Dossier d'archives · Dordogne

Langlade
en Villadeix

Un village de tisserands et de laboureurs (cultivateurs), sûrement attesté dès février 1668 et jamais quitté depuis : les mêmes noms — Faure, Delcros, Lambert, puis Lafaye, Verroul, Grellety, Caminade — s'y succèdent ou s'y croisent pendant deux siècles et demi, sans qu'aucun d'eux n'en devienne jamais le seigneur. Une demoiselle de la famille de Rochon de Lapeyrouse y réside en 1686 ; deux frères tisserands du même prénom s'y marient la même année, 1831 ; un cultivateur et sa fille de dix ans y meurent à sept jours d'écart, en octobre 1918.

Tous les lieux-dits de Saint-Félix-de-Villadeix
44,9446° N — 0,6785° E Commune de Saint-Félix-de-Villadeix (24405) Cadastre LANGLADE, ≈ 23,4 ha, 111 parcelles Site interfluve habité (crête entre deux vallons), pentes de part et d'autre
1328, rapporté 1896Langlade« frères de Langlade », parchemin annoncé, lecture provisoire
1668Langlade« village de Langlade pnte parroisse », premier registre
XVIIIᵉ s.LangladeCassini, Belleyme pl. 22 — signe de hameau
1824Langladecadastre napoléonien (plan cadastral de 1824), section B
1860Langleun seul acte, « Langlade » juste après — distraction du rédacteur
1884 · aujourd'huilanglade · LANGLADEBrugière, minuscule ; cadastre actuel, capitales de saisie
Le siteUn carrefour de lieux-dits

Sur l'interfluve, entre quatre voisins

Langlade est dans la partie nord de Saint-Félix-de-Villadeix, autour de 44,9446° N, 0,6785° E — un point qui repère le hameau, non une maison précise. La Pouleille est au sud, Lalande à l'ouest, Les Granges au nord, La Peyrouse à l'est : quatre lieux-dits voisins qui reviennent sans cesse dans les actes, comme lieux de naissance des conjoints ou comme destinations des chemins. La carte d'état-major y figure un interfluve habité, avec des pentes de part et d'autre ; le hameau actuel est desservi par le chemin de Langlade, au nord de la route des Étangs. Carte d'état-major et Plan IGN

Le cadastre actuel distingue un lieu-dit LANGLADE d'environ 23,4 hectares, pour 111 parcelles selon les données géographiques de 2026 : une emprise foncière plus vaste que le groupe central de maisons, qui ne dessine ni une ancienne seigneurie démontrée ni un périmètre constant à travers les recensements successifs. Les qualifications assurées par les sources sont celles de « village », dès le XVIIe siècle, puis de hameau habité : rien dans les documents consultés ne permet d'en faire un château, un repaire noble (maison forte) ou un moulin. La présence, en 1686, d'une demoiselle de la famille de Rochon n'en fait pas davantage un domaine Rochon — l'acte dit sa résidence, pas sa propriété.

Plan cadastral de 1824, section B, montrant le noyau villageois de Langlade et un développement agrandi de ses maisons reporté à l'ouest de la feuille.
AD24, 3 P 3/4619, section B, 1824. Le noyau de Langlade à son emplacement, et son développement agrandi reporté à part sur la même feuille — à ne pas additionner aux groupes qu'il détaille.
1328Une piste, avec sa réserve

« Absoudre les frères de Langlade » : une hypothèse, jamais confirmée

En 1896, le Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord rapporte la découverte, dans un trou du mur de l'église romane de Saint-Félix, fermé par une planche, d'un petit parchemin abîmé et décoloré, portant un sceau de cire rouge sur languette. Le secrétaire général croit y reconnaître un committimus de l'évêque de Périgueux Raymond de Durfort, demandant au chapelain de Saint-Félix d'absoudre « les frères de Langlade », daté de 1328 — mais il réserve explicitement sa conclusion, « avant de se prononcer avec certitude », jusqu'à une meilleure lecture des caractères effacés.

Page imprimée du Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord, 1896, annonçant la découverte d'un parchemin de 1328 mentionnant les frères de Langlade.
BSHAP, t. XXIII, 1896, p. 104. L'annonce, avec sa réserve d'origine : les caractères, dit le texte, sont « trop effacés » pour trancher.

