Dossier d'archives · Dordogne

Lalande
en Villadeix

Un village de tisserands, attesté depuis 1668, de part et d'autre d'un chemin qui sépare encore aujourd'hui deux lieux-dits cadastraux. Les Bizat y tissent la toile pendant plus d'un siècle, avant qu'un mariage de 1824 ne fasse entrer les Bos, puis les Bourg et les Bernardie ; une erreur de dix ans dans le rappel d'un décès s'est laissée corriger par un détour à Rounat. Trois registres paroissiaux et treize registres d'état civil consultés, dix-sept recensements, deux fiches matricules et un feuillet de 1951 qui se contredit lui-même.

44°56′42″ N — 0°40′13″ E Commune de Saint-Félix-de-Villadeix (24405) Cadastre La Lande-Est (B) et Lalande-Ouest (A), ≈ 24,3 ha, 84 parcelles ≈ 2,5 km au nord du bourg
1668Lalandesépulture de Jamme Bizat, 5 E 409/1
1669La Landemariage de Peyronne Bizat
XVIIIe s.la LandeCassini, puis Belleyme, pl. 22
1824Lalande.cadastre napoléonien (plan cadastral de 1824), A2 et B1
v. 1884lalandenotice Brugière, quatre maisons
2026La Lande-Est / Lalande-Ouestcadastre numérique, deux lieux-dits
Le siteUn chemin, deux moitiés

Un hameau coupé en deux par le cadastre — comme en 1824

Le point de repère du hameau se situe dans la partie nord de la commune, entre La Brugère au nord, Rouna au sud-ouest et Langlade à l'est — trois noms de lieux qu'il ne faut pas confondre malgré leurs sonorités proches. La distance à vol d'oiseau jusqu'au bourg est d'environ 2,5 km ; elle ne mesure aucun chemin réel. Calcul géographique

Le cadastre numérique actuel distingue deux lieux-dits : La Lande-Est, en section B, environ 10,1 ha, et Lalande-Ouest, en section A, environ 14,2 ha — ensemble 24,3 ha et 84 parcelles. Ce n'est pas un découpage récent : le plan de 1824 montre déjà le chemin de La Pouleille à La Brugère séparant les sections A et B, avec du bâti de chaque côté. Le chemin de Lalande actuel se raccorde à la route des Étangs ; le chemin de la Source dessert le côté occidental. Cadastre Etalab, IGN, plans de 1824

Plan IGN actuel montrant Lalande, ses chemins et les villages voisins La Brugère, Rouna et Langlade.
Lalande aujourd'hui, entre La Brugère, Rouna et Langlade. IGN, plan actuel, extrait du projet, septembre 2026.
Le nomUn terrain pauvre

« La lande » : un mot, pas une date

Les documents emploient alternativement Lalande et La Lande / la Lande, sans que l'article séparé désigne un autre lieu. Le cadastre de 1824 écrit « Lalande. », avec un point final ; une naissance de 1897 est enregistrée sous « Lalandes ». La proximité de Langlade, nom distinct, et les nombreux homonymes périgourdins imposent de contrôler la paroisse ou la commune de chaque mention avant de l'attribuer ici. Lu sur les originaux, 5 E 409/1 et plans de 1824

Le mot lande désigne un terrain généralement pauvre et non cultivé, portant bruyères, ajoncs ou fougères ; le Dictionnaire de l'Académie française le rattache au gaulois landa, « plaine, espace dégagé ». C'est l'étymologie du mot, pas une datation du hameau : comprendre Lalande comme « la lande » est une explication vraisemblable du nom, mais rien n'établit ici quand ce terrain a été nommé, défriché ou habité. Application au nom de lieu local

Avant 1668Rien d'établi

Aucune attestation certaine avant la fin des années 1660

Aucune attestation antérieure à 1668 n'est actuellement établie pour ce Lalande. Le cadre seigneurial de la châtellenie puis baronnie de Montclar est celui de toute la paroisse ; il ne suffit pas à connaître le détenteur d'une rente à Lalande, le statut d'une parcelle ou l'existence d'un repaire (maison noble fortifiée). Aucun terrier, accensement, hommage ou partage nommant avec certitude ce village n'a été retrouvé dans les documents consultés. Les dates de 1365 et 1370, documentées pour la paroisse ou pour Caveroque, ne doivent pas devenir des dates de Lalande. Absence limitée aux documents consultés

