Dossier d'archives · Dordogne

Moulin Bessou
en Villadeix

Au pied du coteau du bourg, dans le fond de la vallée de la Louyre, un moulin et sa métairie (petite exploitation agricole) ont vécu côte à côte pendant deux siècles et demi : un meunier y est attesté dès 1668, une longue suite de meuniers et de meunières — Falgueyret, Raymondie, Laval, Mauri, Rougeoir, Calvès, Roussel, Dupuis — s'y succède jusqu'en 1922, dernière mention retrouvée du métier. À côté, des laboureurs (paysans qui travaillent la terre) puis des cultivateurs propriétaires exploitent la métairie du même lieu. Le bief qui détourne la rivière est encore lisible sur le cadastre de 1824 (le plan des parcelles de l'époque) ; le hameau, resté à deux maisons pendant tout le XIXe siècle, porte aujourd'hui des activités agricoles.

44,92122° N — 0,68688° E Commune de Saint-Félix-de-Villadeix (24405) Cadastre actuel Moulin Bessou, ≈12,22 ha, 29 parcelles ; Moulin Bessou-Sud, ≈5,58 ha, 9 parcelles Site fond de vallée de la Louyre, au sud-est du bourg
1668moulin Bessou« p[rese]nte parroisse » — première mention
1737moulin Bisson5 E 409/2, v377 D
1743–1750moulin bissou / Bessau [?]5 E 409/3, v004, v012, v088 · [?] : lecture incertaine
XVIIIe s.BessouBelleyme, planche 22
1819moulin Bessous5 E 409/6, naissances, mariages, décès 1819
1824 · 1873M.in Bessoucadastre ; Gourgues, « Bessou (Le Moulin-) »
1828 · 1841 · 1921 · 1946Moulin Bessonétat civil, recensements — finale u/n incertaine
1956 → 2026Moulin Bessouplan rénové, cadastre et IGN actuels
Le siteUn moulin et sa métairie

Deux noms pour un même lieu, un bief venu de l'est

Le noyau ancien se trouve au pied du coteau du bourg, au sud-est de celui-ci, au nord de l'actuelle route de la Vallée. La Louyre traverse la vallée au nord des bâtiments, mais l'eau qui fait tourner le moulin ne vient pas directement de son cours sinueux : un canal distinct l'amène depuis l'est jusqu'au site, particulièrement lisible sur le cadastre de 1824. Le groupe de Caveroussie, de l'autre côté de la route, est un lieu voisin, à ne pas confondre avec Moulin Bessou. Cadastre 1824 · extraits IGN

Les documents désignent tantôt le moulin, tantôt la métairie du moulin, parfois l'ensemble comme un lieu ou un village. Ce n'est pas une déduction tirée après coup de deux maisons voisines : dès le 8 mai 1687, le même acte de baptême nomme un père meunier « au moulin Bessou » et un témoin laboureur « de la métairie du moulin Bessou ». La distinction se retrouve à la fin du XVIIIe siècle et se lit encore dans l'organisation des ménages des recensements du XIXe siècle : un ménage de meunier, un ménage de cultivateur, presque toujours côte à côte.

Aucun titre de maison noble, de repaire ou de « sieur de Bessou » ne se rattache aux documents consultés pour ce lieu. Des nobles de Bessou apparaissent bien dans les inventaires judiciaires de Sarlat, mais ils concernent Carves et Cladech : leur nom ne permet aucun rattachement au moulin de Saint-Félix. Recherches complémentaires, aucun lien trouvé

Plan IGN actuel situant le Moulin Bessou dans la vallée de la Louyre, au sud-est du bourg de Saint-Félix-de-Villadeix.
Localisation actuelle du Moulin Bessou dans la vallée de la Louyre. IGN, extrait du plan communal, septembre 2026.
Le nomUne forme écrite stable, une origine incertaine