L'information rapproche donc très anciennement un nom Langlade de l'église de Saint-Félix. Elle ne donne ni les prénoms des frères, ni leur domicile, ni la nature de leur faute, ni un titre de propriété ; le mot « frères » ne suffit pas non plus à identifier une communauté religieuse. Le rapprochement avec notre village demeure une hypothèse sérieuse, non une preuve territoriale : il faudrait retrouver le parchemin lui-même, une photographie, ou une lecture ultérieure publiée, avant de dater formellement Langlade de 1328. Attribution au village : hypothèse, non prouvée La presse de l'époque — le Journal de Bergerac du 13 mai 1896 — relaie la découverte, sans y ajouter de deuxième attestation médiévale indépendante. La première mention territoriale réellement assurée du village reste donc celle de février 1668.

Une seconde piste médiévale, non résolue, dort peut-être aux Archives nationales : un procès de partage de 1734-1737, entre Pierre Gontier de la Sayssie et un « Hélie Gontier de Langlade », dont le répertoire du fonds Gontier du Soulas ne précise pas la paroisse. Rien ne permet encore d'en faire un propriétaire de ce Langlade-ci ni de le relier aux Gontier de Berthier et de La Valette, également notaires et praticiens dans la même paroisse au même siècle. Rattachement à vérifier, cote 3 J 4

Le nomUn coin de terre, en occitan

« Anglada » : l'angle, pas la longueur

La forme Langlade est remarquablement stable : registres, cartes et cadastre la conservent sans presque varier, l'article agglutiné à l'occitan anglada. Robert Geuljans rattache ce mot à la famille du latin angulus et relève des sens tournant autour d'un angle ou d'un coin de terrain — une étymologie générale du mot, non une étude spécifique de ce lieu : on ignore la parcelle, l'angle de chemin ou le trait de relief qui aurait motivé le nom local. Étymologie du mot établie ; application au site, hypothèse

Une seule variante apparaît dans tous les documents consultés : la forme « Langle », dans l'acte de mariage de Guillaume Grellety et Marie Verroul, le 20 juillet 1860 — suivie, dans le même acte, par « Langlade ». L'acte écrit bien « village de Langle » : ce n'est pas un ancien nom autonome, mais une abréviation ou une distraction du rédacteur, corrigée par lui-même quelques lignes plus loin.

1668–1695Le village se lève

Catherine Delbos, un mariage à l'encre pâlie

Dans le premier registre conservé de la paroisse, un mariage de février 1668 rattache une Catherine Delbos [?] (lecture incertaine) au « village de Langlade pnte parroisse ». L'acte se poursuit sur deux vues ; l'encre en est si pâlie que, même agrandie, elle ne permet de lire sûrement ni le jour du mois ni plusieurs des noms de famille. Cette borne est donc celle de la documentation consultée, nullement celle d'une fondation du village : on retient février 1668, sans plus de précision. Jour et noms de famille incertains

Début, très pâli, d'un acte de mariage manuscrit de février 1668, registre paroissial de Saint-Félix-de-Villadeix.
5 E 409/1, v016 D. Le début de l'acte, à l'encre presque invisible par endroits.
Continuation du même acte de mariage de février 1668, où se lit deux fois le village de Langlade dans la présente paroisse.
5 E 409/1, v018 G. La continuation : « …habitant du villaige de [La]glade paroisse… » revient à deux reprises — la plus ancienne mention territoriale assurée du village.

Les mentions suivantes montrent rapidement plusieurs foyers et métiers, coexistant plutôt que se succédant : le charpentier Léonard Chadourne et Marguerite Lambert baptisent une fille en novembre 1668 ; des Faure et des Chantegreils sont présents dès janvier 1669 ; des Lambert, Delcros et Chort ou Escout apparaissent dans les mêmes années. Non confirmé sur chaque acte

Faure, Chantegreils, Caminade : une installation par mariage

Le 4 août 1672, Martin Caminade, tailleur d'habits d'environ trente ans, habitant Castaing, paroisse de Saint-Marcel, épouse Thone Faure, donnée âgée d'environ quatorze ans, fille d'Arnaud Faure, laboureur de Langlade. Le jeune âge de l'épouse est bien écrit dans l'acte. Antoine Caminade, frère de l'époux, est tisserand dans la paroisse de Pressignac ; Gellies Chantegreils, tisserand de Langlade, est parrain et cousin maternel de l'épouse.

