Dossier d'archives · Dordogne

La Cabane
en Villadeix

Un village de laboureurs (paysans qui cultivent la terre), de tisserands et d'artisans, attesté avec certitude dès le 16 février 1668 — et qui, loin d'être une maison isolée, compte encore sept ménages et vingt-neuf habitants en 1841. On y suit les Pons pendant six générations, les Gontier, puis les Lambert et leurs trois filles prénommées Élisabeth, avant qu'une famille italienne en 1931 et une famille polonaise en 1946 ne referment, pour l'instant, cette longue histoire de peuplement.

44°56′12″ N — 0°42′02″ E Commune de Saint-Félix-de-Villadeix (24405) Cadastre section C, 57 parcelles, ≈ 34,4 ha Cote d'état-major 179 m, au sud du noyau
1668La Cabane« village » ; première mention sûre des documents consultés
1668Las Cabanesmême registre, quelques mois plus tard
1693 · 1805Lacabanneregistre paroissial, puis état civil de l'an XIII
XVIIIe s.la CabaneCassini, Belleyme
1824 · 1841Lacabaneplan cadastral ; « Lacabane (Village) » au recensement
1873Cabane (La), éc.Gourgues, qui la classe « écart »
2026LA CABANEcadastre ouvert, IGN, OSM (aussi « La Cabanne »)
Le siteUn village, pas une ferme

Entre les bois et les terres, au nord de Berthier

La Cabane se trouve dans la partie orientale de Saint-Félix-de-Villadeix, au nord de Berthier et près du territoire de Saint-Marcel. L'habitat s'organise le long du chemin qui dessert Berthier, entre des bois à l'ouest et des terres ouvertes, aujourd'hui largement plantées de noyers, à l'est. La carte d'État-major porte une cote 179 m au sud du noyau ; elle ne donne pas pour autant l'altitude de chaque maison. Cadastre 1824 · État-major · orthophotographies (photos aériennes)

Les documents anciens parlent de village, puis les recensements distinguent plusieurs maisons et ménages ; Gourgues le classe comme écart en 1873. Les mentions de propriétaires, de journaliers (ouvriers payés à la journée), de métayers (qui exploitent une terre contre une part des récoltes) et d'artisans montrent une histoire sociale plus variée que celle d'une exploitation unique. Aucun acte consulté ne qualifie La Cabane de repaire, maison noble, château ou moulin : des parrains titrés interviennent bien dans les baptêmes de ses habitants, mais leurs titres et leurs domiciles renvoient à Berthier, non à La Cabane.

Extrait du plan cadastral de 1824, section C, deuxième feuille : huit masses bâties rouges regroupées en trois ensembles autour d'un réseau de petits chemins, entre des parcelles agricoles.
1824 : huit masses bâties sur le plan principal, réparties entre le noyau central et deux bâtiments à l'ouest. Le plan ne nomme pas les propriétaires.
AD24, 3 P 3 4622, section C, deuxième feuille.

Le lieu-dit cadastral actuel couvre environ 34,44 hectares et 57 parcelles de la section C. Ce périmètre fiscal contemporain n'est ni celui d'une propriété unique ni une restitution de l'étendue du village au XVIIe siècle. Les noms cadastraux et IGN sont respectivement LA CABANE et la Cabane ; OpenStreetMap emploie aussi La Cabanne.

Le nomUne cabane, sans preuve d'un berger

Le mot le plus simple — et le moins prouvé

Le nom appartient à la famille du français cabane. Le Dictionnaire de l'Académie française rattache ce mot au provençal cabana et au bas latin capanna. Ce rapprochement lexical convient à un nom d'habitat modeste ; il ne prouve ni une origine pastorale particulière, ni une « cabane de berger » précise, ni la date de création du lieu. Aucune étymologie locale développée par Dauzat, Rostaing, Nègre ou Geuljans n'a été retrouvée pour ce site. Rapprochement lexical, non une étymologie locale démontrée

Les écritures fluctuent entre un ou deux mots, un ou deux n, et parfois le pluriel. Elles ne suffisent pas à distinguer des établissements différents. Inversement, une même forme écrite peut désigner un homonyme dans une paroisse (ancienne commune religieuse) voisine : c'est le problème de deux actes de janvier 1669, où une « La Cabane de la paroisse de Saint-George » apparaît — la commune voisine de Saint-Georges-de-Montclard possédant elle aussi un nom de lieu cadastral La Cabane. Ces mentions sont conservées comme un homonyme non résolu, sans en déduire un changement de paroisse pour notre village entre 1668 et 1669. Homonyme de Saint-Georges, non résolu

