été réalisé pour dater précisément les transformations entre les deux dates.Continuité par comparaison morphologique seulement
Sur la carte de Belleyme, le petit dessin près du mot « Cavigne » ressemble d'abord à un fanion ; à fort grossissement, la forme (boucle, hampes verticales rapprochées, cercle plein à la base) est plus composite qu'une simple queue de lettre cursive, posée sur un talus figuré comme les reliefs environnants. Sans catalogue des pictogrammes de Belleyme consulté dans cette enquête, il n'est pas possible de trancher entre une fioriture calligraphique et un petit symbole cartographique. Ce que l'on peut dire, dans un sens comme dans l'autre, c'est que ce dessin n'apporte pas de preuve de fief.Symbole non identifié avec certitude
Le relevé du cadastre contemporain donne quatorze emprises bâties, dont onze dites en dur et trois légères ; la BD TOPO en recense treize, pour environ 1 448 m² d'emprise. Les périmètres, dates et définitions de ces bases diffèrent de celles de 1824 et de 1956 : on ne peut pas en déduire un nombre de constructions nouvelles par simple soustraction.
Les données rassemblées en septembre 2026 continuent d'identifier Cavigne comme lieu-dit habité, desservi par le chemin de Cavigne. Le polygone cadastral « CAVIGNE », en section C, regroupe 92 parcelles et environ 65,86 ha — une emprise administrative qui inclut les terres et bois environnants, et n'est ni le contour du village ancien ni celui d'une propriété unique.
Le RPG 2024 relève environ 35,10 ha de surfaces agricoles déclarées dans ce périmètre : plantes aromatiques (9,78 ha), prairie permanente (9,27 ha), luzerne (6,46 ha), truffière (5,38 ha), noyers (3,14 ha) et maïs (0,42 ha). Dans la version du PLUi-H approuvée le 26 novembre 2024, le même périmètre recoupe environ 40,36 ha de zone A, 20,64 ha de zone N et 4,86 ha d'Atvb. Deux granges de Cavigne figurent dans la liste des bâtiments repérés pour un changement de destination vers le logement : CDSFV13 (parcelle C0043) et CDSFV14 (parcelle C0486). Leur inscription est une information du document d'urbanisme, pas une preuve d'autorisation individuelle délivrée ou de travaux réalisés.Document consulté
Une délibération du 24 novembre 2020 inclut deux parcelles de Cavigne dans un périmètre de droit de préemption ; un avis municipal modifié le 11 août 2026 annonce la mise en vente de l'une d'elles avec des parcelles boisées voisines — sans que le résultat de cette vente ait été retrouvé. Le présent du lieu reste volontairement décrit par son bâti, ses usages et les documents publics : aucun propriétaire, habitant ou exploitant privé contemporain n'est identifié nominativement ici.
Les registres paroissiaux et une bonne part de l'état civil ont été lus ; ce qui manque tient surtout aux matrices cadastrales (registres des propriétaires) non numérisées, qui seules relieraient les groupes de cours de 1824 à des noms de propriétaires, et aux séries judiciaires qui donneraient l'issue des affaires Pourquery et Mallet.
État de sections et matrice ouverte en 1826 : attribuer les parcelles C327-340 aux propriétaires, séparer maison, grange, cour, jardin et terres.
Matrices bâties de 1882 et 1910-1955, non bâties 1914-1955 : suivre la vente Ducastaing–Beneys de 1898 et les mutations Doyen–Ferrier.
Jugement, cahier des charges et procès-verbal de l'adjudication du 21 décembre 1898 pour le troisième lot Cavigne : origine de propriété, occupants, adjudicataire.
Tables des acquéreurs et vendeurs de Lalinde, hypothèques de Bergerac : partir de Ducastaing veuve Beneys, 1898, pour retrouver l'acquéreur.
Lire la plainte Sudraut/Mirgaudou de 1745 contre Jean Pourquery de Boisserin fils ; vérifier domicile et issue de la procédure.
Identifier les Pourquery, le lieu de l'incendie allégué (1765-1766) et la filiation du négociant au Cap-Français (1790).
Retrouver l'acte notarié de 1656 donnant « Capvignies », dans la collection de Gourgues.
Gontier, notaire à Saint-Félix (1678-1699) : contrats, inventaires, baux ou obligations des Lachèze, Gontier, Ruau et autres habitants de Cavigne.
Recours en grâce de Roger Mallet après condamnation du 8 août 1916 ; décision du 30 septembre. Cote à contrôler sur le document d'archives.
Jugement, instruction et éventuel plan des lieux de l'affaire Mallet–Labrousse ; confronter les divergences de la presse.
Exemplaires communaux des recensements 1886, 1896, 1906 et 1911, absents des microfilms départementaux ; contrôler la fiche municipale de février 1951.
Relevés et localisation vérifiée du « cluzeau de Cavigne » (AQIAA0006774) et bibliographie des deux souterrains signalés.