Le 20 et le 27 juillet 1670, puis une troisième fois début août, Me Pierre de Besson est expressément qualifié de « sieur de Lalande » (titre d'usage devant un nom de domaine) dans les registres paroissiaux. Il demeure alors au bourg de Saint-Félix, non au village, et signe « De Besson ». Lu sur les originaux, 5 E 409/1, v125 et v127

Acte paroissial manuscrit du 20 juillet 1670 nommant Pierre de Besson, sieur de Lalande, domicilié au bourg de Saint-Félix.
20 juillet 1670 (AD24, 5 E 409/1, v125). Première des trois mentions du titre de « sieur de Lalande » porté par Pierre de Besson.

Son titre n'est pas une preuve de noblesse, ni la preuve que l'ensemble du village relevait personnellement de lui. Le rattachement au Lalande de Saint-Félix est plausible, puisqu'il fréquente cette paroisse, mais demeure une hypothèse : aucun lien de propriété ou de parenté n'est démontré entre Besson et les Bizat qui occupent le village dès la même décennie. Identification au domaine local

1668–1690Les tisserands Bizat

18 septembre 1668 : un tisserand nommé Pierre Bizat

La sépulture de Jamme Bizat, âgé d'environ cinquante ans, mort la veille, est enregistrée le 18 septembre 1668 ; le nom de son village de décès reste en blanc dans l'acte. C'est en revanche le domicile à Lalande du témoin, Pierre Bizat, tisserand, qui est certain — et c'est cette qualification, non une restitution du blanc, qui fonde la première attestation sûre du lieu. Lu sur l'original, 5 E 409/1, v036

Acte de sépulture manuscrit du 18 septembre 1668 mentionnant Jamme Bizat et le témoin Pierre Bizat, tisserand, domicilié à Lalande.
18 septembre 1668 (AD24, 5 E 409/1, v036). Première mention sûre repérée pour Lalande, par le domicile du tisserand Pierre Bizat.

Le mariage du 6 juin 1669 apporte une parenté plus solide : Peyronne Bizat, vingt-deux ans, fille de feu Jammes, tisserand de La Lande, épouse Jean Labouron, travailleur à bras de La Teyssendrie (paroisse de Liorac). La suite de l'acte désigne Pierre Bizat, tisserand, comme son oncle, et Gilies Bizat, également tisserand, comme son frère, tous deux résidant à La Lande. Le rapprochement du père défunt avec Jamme mort en 1668 est très probable, sans que la différence d'orthographe du prénom soit effacée. Lu sur les originaux

Début de l'acte de mariage du 6 juin 1669 entre Peyronne Bizat et Jean Labouron.
6 juin 1669 (5 E 409/1, v074). Début du mariage de Peyronne Bizat.
Suite de l'acte de mariage de 1669 nommant l'oncle Pierre Bizat et le frère Gilies Bizat, tisserands à La Lande.
Suite du même acte (v076). L'oncle et le frère de Peyronne, tisserands à La Lande.

Le village ne se réduit pas à un seul ménage. Un baptême du 7 octobre 1668 montre déjà un couple Bizat–Jeanne Dubois ; des actes ultérieurs font coexister plusieurs Élie/Gilles, dont certains tisserands, d'autres laboureurs (cultivateurs), sans que les orthographes et les prénoms permettent de les réunir tous en un seul homme. La cohabitation de métiers textiles et agricoles est directement documentée : le 14 novembre 1683, un acte nomme Pierre Bisau, « thuillier », et Élie Bisau, « tisseran », habitants de Lalande — un tuilier domicilié au village, sans four ni établissement localisé par l'acte lui-même. Lu sur l'original, 5 E 409/2, v089

Acte paroissial du 14 novembre 1683 mentionnant un tuilier et un tisserand domiciliés à Lalande.
14 novembre 1683 (5 E 409/2, v089). Un tuilier et un tisserand Bisau, habitants de Lalande.