Acte de mariage manuscrit du 4 août 1672 entre Martin Caminade, tailleur d'habits, et Thone Faure, fille d'Arnaud Faure laboureur de Langlade.
5 E 409/1, v222 G. « …Martin Caminade, tailleur d'habits… et Thone Faure… fille d'Arnaud Faure, laboureur, habitant du village de Langlade… » Confirmé sur le document

Onze jours plus tard, Martin est parrain de Marguerite Faure, née d'Arnaud Faure et de Peyronne Chantegreils : il habite déjà Langlade. La sépulture d'Arnaud, le 14 février 1694, nomme explicitement Martin Caminade comme son gendre — ce qui établit une installation par mariage, même si aucun contrat ne décrit la dot ou la maison apportée. Les baptêmes et sépultures suivants suivent ce foyer : Peyrone, née en 1676, meurt en mai de la même année ; Antoine, né en 1681, meurt en février suivant ; Jean, né en 1686, meurt en septembre. Les orthographes Thone, Tonie et Toinette varient selon les actes pour désigner la même mère. Non confirmé sur l'acte pour les baptêmes et sépultures des enfants

Un tuilier, un serrurier — mais aucun four démontré

Le baptême de septembre 1681 confirme Antoine Delcros, tuilier (fabricant de tuiles), et son épouse Judith Chort, habitants de Langlade ; la marraine, Marguerite Dalin, est l'épouse de Petit Jean Delcros, serrurier, également du village. L'acte écrit « tuil[l]ier » et le village de Langlade ; le prénom du serrurier est moins net. L'acte porte un baptême le 28 septembre ; le 27 est la date de naissance mentionnée dans l'acte lui-même, non une erreur. Écart de date expliqué

Acte de baptême manuscrit de septembre 1681 mentionnant Antoine Delcros tuilier et Petit Jean Delcros serrurier, tous deux du village de Langlade.
5 E 409/2, v030 D. « …fils d'Antoine Delcros, tuil[l]ier… du village de Langlade… marraine Marguerite Dalin, femme de Petit Jean Delcros [serrurier]. »

D'autres tuiliers apparaissent dans les années 1670, dont Guillaume Cabanac — mais celui-ci est aussi rattaché à une tuilière de La Pouleille : un tuilier domicilié à Langlade ne prouve pas un four à Langlade. Les mêmes précautions valent pour le charpentier Chadourne et le forgeron ou maréchal Pierre Dutard. Les activités textiles dominent pourtant le village : tailleurs d'habits, tisserands, cardeurs ou peigneurs de laine s'y succèdent sans discontinuer jusqu'au XVIIIe siècle.

Françoise de Rochon, demoiselle de Bellegarde, en 1686

Le mariage du 25 novembre 1686 est le témoignage social le plus singulier du village. Françoise Rouchon, « demoiselle de Bellegarde », réside au village de Langlade. Elle épouse Anthoine Bridat, sieur de Boulon (titre d'usage devant un nom de domaine). Le père de l'épouse est Jacques de Rouchon, sieur de Lapeyrouze ; Joseph de Rouchon, sieur de Larbonne, est dit son frère — les mêmes Rochon de Lapeyrouse et de Larbonne qu'on retrouve à la même époque résidant à Berthier, à quelques kilomètres de là.

Une lecture corrigée

La signature de l'époux se lit « Bridat l'espoux », et non « Tridat » ; un mot est biffé dans l'acte lui-même, au-dessus de son âge. L'épouse a « [tr]ente six ans », et non « quarante-six ans ». Son père est « Jacques de Rochon, sieur de Lapeyrouze », et non « Antoine ».

Aucun des titres de cet acte n'est « sieur de Langlade » : ni Bridat ni aucun Rochon n'y porte ce titre. L'acte atteste la résidence de Françoise et ses liens avec les Rochon de Lapeyrouse, non la propriété du hameau.

Acte de mariage manuscrit du 25 novembre 1686 entre Françoise Rouchon, demoiselle de Bellegarde résidant à Langlade, et Anthoine Bridat sieur de Boulon.
5 E 409/2, v166 D. « …Françoise Rouchon… demoiselle de Bellegarde… village de Langlade… fille de Jacques de Rochon, sieur de Lapeyrouze… » Signature : « Bridat l'espoux ». Trois lectures confirmées sur l'acte
XVIIIᵉ s.Lafaye, Verroul, lacunes

Un siècle de tisserands, mal raccordé à ce qui précède

Les années manquantes entre les premières séries paroissiales et les années 1730-1740 sont un obstacle majeur : rien ne justifie de relier automatiquement tous les porteurs d'un même nom de famille de 1690 à 1743. En 1747, un Lafaye — le prénom du père se lit Michel [?] —, tisserand, et Marguerite Reynal, habitants de Langlade, font baptiser un fils ; les actes de cette génération proposent aussi Jean ou Hélie selon les lectures, et un regroupement sous un seul père serait prématuré. Filiation à consolider