Avant 1668Une piste, un cluzeau

1656 : un chemin, pas encore une mention certaine

À la page 73 de son dictionnaire, Gourgues situe un « Chemin de Trote-Grue » dans la commune de Saint-Félix, « près de la Cabane? », puis donne 1656 (Acte not.). Le point d'interrogation est nettement imprimé. L'acte notarié n'a pas été retrouvé et le dictionnaire n'en donne pas ici le notaire ni la cote. On ne peut donc écrire « La Cabane est mentionnée en 1656 » sans réserve : ce qui est certain est la citation d'un chemin de 1656 et une localisation proposée en 1873, dix-sept ans avant la première mention sûre du village lui-même.

Extrait imprimé du dictionnaire de Gourgues mentionnant le chemin de Trote-Grue près de la Cabane, avec un point d'interrogation, et un acte notarié de 1656.
Gourgues, 1873, p. 73. « Chemin de Trote-Grue […] près de la Cabane? […] 1656 (Acte not.) ». Le point d'interrogation appartient au texte imprimé.

Le cluzeau et les cavités

Le site d'histoire locale de Marie-France Castang-Coutou mentionne un souterrain de La Cabane (un « cluzeau » : souterrain aménagé) parmi les souterrains-refuges attribués au Moyen Âge dans la commune, en renvoyant à Serge Avrilleau, Cluzeaux et souterrains du Périgord, 2004. L'ouvrage lui-même n'a pas été consulté : sa notice, son plan et son argument de datation restent à retrouver. Source secondaire, ouvrage non consulté

L'inventaire BRGM/Géorisques de la commune contient une entrée AQIAA0006780, « CLUZEAU DE LA CABANE », classée « ouvrage civil », avec orifice visible, à environ 380 mètres au nord-ouest du point de repère du lieu-dit, dans le polygone cadastral actuel de Cantegrel. Il faut conserver simultanément le nom enregistré et la divergence géographique : un repérage par simple position géographique aurait écarté cette fiche ; elle est retenue ici à cause de son nom, sans déplacement arbitraire du point. Trois fiches voisines, « GROTTE DE LA CABANE N° 1, 2 et 3 », partagent exactement les coordonnées de trois fiches nommées grottes de Lavalette : ce groupement de points ne permet pas de placer six entrées distinctes sous une maison, ni d'assimiler les grottes naturelles au cluzeau aménagé. Aucune structure archéologique nouvelle n'a été identifiée avec assurance sur l'extrait LiDAR (relevé laser du relief) examiné. Localisation et datation du cluzeau à préciser sur place

1668–1792Un village de familles

16 février 1668 : Jeanne, du village de La Cabane

Le curé baptise Jeanne, âgée d'environ quinze jours. Le père, laboureur, se prénomme Mathias/Matsias ; son patronyme reste très pâle (les crochets et points d'interrogation signalent une lecture incertaine), C[olon?]. Le nom maternel, [Guilhaumette?] Delb[os?], demeure également incertain. En revanche, le domicile se lit : les parents habitent au village de La Cabane, dans la présente paroisse. La localisation est donc plus sûre que les noms des deux adultes. Lu sur l'original

Acte de baptême manuscrit du 16 février 1668 mentionnant le village de La Cabane, avec plusieurs noms de personnes difficiles à lire.
16 février 1668 (5 E 409/1, vue 20G). La première mention sûre du village de La Cabane ; plusieurs noms de personnes restent pâles.