Bessou, déjà écrit en 1668

Bessou apparaît dès la première mention retrouvée, en 1668 : ce n'est donc pas un nom né au cadastre. Les formes Bissou, Bisson, Bessau, Bessous et Besson traduisent des façons d'écrire variables d'un scribe à l'autre ; dans plusieurs écritures, la finale u/n est difficile à distinguer avec certitude — l'état-major porte encore « M.lin Besso[u/n] » sans trancher. On conserve donc ces réserves de lecture plutôt que de fabriquer une évolution régulière du nom, et le passage occasionnel de « moulin » à « métairie » dans une notice n'implique ni changement de nom ni abandon de la meunerie. Formes lues sur les actes et les cartes

L'étymologie reste indéterminée. Robert Geuljans relève bessou parmi les formes limousines rattachées à bes/beç, le bouleau. Mistral distingue le mot désignant le bouleau et bessoun/bessou, « jumeau », également employé comme nom de famille. Ni l'une ni l'autre de ces pistes n'a pu être démontrée pour ce lieu précis : aucune ancienne boulaie, aucun fondateur nommé Bessou, aucune paire de moulins jumeaux n'a été retrouvée dans les sources consultées. La coexistence historique d'un moulin et d'une métairie ne peut pas, à elle seule, servir d'explication au nom du lieu. Hypothèses sur le sens du mot, non démontrées ici

Avant 1668Une borne, pas une fondation

1668 est une borne documentaire, pas une date de construction

Aucune mention médiévale ou du XVIe siècle attribuable avec sûreté à ce moulin n'a été retrouvée, dans les documents consultés pour cette étude. Le 27 mai 1668, l'installation existe déjà et emploie un meunier domicilié sur place : c'est tout ce que l'on peut affirmer.

La paroisse appartient au cadre territorial de Montclar, mais ce contexte communal ne donne ni le propriétaire de Bessou, ni le seigneur auquel le moulin aurait payé une rente, ni la preuve d'un moulin banal (que les habitants devaient utiliser). L'accensement (concession d'une terre contre redevance) de 1370 établi pour Caveroque ne concerne pas, en l'état des lectures, Moulin Bessou. Aucun acte de fondation, reconnaissance féodale, bail ou règlement d'eau ancien propre à Bessou n'a été retrouvé dans les documents consultés.

Alexis de Gourgues cite en 1873 un acte de 1728, avec la référence abrégée « Not. de M. », renvoyant aux registres du notaire de Mouleydier dont il possédait cinq volumes. Il ne reproduit cependant ni l'acte, ni son objet, ni ses parties ; son entrée de 1873 qualifie le lieu de métairie, ce qui ne prouve pas que le document de 1728 employait déjà ce mot. Le registre paroissial de 1668 recule donc de soixante ans la première attestation aujourd'hui connue, par rapport à la date citée par le dictionnaire. Acte de 1728 non retrouvé

Extrait imprimé du dictionnaire de Gourgues, 1873, notice Bessou, mentionnant un acte de 1728 du notaire de Mouleydier.
Gourgues, 1873, p. 24. La notice « Bessou (Le Moulin-) », qualifiée de métairie, cite un acte de 1728 sans le transcrire.
1668–1792Meuniers, laboureurs, réseaux familiaux

Guilhaume Dumas, premier meunier nommé

Le 27 mai 1668, Guilhaume Dumas, âgé d'environ dix-huit ans, natif de Clermont, épouse une jeune femme d'environ vingt-deux ans. L'acte le dit expressément meunier et habitant du moulin Bessou ; la permission du curé de Clermont rappelle son origine extérieure à la paroisse. Le nom de l'épouse est difficile à lire : on lit Marsalle Eymery [?], là où le relevé du registre hésitait sur « Magdalaine Esmerie ». Le prénom reste incertain : l'image disponible, de mauvaise qualité, ne permet pas de trancher. Lu sur l'original · date, qualité et lieu confirmés Nom de l'épouse incertain

Acte de mariage manuscrit du 27 mai 1668 mentionnant Guilhaume Dumas, meunier et habitant du moulin Bessou.
27 mai 1668, AD24, 5 E 409/1, v028–029. Guilhaume Dumas, meunier et habitant du moulin Bessou : la plus ancienne mention aujourd'hui connue.