Le 26 janvier 1762, Louis Lafaye de Langlade épouse Anne Jammet de La Pouleille ; leur fils Marc naît le 28 mars et est baptisé le lendemain. Les enfants ultérieurs du couple sont signalés tantôt à Lapeyrouse, tantôt à Langlade — une famille avec une histoire de résidences, non une immobilité présumée. À la même époque, les Verroul — Thoni Verroul et Isabeau Lavergne — font baptiser une longue série d'enfants entre 1762 et 1778 ; les prénoms réemployés (deux Léonard, nés en 1768 et 1775) interdisent de conserver chaque enfant comme survivant sans un contrôle par le décès. En fin de siècle, les Caminade restent présents avec Jean et Claire Chantal, puis leur fils Pierre ; Jean meurt à Langlade le 2 janvier 1793 — une filiation qu'on peut suivre par l'état civil, sans que son raccord exact au Martin de 1672 soit établi.

1795La sage-femme du village

Marguerite Boisset, une naissance chez elle

Marguerite Boisset apparaît fréquemment dans les déclarations de naissance révolutionnaires, avec le métier de sage-femme ou d'accoucheuse et le domicile de Langlade. Le 22 messidor an III, 10 juillet 1795, elle déclare François, né le 17 messidor, de Jeanne Neyrier, originaire de Fouleix, qui a accouché chez elle. Le 1er messidor an III (calendrier révolutionnaire) correspond au 19 juin 1795, ce qui place bien le 22 messidor au 10 juillet ; le nom et l'origine de la mère sont lus mot pour mot. Confirmé, conversion calendaire exacte

Déclaration de naissance manuscrite du 22 messidor an III (10 juillet 1795), où Marguerite Boisset, sage-femme demeurant à Langlade, déclare un enfant né chez elle.
5 E 409/4, N an III, v20 G. « …Marguerite Boisset exerçant sa profession de sage-femme demeurant à Langlade… laquelle… habitante de la commune de Fouleix a accouché chez la susdite Marguerite. »

Ce passage établit que sa maison a accueilli au moins cet accouchement : il ne prouve ni maternité permanente ni établissement de charité. Le relevé des registres établi pour cette étude la retrouve ensuite à La Cabane, notamment en 1800-1801, où un enfant du couple Bernard Virol–Marguerite Boisset est déclaré le 24 juin 1801 : l'accord du nom, du métier et du conjoint rend ce déplacement vraisemblable, sans que les filiations aient été vérifiées au point de fusionner sans réserve toutes les mentions Boisset/Coisset. Continuité personnelle, hypothèse

1831Deux frères, un même prénom

Ne pas confondre les deux Louis Lafaye

Le foyer Jean Lafaye–Marie Granger (ou Grangié) occupe une place centrale dans les actes de Langlade au tournant du siècle ; Jean meurt en août 1831, Marie en octobre 1838. Deux de leurs fils portent le prénom Louis, vivent à Langlade, et se marient la même année :

ÉpouxMariage et filiationSuite assurée ou probable
Louis, 25 ans, tisserand5 mai 1831 : fils de Jean Lafaye et Marie Grangier ; épouse Marie Émilie Lafaye, 18 ans, de Lapeyrouse, fille de Pierre Lafaye, artiste vétérinaire, et Suzanne RochonEncore présent comme « oncle » dans les recensements tardifs Hypothèse, d'après l'âge et le conjoint
Louis, 38 ans, tisserand25 novembre 1831 : fils de feu Jean Lafaye et Marie Grangié ; épouse Jeanne, 22 ans, née de père et mère inconnusMort en avril 1846, époux de Marie Fromentière Rapprochement très probable
Acte de mariage manuscrit du 5 mai 1831 entre Louis Lafaye, tisserand de 25 ans domicilié à Langlade, et Marie Émilie Lafaye de Lapeyrouse.
5 E 409/7, M 1831, v04 G. « Louis Lafaye, âgé de vingt-cinq ans… domicilié au village de Langlade… fils de Jean Lafaye tisserant et de Marie Grangier… et Marie Emilie Lafaye… fille du sieur Pierre Lafaye artiste vétérinaire et de Suzanne Rochon. » Confirmé mot pour mot
Acte de mariage manuscrit du 25 novembre 1831 entre un autre Louis Lafaye, tisserand de 38 ans, domicilié au lieu de Langlade, et Jeanne, fille de père et mère inconnus.
5 E 409/7, M 1831, v18 G. « Louis Lafaye, âgé de trente-huit ans, tisserant, domicilié au lieu de Langlade… fils de feu Jean Lafaye et de Marie Grangié… et Jeanne, âgée de vingt-deux ans… fille naturelle de père et mère inconnus. » Confirmé mot pour mot