Le 22 juin 1677, une femme d'environ trente-huit ans est inhumée après sa mort, la veille, à Lalande, « estant en mal d'enfant » ; son mari Gillis Bizac et son beau-père Pierre Bizac, tisserands, sont nommés, mais le prénom et le nom de la défunte sont détruits sur l'original. Les notices assemblées ne citent ensuite plus Lalande entre 1696 et 1736 — une interruption qui coïncide avec une couverture discontinue des registres, non avec un abandon du village. Lu sur l'original, v413

Les ménages du dernier tiers du XVIIe siècle

MénageCe que les actes permettent de suivreMétier et réserve
Jamme/Jammes Bizat et sa parentéSépulture 1668 ; fille Peyronne mariée 1669 ; fils Gilies et oncle Pierre nommésTisserands
Gilles/Élie Bizat × Jeanne DuboisBaptême 1668 ; Catherine 1670, Jeanne 1672 et 1675 ; plusieurs sépultures infantilesTisserand
Gilles Bizat × Anne DelmagierAntoine 1670 ; Peyronne 1673 ; Jean 1674, 1678, 1683 ; décès d'enfantsTisserand ; plusieurs enfants reçoivent le même prénom
Jean Bizat × Guilhonne LambertMariage 1er juil. 1680 ; Anne 1683 ; jumeaux 1688 puis 1692Guilhonne, fille de Martial Lambert, hôte à La Pouleille
Élie Bizat × Marie CampagnacJeanne 1680 ; Jean 1681 ; Catherine 1683 ; décès 1684 ; Henry 1686Laboureur
Pierre Bisau × Jeanne BeneytPierre 1692, Antoine 1695Métier diversement donné laboureur/tisserand

D'autres noms passent dans les actes sans se rattacher aux Bizat : Jean Lambert, mort vers soixante-dix ans en 1684 ; les ménages Peyroneau–Peliers, Coupaille–Fromentière et Aubard–Chavagnac. « Village des Bizat » est une commodité de lecture, pas une exclusivité familiale. D'après un relevé des registres, annexe des actes

XVIIIe s.Continuité et lacunes

Des ménages Bizat qui se diversifient

En 1737, les sépultures de Marguerite Blanchier, environ trente-cinq ans, et de Jean Bisac, environ soixante ans, font réapparaître des habitants après la lacune documentaire. Les ménages se diversifient ensuite : François Lambert–Anne Bizat, Pierre Lambert–Anne Bizac, Thony/Antoine Bizat–Marguerite Matifé (parents de Jean 1743, Hugues 1746, Jeanne 1756 et 1761) ; un ensemble de baptêmes de 1752 à 1768 donne Jean Bizat comme père et Marguerite ou Isabeau Lacroix comme mère de huit enfants successifs, les deux prénoms maternels restant distincts sans fusion silencieuse. D'après un relevé des registres, 5 E 409/2-3

Le ménage Louis Bizat–Jeanne Lagarde, documenté à Rouna en 1763 et 1767, est ensuite signalé à Lalande pour les naissances de Pierre en 1776 et Jeanne en 1779 : un parcours qui relie deux villages voisins, sans prouver qu'ils formaient une seule propriété. À la fin de 1792, Pierre Bizac et Marie Ver[d]ruil sont parents d'Elisabeth : ce ménage constitue le point d'appui pour la généalogie du XIXe siècle qui suit. D'après un relevé des registres

1794–1824Deux Bizat à distinguer

Antoine époux Caillau et Antoine fils de Pierre–Verrouil : deux hommes différents

Le 11 juillet 1794, Antoine Bizat, laboureur de vingt-six ans, épouse Marguerite Caillau, seize ans, fille de François Caillau, menuisier. Ses parents sont Pierre Bizat et Marguerite Lacoin [?] (lecture incertaine), de Lalande. Cette filiation diffère de celle d'un autre Antoine baptisé en 1768, fils de Jean Bizat et d'Isabeau Lacroix : l'identité entre ces deux Antoine n'est donc pas établie. Lu sur l'original, 5 E 409/4