À partir des années 1669-1670, les registres font apparaître des Dalis/Dalir/Dalit, des Pons/Pory, des Gauville/Gamille, ainsi que le maçon Jean Bourgois. Giraud Dalis est dit tisserand lors d'un acte de 1670 ; plusieurs autres habitants sont laboureurs ou travailleurs de terre. Le mariage du 31 mai 1672 donne un point d'appui plus précis : le jeune époux, lu Arnauld Pons/Pory, environ seize ans, laboureur, fils de Mathias, épouse Catherine Gauville/Gamille, environ vingt-deux ans, fille de Jammes, venue du Cirier. Les baptêmes postérieurs du couple donnent au père les prénoms Géraud ou Guiraud : l'alliance et l'entourage rendent le rapprochement probable, sans équivalence certaine. Arnauld = Guiraud, probable non établi

Les enfants attribués au ménage Guiraud Pons–Catherine Gauville comprennent ensuite Jeanne (1674), Pierre (1676), Anne (1677, morte en mai 1678), Mathias (1681), Léonard (1686) et Catherine (1689). Ces prénoms répétés et les décès en bas âge imposent de distinguer les personnes avant de raccorder les générations ; Pons, Pory, Poy, Poux et Pouts peuvent être des lectures ou des écritures proches d'un même patronyme.

Les réseaux de parrainage venus de Berthier

Le 25 février 1680, Izabeau Marti, née le 22, fille de Guilhem Marti, laboureur, et Jeanne Lavignie[?], est baptisée. Sa marraine est Izabeau Rouchoy[?], fille de Jaques Rouchoy[?], sieur (titre donné à un notable) de Lapeyrouze, qui réside à Bertie. Le titre appartient au parrainage venu de Berthier, non à un « sieur de La Cabane ». Le 14 novembre 1688, le baptême de Raimond Chor cite de même Raimond Rochon, « Sr de St felix », demeurant à La Pouleilhe. Ces deux actes confirment l'insertion des habitants dans un réseau dépassant le village, sans établir la propriété de ces seigneurs sur La Cabane. Lu sur les originaux

Le 25 janvier 1689, le registre relate la mort d'une femme prénommée Léonarde, dont le patronyme n'est pas assuré, âgée d'environ trente ans. Passante demandant du pain, elle est tombée malade à La Cabane ; son enfant à la mamelle meurt quelques heures après elle. L'acte décrit une situation de détresse et deux décès rapprochés, sans fournir un diagnostic permettant d'affirmer famine, épidémie ou autre cause déterminée.

Acte manuscrit du 25 janvier 1689 relatant la mort d'une passante et de son enfant à la mamelle à La Cabane.
25 janvier 1689 (5 E 409/2, vue 214G). Décès à La Cabane d'une passante puis de son enfant à la mamelle.

Le XVIIIe siècle, malgré une lacune documentaire notable entre 1708 et 1736, fait apparaître de nouveaux ménages : les Pestre/Petre à partir de 1737, les Ferrier, les Chaverou/Chauveron alliés à Rabard, les Lafage–Rougier et plusieurs femmes Teulet. Les Pons redeviennent nombreux au milieu du siècle : Jean Pons et Marie Lamy/Lami ont des enfants entre 1745 et 1767, dont plusieurs Étienne, et le 20 août 1777 naît Jean Pons, fils d'« Hetiene Pons » et d'Anne Cos/Bos[?] — l'enfant qui, en 1795, épousera Marguerite Lambert et rouvrira la chaîne des Pons pour tout le XIXe siècle. Lu sur l'original

1793–1866Les Gontier et les Pons

Deux lignées, un patronyme commun et un titre qui n'est pas le leur

Un premier couple Jean Gontier–Marguerite Bos est attesté à La Cabane au début de l'état civil, le père qualifié de journalier en 1795. Ce ménage ne doit pas être confondu, sans filiation supplémentaire, avec les Gontier portant le titre de sieur de Berthier, ni avec les notaires Gontier de La Valette. Le fils, né en 1795, épouse Marie Fournet le 28 janvier 1819 ; son père est alors dit propriétaire cultivateur — un changement de qualification réel entre 1795 et 1819, dont la cause n'est pas connue. Aucune filiation avec les Gontier de Berthier

Leur fille Françoise Gontier épouse en 1843 Léonard Corsac (Corsat, Carsat), tailleur né à Bergerac. Le 29 juillet 1848, lors de la naissance d'un fils, Léonard est dit garde-champêtre particulier des principaux habitants de la commune de Saint-Félix — une précision importante : l'acte ne dit pas simplement qu'il serait l'unique garde communal.