Les Falgueyret : plusieurs branches contemporaines

Dès les premières années du registre, une parentèle Falgueyret — écrite aussi Falgueyrat, Falqueyret, Falgairet ou Salgueyrat — est fortement représentée au lieu. Il serait erroné d'en faire un seul homme répété : les actes distinguent au contraire des frères, des cousins et des branches alliées. Le 23 avril 1680, la sépulture de Toni Falqueyret, âgé d'environ soixante-douze ans et mort la veille au moulin, cite deux fils portant tous deux le prénom de Léonard, l'un distingué par le surnom « Petit » ; tous deux laboureurs, habitant le même lieu. Ce constat, lu sur l'acte, est essentiel pour séparer les homonymes plutôt que d'en fabriquer un seul individu.

Une date corrigée

Sur l'acte, l'âge de Toni Falqueyret à sa mort est « soixante-douze ans » : le mot après « de soixante » est nettement plus long qu'un « deux » ne le serait, et se termine par un « e » avec paraphe. Une lecture plus ancienne donnait « soixante-deux ans » ; le folio porte d'ailleurs la mention d'archives « très endommagé » sur la page en regard.

Sépulture du 23 avril 1680 de Toni Falqueyret, mort au moulin Bessou, citant deux fils prénommés Léonard dont l'un dit Petit.
23 avril 1680, AD24, 5 E 409/1, v476 G. Sépulture de Toni Falqueyret ; deux fils Léonard, dont « Petit », sont cités — l'âge du défunt est de soixante-douze ans.

Une union du 25 février 1675 relie encore une famille de cultivateurs à deux familles de meuniers : Léonard Falgueyrat épouse Marie Marbatt [?], et le même jour sa sœur Jeanne Marbatt épouse le meunier Antoine Chadourne ; leur mère est alors femme d'un autre meunier, Arnaud Laval. Les Falgairet restent représentés à la métairie en 1695, sans qu'aucun acte ne prouve une propriété ou un bail transmis héréditairement.

Les meuniers des années 1670–1707

Le 16 novembre 1683, Léonard Raymondie, meunier, trente-cinq ans, du moulin Bessou, épouse Jeanne Chavaignac [?], de Cavigne. En 1687, Thoni Chadourne est meunier au moulin avec Janeton Martrat [?] ; au baptême de leur fils Pierre, le 8 mai, un meunier de Rabard participe au parrainage (il est parrain de l'enfant) et Léonard Falgairet, laboureur de la métairie de Bessou, est témoin — un acte qui montre à la fois les relations entre moulins voisins et la coexistence du travail du grain et de l'agriculture sur le site. Lu intégralement sur l'original

Acte de baptême du 8 mai 1687 nommant Thoni Chadourne, meunier au moulin Bessou, et Léonard Falgairet, laboureur de la métairie du moulin Bessou.
8 mai 1687, AD24, 5 E 409/2, v178 G. Un meunier au moulin, un laboureur à sa métairie, dans le même acte : la distinction entre les deux exploitations n'est pas une déduction tardive.

Le 30 avril 1690, le baptême d'un Pierre nomme ses parents Jean Laval, meunier, et Jeanne Ganeille, au moulin Bessou ; Arnaud Laval, meunier à Rabard, est parrain. La répétition du patronyme et du métier suggère un réseau familial entre Bessou et Rabard, sans que la filiation entre les deux hommes soit explicitement établie par ces seuls actes. Réseau Bessou–Rabard probable, filiation non démontrée

Acte de baptême du 30 avril 1690 mentionnant Jean Laval, meunier au moulin Bessou, et Arnaud Laval, meunier de Rabard, parrain.
30 avril 1690, AD24, 5 E 409/2, v242 D. Jean Laval, meunier à Bessou ; Arnaud Laval, meunier de Rabard, est parrain.