Un second ménage est celui de Pierre Bizat et Marie Verrouil, déjà identifié en 1792 : leur fils Antoine, déclaré le 20 juillet 1800, est celui que suivra le mariage de 1857, qui cite les dates de décès de ses parents — Marie Verrouil le 30 avril 1834, Pierre Bizat le 6 septembre 1834. Antoine époux Caillau, mort en 1824, et Antoine fils de Pierre–Verrouil, remarié en 1857, sont deux hommes différents — une distinction indispensable pour ne pas créer une longévité ou une succession artificielles. Filiations des actes cités

Marguerite Caillau : ce que le rappel de 1824 ne disait pas

Le 22 janvier 1818, Antoine Bizat, propriétaire cultivateur à Lalande, déclare une fille Françoise, née de lui et de Marguerite Caillaud. Or le mariage de la fille aînée en 1824 dit sa mère morte le 4 mars 1808 à Lalande. La recherche dans le relevé de la commune, au-delà du seul lieu, a retrouvé à Rouna le décès, le 4 mars 1818, d'une Marguerite Caillaud, quarante ans, épouse d'Antoine Bizat — même nom, même conjoint, même jour et mois que le rappel de 1824. L'année 1808 et le lieu Lalande du mariage de 1824 sont très probablement des erreurs de rappel, commises dix ans après les faits par les comparants eux-mêmes. Identité très probable ; erreur de rappel

Acte de décès manuscrit du 5 mars 1818 enregistrant la mort de Marguerite Caillaud, épouse d'Antoine Bizat, à Rouna.
Décès de Marguerite Caillaud à Rounat, le 4 mars 1818, déclaré le 5 (AD24, 5 E 409/6, v08G, acte 12). La pièce qui corrige le rappel erroné de 1824.

Une date corrigée

Le mariage de 1824 dit Marguerite Caillau morte le 4 mars 1808 à Lalande. L'acte de décès lui-même, enregistré à Rounat, donne le 4 mars 1818 : dix ans d'écart et un village voisin. C'est donc le rappel fait au mariage qui est erroné.

Antoine Bizac, cultivateur de cinquante-quatre ans, meurt le 28 avril 1824 à Lalande ; le 19 mai 1824, Pierre Bizac, dix-neuf ans, meurt dans le même village en laissant une sœur — rapprochement très probable avec le fils du couple Bizat–Caillau. Identité très probable

Le 16 septembre 1824, Françoise Bizat, vingt-cinq ans, épouse Jean Boste, né au Luquet (commune de Fouleix), fils de feu Guillaume Boste et d'Élisabeth Labrousse. Françoise demeure à La Lande ; l'acte énumère ses parents défunts. Ce mariage fait entrer les Boste/Bos dans la parenté Bizat ; il ne contient pas de partage de biens, et l'idée que Françoise aurait recueilli l'ensemble de la propriété après la mort de son père et de son frère reste une hypothèse à éprouver dans les successions. Lu sur l'original, 5 E 409/7, v27-v29

Début de l'acte de mariage du 16 septembre 1824 entre Françoise Bizat de Lalande et Jean Boste de Fouleix.
16 septembre 1824 (5 E 409/7, v27D, acte 35). Françoise Bizat de Lalande épouse Jean Boste de Fouleix.
1824–1867Trois fils Jean Bos

Trois garçons nommés Jean, et une pièce de naissance mal citée

Le couple Boste–Bizat a au moins trois garçons successivement nommés Jean : l'un en 1826, un autre le 7 septembre 1831, et le troisième le 22 août 1835. Le plus jeune meurt le 6 avril 1837, à dix-huit mois. Françoise Bizat meurt le 12 décembre 1838 ; son veuf Jean Bos meurt à Lalande le 24 décembre 1867. D'après un relevé des registres, 5 E 409/7-8, /11

Acte de décès du 7 avril 1837 : le jeune Jean Bos, mort à dix-huit mois.
7 avril 1837 (AD24, 5 E 409/8, acte 5). Le Jean Bos né en 1835 meurt enfant ; sa pièce de naissance sera pourtant citée au mariage d'un frère en 1870.