Acte de naissance manuscrit du 29 juillet 1848 mentionnant Léonard Carsat, garde-champêtre particulier des principaux habitants de la commune de Saint-Félix.
29 juillet 1848 (5 E 409/9, naissances 1848, vue 3D–4G). Léonard Carsat, garde-champêtre particulier des principaux habitants de Saint-Félix.

Jean Gontier, né en 1795, meurt à La Cabane le 25 février 1866, mais l'acte le dit domicilié à Lapelouzie, commune de Saint-Marcel : il faut donc distinguer lieu du décès et dernier domicile. La génération Carsat suivante demeure à La Cabane dans les années 1870, puis se retrouve à Berthier en 1881.

Les Pons, de La Cabane à La Palue et Cavigne

Le 27 janvier 1795, Jean Pons épouse Marguerite Lambert. L'acte nomme les parents du marié, Étienne Pons et Anne Bos, et fournit ainsi un raccord solide avec le baptême de 1777. Le couple a notamment Antoine (1801) et Anne (1805) ; Anne épouse en 1826 François Carbonel et sa descendance est suivie à La Palue. Le fils Antoine reste à La Cabane avec Marie Besse ; son décès en 1851 le donne fils d'Antoine Pons, alors que le mariage de 1795 nommait Étienne — une contradiction d'actes conservée, non résolue. Contradiction de prénom paternel non résolue

Une seconde difficulté touche la fille Marguerite Pons, mariée à Pierre Teulet en 1852 : les actes donnent ses parents comme Jean Pons et Marguerite Besse, les recensements comme Antoine Pons et Marie Besse. La cohabitation Teulet–Pons rend l'identité très probable, sans permettre de réécrire les prénoms de l'état civil. Après 1861, cette branche est suivie à Cavigne : l'acte du 21 septembre 1876 y enregistre la mort de la veille d'Antoine Pons, soixante-quinze ans, né à La Cabane, veuf de Marie Besse, fils de Jean Pons et Marguerite Lambert — la pièce qui confirme le déplacement de cette génération. Lu sur l'original

Acte de décès du 21 septembre 1876 d'Antoine Pons, né à La Cabane, domicilié à Cavigne, veuf de Marie Besse.
21 septembre 1876 (5 E 409/12, décès 1876, vue 6G). Décès d'Antoine Pons, né à La Cabane, veuf de Marie Besse, domicilié à Cavigne.
1841Sept ménages, vingt-neuf âmes

Les Lambert et leurs trois filles prénommées Élisabeth

La branche Lambert durablement présente au XIXe siècle s'articule autour de Pierre Lambert, né vers 1795 à La Pouleille, et de Jeanne Chadourne, native de Lamouline (commune de Clermont). Henriette Roque, propriétaire dans la maisonnée de 1841 et morte à La Cabane en 1847, est explicitement la belle-mère de Pierre Lambert — une parenté directement établie, sans prouver que tous les biens de Lambert lui viendraient d'elle. Piste d'une transmission maternelle, non démontrée

Deux pages du recensement de 1841 pour Lacabane (Village), listant sept ménages et vingt-neuf habitants.
« Lacabane (Village) », 1841 : sept ménages et vingt-neuf habitants.
AD24, 6 MI 22, images 0838-0839.

Il faut distinguer trois filles portant le prénom Élisabeth, que les âges approximatifs des recensements ne suffisent pas à séparer : l'aînée, née en 1827, épouse Pierre Ferrié de Lafarguette en 1851 ; la seconde, née le 25 février 1836 à La Cabane, épouse Jules Feleyssant/Fileyssant de Rabard en 1862 ; la cadette, née en 1838, meurt célibataire à Rabard en 1914. En 1881, la rubrique de La Cabane donne une « Adline Lambert », quarante-trois ans, propriétaire sans profession, avec trois domestiques : l'âge concorde avec la cadette née en 1838, le prénom ne concorde pas. L'identification Adline = Élisabeth cadette reste une hypothèse forte, non un changement de prénom établi. Adline = Élisabeth cadette, hypothèse forte

Une date de naissance corrigée

Une notice thématique donnant à la veuve Fileyssant les dates 1870-1922 est erronée. L'acte de décès de 1922, lu sur l’original, indique sans ambiguïté une naissance à La Cabane le 25 février 1836 ; l'année 1870 correspond approximativement à la naissance de son fils, âgé de cinquante-deux ans au décès maternel.