1737–1771 : Poumeau, Lacombe et Jeammet

Après les lacunes de la série paroissiale, Jean Poumeau, meunier au « moulin Bisson », est parrain à un baptême le 22 février 1737 — une présence isolée qui ne permet pas de dater sa prise d'exploitation. Les Jeammet/Jammet/Jammes sont bien implantés au lieu au milieu du XVIIIe siècle. Jean Lacombe habite le moulin au moins dès 1745 ; le baptême de Bertrand Lacombe, le 29 décembre 1750, le dit meunier et donne son épouse, Françoise Salaver. La signature du parrain, « be[r]tnard Salauer », confirme l'orthographe Salaver contre une lecture antérieure « Salaner ». Françoise est elle-même qualifiée de meunière en janvier 1762. Lu sur l'original, signature comprise

Acte de baptême du 29 décembre 1750 mentionnant Jean Lacombe, meunier du moulin Bessou, et la signature du parrain Bertrand Salaver.
29 décembre 1750, AD24, 5 E 409/3, v088 D. Baptême de Bertrand Lacombe ; la signature du parrain confirme « Salaver », contre une lecture antérieure « Salaner ».

1776–1792 : Reymondie au moulin, Durand à la métairie

À partir de 1776, des baptêmes rattachent Pierre Reymondie au moulin, d'abord avec Louise Delmas puis, en 1787–1790, avec Anne Chavagnac — sans qu'un remariage soit ici prouvé : homonymes et plusieurs générations de Pierre restent possibles. Jean Durand et Jeanne Calinel, présents dès 1787, appartiennent à la population agricole de la métairie ; plusieurs de leurs enfants y meurent en bas âge entre 1789 et 1791, dont Marie Gion, environ soixante ans, morte subitement à la métairie le 3 juillet 1791 — les actes constatent ces décès sans en donner la cause.

1793–1899Révolution et XIXe siècle

Mauri/Maury : une lignée de meuniers, des prénoms fluctuants

Le 3 mars 1794, Léonard Mauri, dix-sept ans, natif de Sainte-Foy, épouse Marie Reimondie, dix-neuf ans, fille de Reymond Reimondie, meunier du moulin Rabard. Deux témoins, Jean Duran et Marguerite Veymondie, sont déjà domiciliés à Bessou : le mariage relie ainsi deux familles de la vallée de la Louyre. Lu intégralement sur l'original

Acte de mariage du 3 mars 1794 entre Léonard Mauri et Marie Reimondie, avec des témoins domiciliés au moulin Bessou et au moulin Rabard.
3 mars 1794, AD24, 5 E 409/4, mariages an II, vue 25 G. Mariage Mauri–Reimondie : la future lignée de meuniers de Bessou s'allie à une famille du moulin Rabard.

Le 27 juillet 1800, Jean Maury, vingt-deux ans, et Marie Reymondie sont domiciliés au moulin Bessou. En 1807 puis en 1815, le père est de nouveau appelé Léonard, meunier : le rapprochement Jean/Léonard est très probable par l'épouse et les enfants communs, mais la variation du prénom est conservée sans être artificiellement résolue. Leur fils Mathieu naît au moulin le 30 mars 1828 ; à son mariage du 6 février 1850, son père défunt est appelé Léonard Mauri, meunier — le même homme apparaît donc Bernard en 1828, Léonard en 1849–1850, une divergence réelle entre deux actes primaires, non une erreur de lecture. Mathieu, meunier à son tour, épouse Jeanne Gauville, née au moulin de Lapeyrouse et alors domiciliée au moulin de Laforge, à Saint-Laurent-des-Bâtons, chez ses parents meuniers. Lu sur deux actes originaux, divergence signalée

Acte de mariage du 6 février 1850 entre Mathieu Mauri, meunier du Moulin-Bessou, et Jeanne Gauville, née au moulin de Lapeyrouse.
6 février 1850, AD24, 5 E 409/9, mariages 1850, vue 3 D. Mathieu Mauri épouse Jeanne Gauville, née au moulin de Lapeyrouse — deux familles de meuniers de la vallée s'unissent de nouveau.

Rossignol, Clamens/Clément : les familles de la métairie

Le décès de Jeanne Rossignol, deux ans, le 4 octobre 1801, distingue trois générations : son père Jean Rossignol, sa mère Anne Lacoste, son grand-père Antoine, laboureurs au moulin. Guillaume Clamens, laboureur, demeure au moulin dès 1819 ; il meurt en février 1828 dans ce que l'acte appelle le « domaine du Moulin Bessou » — un mot qui décrit l'habitation, non la propriété. Ces familles se marient et s'allient avec les Durand, les Pelogue et les Coste, sans qu'un arbre généalogique définitif puisse être reconstruit sur ces seules pièces.