Les deux fils adultes sont distingués en 1870 comme Jean Bos aîné, uni à Marie Malaure, et Jean Bos jeune, qui épouse Marguerite Clément le 13 janvier 1870. L'acte de mariage de ce dernier cite pourtant une naissance au 22 août 1835 : c'est celle du frère mort en 1837. Sa présence à trente-six ans dans le décès paternel de 1867 et son propre décès à soixante ans en 1891 rendent son identification au Jean de 1831 très probable, sans qu'on puisse remplacer silencieusement la pièce citée au mariage. Erreur de pièce de naissance au mariage de 1870

Les Bleyzac : un charron allié aux Bizat

Le 30 octobre 1833, Jean Bleyza, vingt-huit ans, charron à Rouna, épouse Élisabet Bizot, vingt-six ans, de Lalande, fille de Pierre Bizot et Marie Vernot selon l'orthographe de l'acte — concordance forte avec la branche Pierre Bizat–Marie Verrouil. Le couple apparaît à Lalande dans les recensements 1836-1856, sous des orthographes variables du prénom maternel (Élisabeth/Marie) ; la famille ne figure plus dans les ménages de Lalande en 1861. D'après un relevé des registres, 5 E 409/8-9

1857–1899Chavanel, Clément, Bourg, Bernardie

Antoine Bizat et Marie Chavanel : la branche qui traverse le siècle

Le 15 juillet 1857, Antoine Bizat, cinquante-six ans, veuf, né et domicilié à Lalande, épouse Marie Chavanel, trente-six ans, servante née à Saint-Marcel. Les pièces du mariage citent les décès de Pierre Bizat le 6 septembre 1834, de Marie Verrouil le 30 avril 1834, et de la première épouse d'Antoine le 20 septembre 1842. Un contrat de mariage est passé la veille chez Me Labat à Beauregard ; ses minutes, 1856-1857, sont conservées sous 3 E 11250. Lu sur l'original, 5 E 409/10, v04

Début de l'acte de mariage du 15 juillet 1857 entre Antoine Bizat et Marie Chavanel.
15 juillet 1857 (5 E409/10, v04). Présentation des époux.
Suite de l'acte de mariage de 1857 citant les pièces de famille et le contrat notarié.
Suite du même acte. Actes familiaux et contrat reçu la veille chez Me Labat à Beauregard.

Les jumeaux Marguerite et Jean Bizat naissent le 9 avril 1858 ; Antoine meurt au village le 5 novembre 1870. Le fils Jean, appelé Élie dans les recensements de 1881 et 1891, épouse Cécile Taulou ; leurs fils Henri, né le 3 juillet 1884, et Émile, né le 13 mai 1889, seront retrouvés plus loin par leurs fiches militaires. D'après un relevé des registres, 5 E 409/10-14

Les alliances Bos–Clément, Bos–Bourg et Bos–Bernardie

Le 13 janvier 1870, le mariage de Jean Bos jeune et de Marguerite Clément, meunière, a lieu au Moulin Blanchard, chez les parents de l'épouse, parce que son père est malade. Un contrat est reçu le 28 décembre 1869 par Me Marty à Vergt (minutes 3 E 17093). Lu sur l'original, 5 E 409/11

Acte de mariage du 13 janvier 1870 entre Jean Bos et Marguerite Clément, célébré au Moulin Blanchard en raison de la maladie du père de l'épouse.
13 janvier 1870 (5 E409/11, v03). Cérémonie Bos–Clément au Moulin Blanchard, en raison de la maladie du père de l'épouse.

Leur fille Jeanne Bos, née au Moulin Blanchard mais fille de parents domiciliés à Lalande, épouse le 1er juin 1889 Barthélemy Bernardie, du bourg ; un contrat du 12 mai 1889 est reçu par Me Larobertie, notaire à Sainte-Alvère (minutes 3 E 21746). Lu sur l'original, 5 E 409/13

Acte de mariage du 1er juin 1889 entre Barthélemy Bernardie et Jeanne Bos.
1er juin 1889 (5 E409/13, v04). L'alliance Bernardie–Bos.