Acte de décès de 1922 d'Élisabeth Lambert, veuve Fileyssant, donnant une naissance à La Cabane en 1836.
1922 : l'acte de décès d'Élisabeth Lambert, veuve Fileyssant, donne une naissance à La Cabane en 1836, corrigeant la date 1870 d'un ancien relevé.
AD24, 5 E 409/16, décès 1922, vue 1D, acte 1.

En 1876, en 1881, deux exploitations sont clairement visibles aux côtés des Lambert : celle de Julien Lagrange et Jeanne Alary, cultivateur métayer, 32 ans en 1881. L'acte écrit « Julien » ; une lecture antérieure donnait « Jules », sans que la fin du mot permette d'exclure tout à fait cette forme. Les actes d'enfants de 1874-1882 donnent par ailleurs les prénoms Antoine ou Étienne pour le père : le ménage est rapproché par le conjoint et les enfants, les prénoms restant à réconcilier. Julien Lagrange, prénom à concilier avec les autres actes

Page du recensement de 1881 montrant les deux ménages de La Cabane : Adline Lambert, propriétaire, et Julien Lagrange, cultivateur métayer.
1881 : une propriétaire, Adline Lambert, et un cultivateur métayer, Julien Lagrange, dirigent les deux ménages de La Cabane.
AD24, recensement 1881, 6 MI 131, p08G.

Greil et Virole, une autre continuité

Antoine Greil, tisserand, et Philippe/Philippine Delmas sont rattachés à La Cabane de la fin de l'Ancien Régime au début du XIXe siècle. Leur fille Marie Greil épouse en 1825 Pierre Virole, laboureur venu de Berthier ; deux générations de Virole se succèdent ensuite, avec les variantes Virole, Virolle, Virot et Girole selon les relevés, qu'il faut comparer par conjoint et par âge sans en créer artificiellement plusieurs familles.

Les Condeau, métayers, à partir de 1886

Le 3 mars 1886, Jean Condeau, né à Faux, épouse Marie Tabouy, résidant alors à Berthier ; le marié réside à La Cabane, mais son domicile légal reste à Monsac. Le contrat a été reçu le 21 février 1886 par Me Larobertie, à Sainte-Alvère. Lu sur l'original

Récapitulatif du recensement de 1946 : Lacabane compte deux maisons, un ménage et sept habitants.
Récapitulation de 1946 : Lacabane compte deux maisons, un ménage et sept habitants ; les noms des enfants ne sont pas reproduits.
AD24, 106 W 71, recensement 1946, p07G de la copie partagée.
PopulationDe 29 à 7 habitants

Le repérage recensement par recensement

Il faut comparer les colonnes séparément : une maison n'est pas une masse bâtie du cadastre ; un ménage peut comprendre des domestiques ou plusieurs générations. Le maximum sûrement localisé dans les recensements exploités est de vingt-neuf personnes, en 1841 et en 1861. Le déclin entre le milieu du XIXe siècle et les derniers recensements est net mais irrégulier ; les causes économiques précises et les modalités de regroupement des exploitations restent à documenter.

AnnéeMaisonsMénagesHabitantsRéférence
1836—7 attribués32 attribuésp03G-D ; attribution par recoupement, lieux non écrits
1841—7296 MI 22, p03D-p04G, « Lacabane (Village) »
184644206 MI 34, p11D-p12G
185166286 MI 56, p18-p19
185677286 MI 72, p13D
186166296 MI 85, p08G-D
186633146 MI 96, p11G
187644186 MI 118, p05G-D
18812296 MI 131, p08G ; Lambert et Lagrange
189133116 MI 150, p08-p09
19014, dont 3 occupées3176 MI 161, p07 ; Condeau, Foulquier, Mentha[?]
19211196 M 358, p05G ; Fournet-Lacombe
19261166 M 378, p03G
19311186 M 402, p03G ; famille Cattaï, italienne
19462 (récap.) / 1 (liste)17106 W 71, p01D et p07G ; famille Markiewicz, polonaise

Une feuille signée le 15 février 1951, jointe au dossier de 1946 mais expressément établie d'après le recensement de mars 1946, donne pour Lacabane deux maisons, un ménage et deux habitants — un chiffre qui contredit les sept personnes de la liste nominative et du récapitulatif de 1946. Ce n'est pas un nouveau recensement de 1951, et la baisse « de sept en 1946 à deux en 1951 » suggérée par une ancienne synthèse est retirée ici.