Lafaye/Lafage, puis Bibie

Le 19 septembre 1834, Jean Lafaye, cultivateur de cinquante-cinq ans, meurt au moulin. Dans les recensements de 1836 à 1856, la famille Lafaye/Lafage forme le ménage agricole voisin de celui des meuniers ; en 1851, Jean Lafaye est explicitement métayer (qui exploite une terre contre une part de la récolte). Les Bibie/Bibié sont attestés au lieu à partir de 1859, avec deux fils mariés et leurs descendances suivies dans les recensements jusqu'en 1867.

Lacroix, Maisonneuve et Roussel : une continuité par Anne Chanut

Le 30 juillet 1859, Léonard Maisonneuve et Anne Chanut sont meuniers à Bessou. Léonard meurt le 4 décembre suivant. Au recensement de 1861, Anne, veuve, est inscrite comme meunière et chef du ménage, avec trois enfants Maisonneuve et Jean Roussel, meunier, « son domestique ». Le 21 octobre 1861, Anne et Jean Roussel se marient : un mécanisme familial documenté de continuité au moulin, une veuve qui dirige le ménage épousant l'homme auparavant employé chez elle. L'acte renvoie à un contrat reçu le 29 septembre 1861 par le notaire Guillaume Reynier, à Sainte-Alvère ; son contenu patrimonial n'est pas connu. Lu sur l'original

Acte de mariage du 21 octobre 1861 entre Jean Roussel, meunier, et Anne Chanut, meunière veuve, tous deux domiciliés au Moulin-Bessou.
21 octobre 1861, AD24, 5 E 409/10, mariages 1861, vue 3 D. Anne Chanut, veuve meunière, épouse Jean Roussel, meunier — auparavant son domestique selon le recensement de 1861.

Fin de siècle : Rougeoir, Calvès, Delcros et un boulanger

Victor Rougeoir et Marie Pelou, tous deux meuniers, sont installés à Bessou au plus tard le 25 octobre 1875. Le recensement de 1881 y nomme comme meuniers Pierre Calvès et Marie Landa, avec trois enfants — les Rougeoir reviennent dans les listes de 1891 et 1901 : une présence continue de cette famille entre 1875 et 1917 ne peut donc pas être affirmée. Dans l'autre ménage de 1881, Pierre Deloros/Delcros, trente-huit ans, est expressément cultivateur propriétaire, avec sa femme Catherine Mirabel — une qualification qui établit une propriété agricole, sans en donner les parcelles ni prouver que Delcros possède le moulin lui-même. Le mariage du boulanger Pierre Bazès, le 8 janvier 1884, atteste enfin l'exercice de son métier « au lieu du Moulin Bessou », un prolongement concret de la transformation du grain, sans preuve d'un four commun avec les meuniers. Recensement de 1881 lu sur l'original

Recensement de 1881 : deux ménages au Moulin Bessou, celui des meuniers Calvès et celui du cultivateur propriétaire Delcros.
Recensement de 1881, AD24, 6 MI 131, image 8399 (montage de trois recadrages). Huit habitants dans deux ménages : les meuniers Calvès et le cultivateur propriétaire Delcros.
1900–1946Dernières attestations, continuité agricole

Les Rougeoir et la Première Guerre mondiale

En 1901, Victorin Rougeoir et son fils, meuniers, sont recensés au lieu. Le 30 juillet 1902, Marie Rougeoir, née au moulin en 1878, épouse le boulanger David Antoine Magat ; elle est elle-même qualifiée de meunière, son père Victor de meunier et sa mère Marie Pelou également de meunière. « meunière » : lecture confirmée

Ce que dit vraiment l'acte

À l'acte du 30 juillet 1902, la mère de la mariée, Marie Pelou, est qualifiée de « meunière » : le mot est net et sans ambiguïté. Une lecture plus ancienne avait cru voir « sans profession » ; le relevé des registres établi pour cette étude donnait déjà « meunière ».