En février 1846, le petit Pierre, fils de Louis Lafaye et Marie Fromentière, meurt ; sa mort est déclarée par un autre Louis, quarante ans, explicitement « oncle ». En avril, Louis, cinquante-trois ans, tisserand, époux de Marie Fromentière, meurt à son tour à Langlade : ce contrôle interdit de fusionner les deux Louis, ou de faire mourir en 1846 celui qui figure encore dans les recensements de 1876 et 1881.

Le 23 octobre 1867, Jean Lafaye, vingt-sept ans, tisserand né et domicilié à Langlade, fils de feu Louis et Marie Fromentière, épouse Jeanne Vaysse, du Bourdial-haut (commune de Molières), habitant alors La Pouleille ; un contrat du 30 septembre 1867 devant Me Jules Larobertie, à Saint-Alvère, est cité dans l'acte — la meilleure piste pour établir un jour les biens réellement apportés. Le père des enfants du couple est ensuite appelé Jean, Pierre ou Louis selon les actes et les recensements : le conjoint identique et les âges proches rendent la concordance forte, mais chaque prénom est donné tel que la source l'écrit, sans produire trois généalogies indépendantes ni effacer ces variations.

1846–1902Verroul, puis Grellety

Onze personnes chez Jean Verroul, dont quatre domestiques

En 1846, le ménage de Jean Verroul, propriétaire cultivateur, est nettement plus grand que les autres du village : onze personnes, dont quatre domestiques après les membres de la famille. Les quatre domestiques sont lus à la suite (Demaison, deux Aubert/Aubard, Rabier) ; le début du ménage et le compte total de onze personnes restent à confirmer. Total confirmé partiellement

Fin du recensement de 1846 montrant la fin du ménage de Jean Verroul à Langlade et quatre domestiques listés à sa suite.
Recensement 1846, 6 MI 34, p09 G. Fin du ménage Verroul : quatre domestiques consécutifs avant que ne commence le ménage suivant.

Deux des filles de Jean Verroul épousent successivement le même homme, Guillaume Grellety, sabotier originaire du Luquet, à Fouleix. Le 25 février 1851, il épouse Anne Verroul, seize ans ; un contrat du 14 février 1851 devant Me Chérifel [?], à Saint-Mayme, est mentionné dans la suite de l'acte. Anne meurt en janvier 1859. Le 20 juillet 1860, Guillaume, veuf, épouse Marie Verroul, sœur de la première, elle-même veuve de Jean Chambon — mort, comme le précise l'acte, le 4 février 1858. Un décret impérial du 25 avril 1860 a dû lever la prohibition portée par l'article 164 du Code Napoléon, à raison de cette alliance entre beau-frère et belle-sœur.

Acte de mariage manuscrit du 20 juillet 1860 entre Guillaume Grellety, veuf, et Marie Verroul, sa belle-sœur, avec mention du décret impérial levant la prohibition d'alliance.
5 E 409/10, M 1860, v02 D, acte 2. « …Un décret de l'Empereur en date du vingt-cinq du mois d'avril dernier, duquel il résulte que la prohibition portée par l'article 164 du code Napoléon… est levée… L'acte de décès de Jean Chambon son premier mari du quatre du mois de février mil huit cent cinquante-huit. » Confirmé intégralement

La seconde épouse est donc bien la sœur de la première — conclusion obtenue en comparant leurs filiations, non par supposition. On ne sait en revanche pas si ces mariages ont transmis à Guillaume une maison Verroul, ni laquelle : l'installation familiale est établie, le mécanisme patrimonial reste à rechercher. Guillaume apparaît aussi dans les fonctions municipales — sa signature d'adjoint figure au bas de l'acte de naissance de Pierre Louis Lafaye en 1883 — puis garde particulier, puis propriétaire cultivateur à son décès du 1er février 1902, où il est dit âgé de soixante-dix-neuf ans (et non soixante-neuf). Son décès appelle sa mère Marie Rousset, contre Catherine dans les deux actes de mariage — une discordance conservée, non arbitrée.