Pas de chute de population entre 1946 et 1951

La feuille du 15 février 1951 se réfère explicitement à 1946 ; son chiffre de deux habitants n'est pas une nouvelle mesure de population mais une donnée en contradiction avec le recensement qu'elle prétend résumer.

Feuille signée le 15 février 1951, établie d'après le recensement de mars 1946, donnant pour Lacabane deux habitants, en contradiction avec la liste nominative de sept personnes.
Une liste signée en 1951 mais établie d'après 1946 : son chiffre de deux habitants à Lacabane contredit la liste nominative de sept personnes.
AD24, 106 W 71, feuille jointe, copie thématique p05.
1901–1946Guerre, immigration, renouvellement

Un mariage de guerre, une famille italienne, une famille polonaise

Le recensement de 1901 compte dix-sept habitants, trois ménages et quatre maisons, dont une inscrite sans occupant : la famille de Firmin Condeau et Marie Taboury (sept personnes, le chef cultivateur colon, c'est-à-dire exploitant la terre d'un propriétaire), le ménage Foulquier–Vergne (neuf personnes) et Julia Mentha[?] (un ménage). Jean Condeau meurt à La Cabane le 10 mars 1911, confirmant les liens du mariage de 1886 sans trancher la question du prénom Firmin porté par les recensements.

Le 9 juillet 1918, Louise Fournet, couturière née à Sainte-Alvère et domiciliée à La Cabane, épouse Simon Laville, métallurgiste domicilié à Liorac. L'acte précise qu'il est en permission comme évadé d'Allemagne et décoré de la Croix de guerre — des qualifications lues dans l'acte de mariage, sans qu'aucun récit de captivité ou dossier matricule n'ait été retrouvé pour les développer. Lu sur l'original

Acte de mariage manuscrit du 9 juillet 1918 entre Louise Fournet, de La Cabane, et Simon Laville, métallurgiste évadé d'Allemagne, décoré de la Croix de guerre.
9 juillet 1918 : mariage de Louise Fournet, de La Cabane, avec Simon Laville, dont l'acte mentionne l'évasion d'Allemagne et la Croix de guerre.
AD24, 5 E 409/16, mariages 1918, vue 1D–2G.

En 1921, le recensement ne porte plus qu'une maison et un ménage : Marguerite Fournet, née en 1870, avec sept enfants et son père Pierre Lacombe, soit neuf personnes — le rapprochement de Marguerite Fournet avec la Marguerite Lacombe de l'acte de 1918 étant étayé par la présence du père Lacombe au même foyer.

En 1931, La Cabane compte huit habitants dans un seul ménage : le chef est Antonio Cattaï, né en 1883, avec Domenica, née en 1890, et six enfants, tous portés de nationalité italienne. En 1936, la famille est inscrite à Cavigne, où elle compte onze personnes ; les rubriques consultées ne permettent pas d'identifier une ligne autonome pour La Cabane en 1936, et il ne faut ni transférer les onze personnes au lieu ni inscrire zéro habitant comme un fait certain. Population de La Cabane en 1936 indéterminée

En 1946, la rubrique Lacabane donne sept personnes, toutes portées de nationalité polonaise : le cultivateur François Markiewicz, né en 1903, Thécla, née en 1906, et cinq enfants. Aucune suite nominative complète après 1946 n'est incluse dans ce dossier ; les listes récentes de propriétaires ou d'occupants privés ne sont pas publiées.

Le bâti1824 à aujourd'hui

Huit masses en 1824, un site permanent depuis

Le document fondamental est la deuxième feuille de la section C, 3 P 3 4622, du cadastre de 1824 (plan cadastral, dit napoléonien). Le plan principal montre huit masses bâties rouges distinctes : quatre dans le groupe nord, dont une petite annexe ; deux au sud du noyau ; deux à l'ouest. Ce décompte porte sur les emprises dessinées, non sur huit maisons d'habitation : une masse peut comprendre plusieurs parcelles, et un ensemble agricole peut comprendre plusieurs masses. Recompté une seconde fois

Développement agrandi du noyau du plan cadastral de 1824 pour La Cabane, montrant six masses bâties centrales et leurs subdivisions parcellaires.
Développement du noyau de La Cabane en 1824 : six masses centrales et leurs subdivisions ; les deux bâtiments occidentaux sont hors de ce détail.
AD24, 3 P 3 4622, développement agrandi.