Dans l'autre branche, Jean Bos aîné et Marie Malaure ont notamment Anne, qui épouse le 4 décembre 1887 Jean Bourg, cultivateur venu de Montagnac-la-Crempse ; un contrat est reçu le 18 novembre 1887 par Me Durand à Montagnac (minutes 3 E 14878). Lu sur l'original, 5 E 409/13

Acte de mariage du 4 décembre 1887 entre Jean Bourg et Anne Bos, fille de propriétaires cultivateurs de Lalande.
4 décembre 1887 (5 E409/13, v07-v08). Alliance Jean Bourg–Anne Bos, fille de propriétaires cultivateurs de Lalande.

Le recensement de 1891 photographie ces trois ménages liés : Jean Bourg avec Anne Bos, sa belle-mère Marie Malaure ; Barthélemy Bernardie avec Jeanne Bos et ses beaux-parents Jean Bos et Marguerite Clément ; et le ménage d'Élie/Jean Bizat. Jeanne Bos épouse Bernardie meurt le 4 octobre 1899, à vingt-neuf ans. Lu sur le document, recensement 1891, p08G

XXe s.Trois maisons, deux soldats

1901-1946 : trois ménages qui perdurent

En 1901, Lalande compte onze personnes en trois ménages : Barthélemy Bernardie veuf avec ses filles ; Jean Bos, fils de Jean et Marie Malaure ; la veuve de Jean Bizat avec Henri, Émile et leur grand-mère. En 1926, une nouvelle alliance apparaît : Irénée Faure est inscrit comme gendre de Barthélemy Bernardie, marié à Hélène Alice Bernardie — le mariage est antérieur au recensement, sans que sa date soit connue. Lu sur le document, recensement 1926, 6 M 378, p05G

Recensement de 1926 : Irénée Faure inscrit comme gendre de Barthélemy Bernardie.
1926 (AD24, 6 M378, p05G). Irénée Faure est le gendre de Barthélemy Bernardie ; extrait limité aux adultes nés au XIXe siècle.

Henri et Émile Bizat : deux parcours militaires retrouvés

Henri Bizat, né le 3 juillet 1884, cultivateur, fils de feu Jean et de Cécile Taulou, classe 1904, bureau de Bergerac, matricule 1346, est appelé le 7 juin 1915 à la 12e section d'infirmiers militaires, à l'hôpital temporaire n° 23 de Tulle, après avoir été ajourné deux fois pour faiblesse. Sa campagne contre l'Allemagne court du 7 juin 1915 au 7 mars 1919. Lu sur le document, AD24 02R0989, fiche 1346

Fiche matricule militaire d'Henri Bizat, cultivateur, appelé comme infirmier militaire pendant la Première Guerre mondiale.
Henri Bizat, cultivateur et infirmier militaire pendant la Grande Guerre. AD24, 02R0989, Bergerac classe 1904, matricule 1346.

Émile Bizat, né le 13 mai 1889, maréchal-ferrant, fils des mêmes parents, classe 1909, matricule 1103, subit un accident au manège le 7 décembre 1910 — une chute de cheval antérieure à la guerre, non une blessure de combat. Mobilisé le 3 août 1914, il est classé en réforme n° 2 par la commission spéciale de Bergerac le 18 mars 1916, pour une plaie à la jambe droite jugée antérieure au service ; une pension de 35 % est proposée en 1920. Lu sur le document, AD24 02R1028, fiche 1103

Fiche matricule militaire d'Émile Bizat, maréchal-ferrant, avec le récit de son accident de cheval de 1910 et sa réforme de 1916.
Émile Bizat, maréchal-ferrant : fiche de service et accident de cheval de 1910. AD24, 02R1028, Bergerac classe 1909, matricule 1103.

1946, puis un feuillet qui se contredit

La liste nominative de 1946 donne trois maisons, trois ménages, huit habitants : le couple Bizat, un ménage Bos de deux personnes et le ménage Faure de quatre personnes, tous cultivateurs. Lu sur le document, 106 W 71, p05G

Récapitulation du recensement de 1946 donnant pour Lalande trois maisons, trois ménages et huit habitants.
Récapitulation de 1946 : Lalande, trois maisons, trois ménages, huit habitants. AD24, 106 W71, p07G.