XXᵉ s.Un père, une fille, un fils

Pierre Louis Lafaye : du recrutement à la mort au village

Pierre Louis Lafaye naît à Langlade le 24 septembre 1883, fils de Pierre Lafaye et Jeanne Vaysse. Sa fiche matricule (fiche militaire) — classe 1903, bureau de Bergerac, n° 1352 — donne le 26 septembre : les deux pièces confirment cet écart d'un jour, sans qu'aucune ne l'emporte de façon décisive sur l'autre ; l'acte de naissance, concordant avec le décès, reste le document retenu. Écart d'un jour, non résolu

Acte de naissance manuscrit du 24 septembre 1883 de Pierre Louis Lafaye, né au village de Langlade, fils de Pierre Lafaye et Jeanne Vaysse.
5 E 409/13, N 1883, v07 D, acte 7. « …né aujourd'hui à dix heures du matin au village de Langlade… des mariés Pierre Lafaye âgé de quarante-quatre ans et Jeanne Vaysse âgée aussi de quarante-quatre ans. » Signature : « Grellety adjt ».
Fiche matricule militaire de Pierre Louis Lafaye, classe 1903, bureau de Bergerac, n°1352, donnant sa naissance au 26 septembre 1883 et sa réforme en 1915 pour bronchite chronique.
Fiche matricule 1903/1352. « Né le 26 Septembre 1883… » Réforme n°2 le 23 janvier 1915 « pour bronchite chronique » ; décès rappelé « le 11 octobre 1918 à St Félix de Villadeix ». Confirmé sur le document

Cultivateur, Pierre Louis sert au 108e régiment d'infanterie, incorporé en novembre 1904, passé dans la réserve en septembre 1905, rappelé le 4 août 1914, puis réformé pour bronchite chronique le 23 janvier 1915 — décision maintenue en septembre. Il meurt à son domicile de Langlade le 11 octobre 1918 à vingt-trois heures, époux d'Anne Montayaud. Sa fille Anne Marie, dix ans, née à Langlade le 4 juin 1908, meurt au même lieu le 18 octobre, sept jours plus tard. Les deux actes de décès confirment les dates et l'intervalle, et aucun des deux actes ne mentionne de cause de décès — une hypothèse de grippe espagnole, avancée ailleurs, n'est donc pas retenue comme fait. Confirmé intégralement, aucune cause mentionnée

Actes de décès manuscrits d'octobre 1918 : Pierre Louis Lafaye le 11 octobre et sa fille Anne Marie Lafaye le 18 octobre, tous deux au village de Langlade.
5 E 409/16, D 1918, v05 G-D, actes 7-8. « …Lafaye Pierre Louis… est décédé… au village de Langlade. » Dressé le 12. « …Lafaye [Anne] Marie… fille de Lafaye Pierre Louis décédé… est décédée… au village de Langlade. » Dressé le 19.

Le « LAFAYE Louis » inscrit sur le monument communal correspond très probablement à Pierre Louis ; l'inscription commémorative et la fiche militaire ne suffisent cependant pas à établir ici une attribution juridique « Mort pour la France », ni un décès au combat. Concordance du prénom usuel, non juridique

Clément Lafaye et 1939

Le fils de Pierre Louis et Anne Montayaud, Clément, naît à Langlade le 7 novembre 1910 ; l'acte donne le père cultivateur, vingt-sept ans, et la mère vingt-six ans (acte lu mot pour mot). Ce Clément, encore recensé au village en 1936, s'identifie avec une très forte probabilité, par la date et la commune, au soldat du 16e régiment de tirailleurs sénégalais, mort le 12 septembre 1939 à « Luderschiedt », en Moselle, selon Mémoire des hommes ; son nom figure sous la rubrique 1939-1945 du monument communal, ce qui est confirmé par une consultation en ligne. Le risque d'homonymie n'est pas levé : aucun dossier militaire individuel n'a été lu. Identification très étayée, non juridiquement établie

Acte de naissance manuscrit du 7 novembre 1910 de Clément Lafaye, né au village de Langlade, fils de Pierre Louis Lafaye et Anne Montayaud.
5 E 409/15, N 1910, v04 D, acte 8. « …né aujourd'hui à quatre heures du matin, au village de Langlade… des mariés Pierre Louis Lafaye, âgé de vingt-sept ans, et Anne Montayaud, âgée de vingt-six ans. »

Un village qui se vide, encore agricole

Entre 1901 et 1946, le relevé passe de sept ménages et dix-neuf personnes à quatre ménages et huit personnes. En 1946 figurent le ménage de la veuve Lafaye, celui de Gabriel Caminade et Françoise Dondard, celui d'un cantonnier et son épouse, et une rentière, seule : le tableau récapitulatif donne quatre maisons, quatre ménages, huit individus, huit Français. Confirmé intégralement

Tableau récapitulatif du recensement de 1946, ligne Langlade : quatre maisons, quatre ménages, huit individus.
AD24, 106 W 71. Récapitulatif de 1946 : la ligne Langlade.