Le plan permet de lire des limites, des surfaces bâties et des accès. Il ne nomme pas les propriétaires et ne distingue pas à lui seul maison, grange, étable, jardin ou cour pour chaque numéro. L'affectation de chaque bâtiment à Lambert, Gontier, Pons ou Virole doit attendre l' état de sections (63 P 1716) et la matrice cadastrale (registre des propriétaires ; 63 P 704), non consultées à ce stade.

Extrait de la carte de Cassini centré sur La Cabane, montrant le nom du lieu et un symbole d'habitat.
Cassini, XVIIIe s. Le symbole signale un habitat, sans représenter littéralement une église ni le nombre des maisons.
Extrait de la carte de Belleyme, planche 22, montrant La Cabane du côté de Saint-Félix de la limite paroissiale figurée.
Belleyme, planche 22. La Cabane du côté de Saint-Félix de la limite paroissiale figurée.
Extrait de la carte d'État-major du XIXe siècle centré sur La Cabane, avec une cote d'altitude 179 au sud du noyau.
Le groupe de La Cabane au XIXe siècle sur la carte d'État-major ; cote 179 au sud du noyau.

Les orthophotographies : permanence et transformation

Les couches aériennes historiques de l'IGN montrent une permanence du site habité, avec transformation des emprises et des abords : le noyau ancien reste groupé près du chemin sur la couche dite « 1950 » ; sur la couche dite « 1965 », certaines silhouettes et l'organisation des champs diffèrent déjà, sans qu'aucune date certaine de démolition ou d'agrandissement ne soit établie. Cette comparaison reste morphologique, non une certification des dates de construction.

Orthophotographie historique dite « 1950 » du secteur de La Cabane, montrant le noyau bâti groupé près du chemin et des bois à l'ouest.
Couche « 1950 ». L'habitat et les champs ; date exacte du cliché non extraite.
Orthophotographie historique dite « 1965 » du secteur de La Cabane, montrant la continuité du site avec des changements dans les emprises et les champs.
Couche « 1965 ». Continuité du site, changements des emprises et des champs à interpréter prudemment.
Orthophotographie actuelle de La Cabane, extraite en 2026, montrant l'habitat sur le même axe qu'en 1824, du bois et des alignements de noyers.
Le site aujourd'hui, extrait en 2026 : habitat sur le même axe, bois et alignements de noyers ; date exacte de prise de vue non renseignée ici.

La feuille locale de 1956, 3 P 3 11288, a été consultée : elle couvre notamment Cavigne, le bourg et les Quatre-Mailles, mais pas le noyau de La Cabane, situé hors de son emprise au nord. Elle n'est donc pas utilisée comme un état de La Cabane en 1956 ; il faut retrouver la feuille rénovée qui couvre réellement le lieu. Aucun état du bâti de 1956 disponible

La notice manuscrite du chanoine Brugière, vers 1884-1890, porte une autre description : « Lacabane », « 2½ NE », quatre maisons. Le chiffre ne doit pas être assimilé sans examen aux deux maisons avec ménages du recensement de 1881, les dates de relevé et les critères de dénombrement différant.

Aujourd'huiNoyers, irrigation, projet touristique

Un habitat toujours occupé, un lien administratif étroit avec Berthier

Le registre parcellaire graphique 2024 donne environ 24,53 hectares déclarés à l'agriculture dans le polygone cadastral de 34,44 hectares, dont 16,43 hectares de noyers, 7,52 hectares de jachère et 0,54 hectare de truffière. Ces données décrivent des cultures déclarées en 2024, non une mesure de la production ni une histoire ancienne de la noix à La Cabane.

Les documents d'irrigation ajoutent un lien administratif précis avec le hameau voisin : l'ASL (association syndicale libre) de Berthier est domiciliée à La Cabane dans l'annexe du plan annuel de répartition 2019-2020, avec un numéro de préleveur et un volume estival alloué de 35 460 m³ en 2019 — une autorisation annuelle, non le volume réellement consommé, ni la preuve que le point de prélèvement serait situé dans le hameau lui-même.