La fiche matricule (registre militaire) de Jean Rougeoir, classe 1895, bureau de Bergerac, n° 1274, situe sa naissance au 21 octobre 1875, alors que l'acte civil, rédigé le 26, dit expressément qu'il est né « la veille », soit le 25 octobre — la date civile est retenue, la divergence conservée. Sursis comme meunier jusqu'au 31 décembre 1914, mobilisé le 8 janvier 1915, réformé le 23 février 1916 pour une « bronchite suspecte », il meurt à Lalinde le 22 juin 1917. Entre-temps, son épouse Jeanne Hivert, meunière, meurt au moulin le 5 février 1917 ; son beau-père Victorin Rougeoir, meunier, déclare le décès. Acte de naissance de 1875 lu sur l'original, jour exact précisé

Acte de naissance du 26 octobre 1875 déclarant Jean Rougeoir né la veille au Moulin Bessou, fils de meuniers.
26 octobre 1875, AD24, 5 E 409/12, naissances 1875, vue 9 G, acte 7. Naissance de Jean Rougeoir « hier », soit le 25 — contre le 21 octobre porté à sa fiche matricule.

Dupuy/Dupuis : dernière mention positive d'un meunier

En 1921, Abel Dupuy, né en 1890, est inscrit comme charpentier de moulin, patron. Le 22 octobre 1922, Jean Abel Dupuis, né le 10 juillet 1890 à Saint-Félix-de-Villadeix, meurt à son domicile du Moulin Bessou ; l'acte le dit meunier, époux de Marthe Berthoumeyrou. C'est la dernière attestation positive de la profession de meunier retrouvée dans les documents consultés — ce n'est pas une preuve que le moulin s'arrête ce jour-là : l'acte ne donne d'ailleurs pas la cause du décès. Lu sur l'original

Acte de décès du 23 octobre 1922 déclarant Jean Abel Dupuis, meunier, mort la veille au Moulin Bessou.
22–23 octobre 1922, AD24, 5 E 409/16, décès 1922, vue 2 D, acte 4. Jean Abel Dupuis, meunier : la dernière mention positive du métier retrouvée dans les documents consultés.

Les Pralong, puis des exploitations agricoles contemporaines

Marthe Dupuis et ses deux enfants restent recensés au lieu en 1926 et 1931 ; en 1936, elle est journalière agricole (ouvrière payée à la journée) et son fils René, né en 1919, apprenti. Le second ménage de 1936 est celui de Félix François Pralong, cultivateur — présent entre les listes de 1931 et 1936, sans que l'année exacte d'arrivée soit connue. En 1946, un seul ménage de cinq personnes, celui de François Pralong, cultivateur, occupe la rubrique du lieu ; aucune pièce consultée ne décrit, après 1922, une vente du moulin, le démontage des meules ou la suppression d'un droit d'eau.

Le bâtiDe 1824 à aujourd'hui

1824 : un petit ensemble hydraulique et agricole

La feuille C1 du cadastre de 1824 représente le noyau nommé « M.in Bessou », au voisinage des numéros 254 à 264. En comptant les surfaces rouges séparées, on distingue environ sept emprises bâties, éventuellement huit si deux corps accolés sont traités séparément — mais pas sept ou huit maisons habitées : le plan seul ne permet pas de répartir logements, granges, écuries et bâtiment des machines. Les constructions se répartissent de part et d'autre d'un passage nord–sud ; à proximité immédiate du bâtiment oriental arrive le canal dérivé de la Louyre, ce qui rend très probable l'identification d'un bâtiment du moulin à cet endroit, sans permettre d'attribuer une fonction précise à chacun des corps voisins. Lu sur le plan Fonction de chaque corps de bâtiment

Cadastre de 1824, feuille C1 : environ sept emprises bâties de part et d'autre d'un passage, au Moulin Bessou.
1824, AD24, 3 P 3 4621, C1. Environ sept emprises bâties de part et d'autre du passage ; maisons et dépendances restent à identifier par la matrice cadastrale (registre des propriétaires).
Cadastre de 1824, extrait élargi montrant le bief d'amenée d'eau venant de l'est jusqu'au Moulin Bessou.
1824, extrait élargi. Le bief d'amenée depuis l'est et l'ensemble du moulin ; le plan ne date pas le premier creusement du canal.