Deux chiffres pour une même liste

Un feuillet inséré dans le même registre, daté du 15 février 1951, attribue à Lalande trois maisons, trois ménages et dix habitants, alors que son en-tête dit être établi « d'après le recensement de mars 1946 », qui n'en compte que huit. Erreur de copie, périmètre différent ou mise à jour : les documents ne permettent pas de trancher.

1824Le bâti au cadastre

Cinq à six emprises séparées, de part et d'autre du chemin

Le tableau d'assemblage place Lalande à la jonction de la section A, La Vernelle, et de la section B, La Peyrouze. Sur A2, la relecture distingue cinq emprises colorées disjointes, dont un rectangle septentrional subdivisé — soit six unités graphiques si l'on compte ses deux compartiments séparément. Sur B1, à l'est du chemin, une emprise allongée en deux parties décalées porte le numéro 109. Aucun de ces nombres ne désigne un compte de maisons habitées : la disposition en plusieurs cours et dépendances correspond à un petit village agricole. Lu sur le document, plans de 1824

Extrait du plan cadastral de 1824, section A2, montrant les bâtiments de Lalande à l'ouest du chemin.
Lalande en 1824, à l'ouest du chemin (AD24, 3 P3 4618, section A2). Cinq emprises bâties séparées, dont un rectangle subdivisé.
Extrait du plan cadastral de 1824, section B1, montrant le bâtiment allongé n°109 à l'est du chemin.
Lalande en 1824, à l'est du chemin (AD24, 3 P3 4619, section B1). Bâtiment allongé n° 109.
Tableau d'assemblage cadastral de 1824 montrant le village de Lalande de part et d'autre de la limite des sections A et B.
Tableau d'assemblage de 1824 (AD24, 3 P3 4616). Le village, de part et d'autre de la limite des sections A et B.

Les cartes antérieures situent déjà le lieu sans le détailler : Cassini y porte le nom « la Lande » dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, et la carte de Belleyme, planche 22, fait de même. La minute d'état-major (fin XVIIIe-XIXe s.) montre un groupe de maisons, sans que son millésime local exact soit déterminé. Lu sur le document pour nom et signe ; datation des levés en source secondaire

Extrait de la carte de Cassini montrant La Lande et ses voisins, XVIIIe siècle.
Cassini, feuille 71. La Lande et ses voisins ; la carte situe l'habitat sans détailler les maisons.
Extrait de la carte de Belleyme montrant la Lande, planche 22.
Belleyme, planche 22 (AD24, 1 Fi Dordogne 13/22). « la Lande » dans le réseau de chemins.

Les photographies aériennes IGN de la couche 1950-1965 montrent encore trois groupes bâtis dans le noyau ancien ; la photographie aérienne contemporaine (orthophotographie) conserve le chemin et plusieurs implantations anciennes, avec de grandes toitures agricoles au sud et un bâti occidental élargi. Les données cadastrales de 2026 comptent quinze constructions en dur et cinq légères dans les deux périmètres Est/Ouest ; la BD TOPO donne vingt et un objets bâtiment pour environ 2 868 m² d'emprise — des écarts de segmentation, pas autant de maisons distinctes. Lu sur le document ; IGN, données du 23 septembre 2026

Photographie aérienne IGN de la couche 1950-1965 montrant Lalande.
Couche photographique 1950-1965 (IGN). Trois groupes bâtis discernables dans le noyau du hameau ; année de vol exacte non fournie.
Orthophotographie contemporaine de Lalande.
Orthophotographie contemporaine (IGN). Noyau ancien et constructions agricoles ; vol non daté dans ces données.
PopulationDix-sept recensements

De vingt-trois habitants en 1846 à huit en 1946

Pour les listes explicitement localisées, Lalande passe de vingt-trois habitants en 1846 à dix en 1856, puis oscille entre dix et treize jusqu'en 1901 ; les campagnes de 1926, 1931 et 1936 en comptent neuf, celle de 1946 huit. Ce sont des effectifs présents à des dates de recensement, non un registre des départs : ils ne mesurent pas seuls l'émigration, la mortalité ni l'effet d'une guerre. D'après les documents et un relevé des registres, dix-sept campagnes