Les données SIRENE de septembre 2026 rattachent à l'adresse du lieu la SCI La Cabane des Rouches, créée en 2019, et un établissement de Bat Enr Sol Périgord, déclaré dans la production d'électricité depuis novembre 2019 ; ce rattachement par adresse ne suffit pas à attribuer à ces sociétés tous les bâtiments ou terrains du lieu-dit.

Le PLUi-H (plan local d'urbanisme intercommunal) de 2024 place l'essentiel du polygone en zones A et N, avec environ 2,23 ha en secteur ST. Le STECAL n° 31, « Tourisme / Loisir » (secteur de construction limitée en zone agricole ou naturelle), se situe à l'articulation de La Cabane et Berthier : le rapport présente un projet agro-touristique comprenant camping sous les noyers, boutique et guinguette. La présence de ce secteur de projet ne prouve ni sa réalisation ni l'ouverture de ces équipements. Une consultation publique du 7 novembre au 7 décembre 2025 concerne par ailleurs des échanges et modifications de chemins dans le secteur Berthier–La Cabane, sans que sa notice constitue la preuve qu'un acte notarié ait été signé. Projet touristique et échange de chemins, statut de réalisation non établi

L'état des lieux contemporain repose sur des bases et documents datés, complétés par l'observation des images aériennes ; il ne remplace pas une visite sur place. Le lieu est toujours habité, desservi par le chemin Berthier, et conserve un environnement agricole et boisé. Les informations nominatives des particuliers actuels ne sont pas reproduites.

Et maintenantOù chercher

La chaîne de propriété reste à faire

Le travail est substantiel pour la population et les familles ; la chaîne de propriété, la notice originale du cluzeau et le document de 1656 constituent les trois principales lacunes. L'état de sections est prioritaire : sans lui, attribuer une maison dessinée en 1824 à une famille recensée en 1841 reste une hypothèse.

À consulter en salle

  • 63 P 1716
    63 P 704

    État de sections et première matrice (1826) : relever les propriétaires et natures des parcelles du plan de 1824, section C, noyau 522-538 et 540, puis abords 510-541. Suivre les comptes Lambert, Chadourne/Roque, Gontier, Pons, Greil/Virole.

  • 63 P 2192

    Matrice des propriétés bâties, 1882 : identifier maisons, granges, démolitions et constructions ; vérifier la situation Lambert au moment de l'arrivée des Condeau.

  • 63 P 1547/1-3

    Matrices des propriétés bâties et non bâties, 1910-1955 : suivre les transmissions du XXe siècle et identifier les deux maisons dénombrées en 1946.

  • 3 E 11247 (Labat)
    3 E 21708 (Reynier)

    Contrats de mariage du 8 mai 1851 (Ferrié–Lambert) et du 12 avril 1852 (Teulet–Pons) : résoudre les prénoms contradictoires Jean/Antoine Pons et Marguerite/Marie Besse.

  • 3 E 21718 · 21729 · 21743
    (Larobertie)

    Contrats de 1862 (Feleyssant–Lambert), 1873 (Bastide–Teulet) et 1886 (Condeau–Tabouy) ; répertoires 3 E 21717 pour ventes et partages, 1862-1899.

  • AN, 109 AP

    Fonds Gourgues : retrouver l'acte notarié de 1656 cité au « Chemin de Trote-Grue », sans notaire ni cote connus à ce jour.

  • 179 Q · 180 Q
    183 Q · 1001 Q

    Bureau de l'enregistrement de Lalinde et hypothèques de Bergerac : tables des acquéreurs/vendeurs, successions Roque (1847), Pons (1851), Lambert (1873).

  • Avrilleau, 2004
    BRGM AQIAA0006780

    Lire la notice, le plan et les indications de découverte du cluzeau de La Cabane ; livre non consulté directement, position exacte incertaine.

  • Cadastre rénové
    de 1956

    La feuille 3 P 3 11288 disponible ne couvre pas La Cabane ; identifier la bonne feuille pour compléter l'évolution parcellaire entre 1824 et le cadastre actuel.

  • Archives communales

    Voirie et délibérations, dossier 2025 : vérifier l'issue de la consultation et la réalisation juridique de l'échange des chemins Berthier–La Cabane.