Un tableau inséré dans le même registre, signé le 15 février 1951, donne pour Langlade quatre maisons, trois ménages, quatre habitants — mais son en-tête indique se rapporter au recensement de mars 1946, en contradiction avec les huit habitants de la liste nominative et du récapitulatif. C'est une discordance documentaire, peut-être une mise à jour partielle, non un « recensement de 1951 » démontré : ce chiffre de quatre n'est pas intégré à la série comparable de population.

1824 → auj.Le bâti, prudemment compté

Sept à neuf masses bâties, pas un compte de logements

La section B, dite de La Peyrouze, première feuille, datée de 1824 (3 P 3/4619), est la pièce la plus précise sur le bâti ancien. Le noyau de Langlade y apparaît à son emplacement et dans un développement agrandi reporté à l'ouest de la même feuille — les deux représentations ne s'additionnent pas. Les groupes cités se trouvent à ces emplacements : 207 au nord-ouest ; 204-205 au sud ; 212-215 au carrefour sud-ouest. On ne peut pas trancher, même à fort agrandissement, si la parcelle 212 est une cour ou un bâtiment supplémentaire : sa teinte, plus pâle que celle du bâtiment voisin, va plutôt dans le sens d'une cour, mais peut aussi tenir à l'état de conservation du document. Nature de la parcelle 212, invérifiable avec certitude

Développement agrandi du noyau de Langlade sur le cadastre de 1824, montrant sept masses bâties continues autour des parcelles B180 à B197.
3 P 3/4619, encart des parcelles B180-197. Le noyau agrandi : sept masses bâties continues, neuf compartiments si l'on compte les divisions internes de deux d'entre elles — ce n'est pas neuf maisons d'habitation.

Le compte retenu — quatorze ensembles bâtis continus dans le noyau et les petits groupes voisins, ou seize compartiments si l'on choisit cette autre unité — reste un comptage graphique, non une statistique cadastrale des maisons : sans état de sections, la fonction de chaque corps demeure inconnue. Les propriétaires de 1824 restent eux-mêmes inconnus à l'échelle parcellaire ; le plan n'associe aucun numéro aux Lafaye, Verroul, Caminade ou Lacombe.

Extrait de la carte de Cassini montrant le nom Langlade et un signe de groupe habité, dans la seconde moitié du dix-huitième siècle.
Cassini, seconde moitié du XVIIIe s. Un symbole conventionnel de hameau : ni nombre de maisons, ni plan des façades. Date de levé local non vérifiée.
Extrait de la carte de Belleyme, planche 22, montrant Langlade au voisinage des Granges, de Lalande et de Pommegal.
Belleyme, pl. 22. Langlade au voisinage des Granges, de Lalande et de Pommegal — un repérage territorial, sans attribution de propriété.

La persistance du site villageois est bien établie par la suite des couches cartographiques et photographiques : la photographie dite « 1950 » montre un noyau ancien encore dense, avec les groupes méridional et du sud-ouest reconnaissables ; la photographie aérienne récente (orthophotographie) montre le même noyau, entouré de jardins et de grands champs, avec des modifications des emprises et des abords. La conservation de chaque construction, en revanche, l'est beaucoup moins : il manque un relevé architectural, les matrices cadastrales (registres des propriétaires) des augmentations et diminutions, et une superposition géoréférencée documentée pour dater les remaniements bâtiment par bâtiment. Emprise proche, murs non garantis identiques

Photographie aérienne historique dite 1950 du noyau de Langlade, montrant un village dense en deux groupes bâtis.
Photographie dite « 1950 ». Noyau ancien encore dense ; le nom de fichier ne suffit pas à dater précisément la prise de vue (couche 1950-1965).
Orthophotographie récente de Langlade montrant le noyau principal, des jardins et de grands champs cultivés.
Orthophotographie récente. Noyau principal, jardins, grands champs et plantations ; date de vol non identifiée dans les fichiers fournis.