AnnéeMaisonsMénagesHabitantsCote, vues
184666236 MI 34, p.14-15
185155186 MI 56, p11-p12
185633106 MI 72, p09L-p09R
186644106 MI 96, p09D
188133116 MI 131, p07D
189133136 MI 150, p08
190133116 MI 161, p06-p07
19263396 M 378, p05G
19363396 M 422, p04G
1946338106 W 71, p05G
1951 discordant3310106 W 71, p04 ; se réclame de 1946

Le tableau ci-dessus est un extrait des dix-sept campagnes consultées ; les années intermédiaires figurent dans l'annexe des ménages. La liste de 1836 ne nomme aucun village : le total de vingt-trois personnes qui lui est associé résulte d'un rattachement hypothétique de sept ménages, à ne jamais présenter comme un chiffre assuré. Les images de 1886 et 1911 portent la mention « commune manquante dans le registre » ; 1896 et 1906 ne figurent pas dans les documents exploités. 1836 : rattachement hypothétique

Aujourd'huiÉlevage et arboriculture

Un hameau encore agricole

Une présentation officielle de producteurs, publiée dans le bulletin municipal de janvier 2021, situe à Lalande une exploitation associant élevage bovin et broutards, châtaignes et truffes biologiques, vente directe. Ce document atteste une activité annoncée en 2021 ; il ne suffit pas à certifier son périmètre actuel, et les noms des particuliers qu'il cite ne sont pas reproduits ici. Attestation datée, non actualisée

Le RPG 2024 (registre parcellaire graphique des cultures) classe environ 10,3 ha agricoles dans les deux lieux-dits cadastraux, dont 5,8 ha de prairie permanente, 3 ha de cultures pérennes à forte biomasse, 0,9 ha de châtaigniers et 0,4 ha de verger. Le PLUi-H de 2024 (plan local d'urbanisme intercommunal) répartit les deux périmètres principalement entre espaces agricoles (≈ 15 ha) et naturels (≈ 8 ha). Aucun bâtiment noble, site archéologique ou souterrain de Lalande n'est identifié avec certitude dans les pièces examinées. RPG 2024, PLUi-H 2024, données du 23 septembre 2026

Et maintenantOù chercher

Quatre contrats de mariage, et la matrice cadastrale de 1826 (registre des propriétaires)

Les registres paroissiaux et l'état civil ont été consultés pour toutes les mentions de Lalande jusqu'à leur terme ; ce qui manque tient dans les cotes notariales et cadastrales qui transformeraient cette histoire familiale en histoire de propriétés. Quatre contrats de mariage identifiés par leur seule mention dans l'état civil restent à consulter en minute.

À consulter en salle

  • 63 P 1716
    63 P 704

    État de sections et matrice de 1826 : nature, propriétaire et surface des parcelles bâties et cours d'A2 et B1, notamment B109.

  • 3 E 11250

    Labat, minutes 1856-1857 : contrat Antoine Bizat–Marie Chavanel, 14 juillet 1857, à Beauregard.

  • 3 E 17093

    Marty, minutes 1869 : contrat Jean Bos–Marguerite Clément, 28 décembre 1869, à Vergt.

  • 3 E 14878

    Durand, minutes 1887-1888 : contrat Jean Bourg–Anne Bos, 18 novembre 1887, à Montagnac-la-Crempse.

  • 3 E 21746

    Larobertie, minutes 1889 : contrat Barthélemy Bernardie–Jeanne Bos, 12 mai 1889, à Sainte-Alvère.

  • 63 P 2192
    63 P 1547

    Matrices des propriétés bâties (1882, 1910-1955) et non bâties (1914-1955) : distinguer les deux branches Bos et la maison Bizat ; mutations Bernardie–Faure du XXe siècle.

  • II C 1332-1370
    II C 299, 301

    Contrôle des actes de Monclard, 1732-1791 ; partages 1751-1790 : chercher Bizat et Lalande dans baux, contrats et partages.

  • 24 AV, n° 132059

    Entretien de Maurice Gay, 26 avril 2012 : écouter l'enregistrement complet avant d'utiliser le souvenir du bélier hydraulique de 1931, dont la localisation à Lalande n'est pas établie.