En 1884, le chanoine Brugière relève neuf maisons à Langlade, « à 2½ km au nord » du bourg — un chiffre à comparer, sans les fondre arbitrairement, aux huit ménages du recensement nominatif de 1881 : différence de date, de périmètre ou de convention de compte, possible sans que l'un corrige l'autre.

Page manuscrite de la notice du chanoine Brugière sur Saint-Félix-de-Villadeix, vers 1884, mentionnant Langlade, neuf maisons, à deux kilomètres et demi au nord.
Notice Brugière, Saint-Félix-de-Villadeix, p. 3, vers 1884. « langlade », neuf maisons, distance au bourg.
Aujourd'huiUn noyau qui tient

Une grange, un possible logement, rien de réalisé

Le PLUi-H (plan local d'urbanisme intercommunal) approuvé le 26 novembre 2024 répartit le périmètre étudié entre zones naturelles et agricoles. Sa liste des bâtiments susceptibles de changer de destination identifie à Langlade une grange sur la parcelle B0641, repère CDSFV12, avec une destination de logement indiquée par l'index de la fiche. Ce repérage administratif ne prouve pas que les travaux aient été réalisés ; il n'a pas été confirmé sur l'original. Non confirmé sur l'original

Liste imprimée du PLUi-H 2024 identifiant à Langlade une grange sur la parcelle B0641, repère CDSFV12, pour un possible changement de destination.
PLUi-H Bastides Dordogne-Périgord, p. 20. La grange B0641, repère CDSFV12.

Aucun propriétaire actuel ni particulier vivant n'est identifié dans ce dossier. Il manque une observation extérieure de terrain et une datation précise des clichés aériens pour décrire l'état architectural actuel ; aucune visite ni inspection intérieure n'est prétendue.

Et maintenantOù chercher

Relier les noms aux parcelles

Les registres paroissiaux et l'état civil ont été lus intégralement pour ce village ; ce qui manque tient dans des cartons non encore ouverts. La priorité est de relier les habitants identifiés aux numéros du plan de 1824, puis de remonter les mutations jusqu'aux propriétaires actuels.

À consulter en salle

  • 63 P 1716

    État de sections A à E, sans date : identifier propriétaires et natures des B180-197, 204-207 et 212-214 ; vérifier la nature de B192 et des cours 182/212.

  • 63 P 704

    Matrice des propriétés bâties et non bâties, 1826 : suivre les comptes Lafaye, Verroul, Caminade, Lacombe ; relever mutations, entrées et sorties.

  • 63 P 2192

    Propriétés bâties, 1882 : distinguer logements, ateliers et dépendances ; retrouver augmentations et diminutions de matière imposable.

  • 63 P 1547/3

    Propriétés bâties, 1910-1955 : suivre les transformations du XXe siècle, démolitions et reconstructions.

  • 63 P 1547/1-2

    Non bâti, 1914-1955 : reconstituer les ensembles fonciers et jardins, sans confondre le hameau avec tout le lieu-dit cadastral.

  • 3 J 4

    Papiers Gontier du Soulas, 1734-1737 : lire le procès de partage entre Pierre Gontier de la Sayssie et Hélie Gontier de Langlade ; établir d'abord la paroisse concernée.

  • II C 1332-1370
    II C 299, 301

    Contrôle des actes de Montclar, 1732-1791, et tables des partages : trouver contrats de mariage, baux, ventes et partages impliquant les familles de Langlade.

  • 179 Q · 180 Q

    Tables des acquéreurs et vendeurs de Lalinde, 1808-1865 : repérer les mutations des personnes identifiées dans les matrices.

  • Me Chérifel, Saint-Mayme
    14 fév. 1851

    Contrat Guillaume Grellety–Anne Verroul : apports, dot, éventuels biens à Langlade. Cote et nom du notaire à confirmer.

  • Me Larobertie
    Saint-Alvère, 30 sept. 1867

    Contrat Jean Lafaye–Jeanne Vaysse : biens apportés, droits de Marie Fromentière, éventuelle maison à Langlade.

  • SHD Caen
    AC 21 P 68023

    Dossier individuel de Clément Lafaye : vérifier les circonstances du décès de septembre 1939 et le statut juridique de l'inscription au monument.

  • SHAP

    Retrouver le parchemin de 1328, sa photographie ou la lecture définitive annoncée en 1896 ; lire les séances suivantes du Bulletin.