Cassini, Belleyme et l'état-major

Sur Cassini, un signe de moulin non nommé se trouve à l'emplacement compatible avec Bessou, sous le bourg — identification très probable par comparaison avec les autres cartes, mais le nom « Bessou » n'est pas lisible sur ce signe. Belleyme fournit au contraire la lecture du nom « Bessou », associé au moulin. La carte d'état-major place « M.lin Besso[u/n] » dans la vallée et rend le dispositif rivière–canal plus lisible que Cassini, mais la plage « 1820–1866 » de la couche IGN n'est pas le millésime du levé de ce petit secteur. Identification du symbole de Cassini, très probable

Extrait de la carte de Belleyme, XVIIIe siècle, portant le nom Bessou et un signe de moulin.
Belleyme, planche 22, AD24 1 Fi Dordogne 13/22. Le nom Bessou et le signe de moulin ; millésime du levé local non déterminé.
Extrait de la carte de Cassini montrant un signe de moulin non nommé sous le bourg de Saint-Félix-de-Villadeix.
Cassini, feuille 71, Bergerac. Signe de moulin sans nom sous le bourg, très probablement Bessou par rapprochement cartographique.
Carte d'état-major du XIXe siècle portant la mention « M.lin Besso[u/n] » dans la vallée de la Louyre.
État-major, couche IGN historique 1820–1866. « M.lin Besso[u/n] » dans la vallée ; la dernière lettre du nom reste incertaine.

Plan rénové de 1956 et photographies aériennes

Sur la feuille C1 de 1956, les parcelles bâties du noyau sont 155 et 157 ; on peut compter cinq masses bâties séparées, ou six corps en distinguant deux parties jointives. L'orientation du dessin diffère de celle des extraits photographiques : une comparaison rigoureuse doit s'appuyer sur le tracé du chemin et du canal, pas sur la seule position des bâtiments dans l'image.

Plan cadastral rénové de 1956, section C1, parcelles bâties 155 et 157 du Moulin Bessou.
1956, AD24, 3 P 3 11288, plan rénové C1. Parcelles bâties 155 et 157, cinq masses séparées ; l'orientation du plan diffère de celle des vues aériennes.

La photographie classée « ortho1950 » montre un noyau compact, un chemin d'accès et la végétation liée à la vallée. Sur l'image classée « ortho1965 », un bâtiment agricole allongé supplémentaire apparaît côté occidental de l'ensemble — une modification entre les deux états, sous réserve de la datation exacte des prises de vue, qu'aucune fiche de vol n'est venue confirmer ici. Datation relative de l'agrandissement, millésimes des vols à confirmer

Photographie aérienne ancienne dite « 1950 » du Moulin Bessou : noyau compact, chemin d'accès et végétation de la vallée.
État aérien ancien, fichier dit « 1950 ». Noyau compact, chemin et végétation de la vallée ; date exacte du vol à confirmer.
Photographie aérienne dite « 1965 » du Moulin Bessou : un grand volume agricole allongé apparaît par rapport à l'état précédent.
État aérien, fichier dit « 1965 ». Un grand volume agricole allongé apparaît par comparaison avec l'état précédent.

L'orthophotographie (photo aérienne) récente conserve le noyau ancien et montre d'autres volumes agricoles ; elle permet de suivre des emprises de toits et des accès, pas de dater les murs, ni de démontrer une conservation intégrale des bâtiments de 1824, ni d'identifier une roue à l'intérieur. Le rendu LiDAR (relevé laser du relief) aide à lire le relief bas de la vallée ; aucun vestige archéologique propre à Bessou n'est attribué sur ce seul rendu.

Orthophotographie récente du Moulin Bessou : noyau ancien conservé et volumes agricoles voisins.
Vue aérienne récente. Maintien du noyau et volumes agricoles voisins ; elle ne permet pas de constater l'état intérieur du moulin.
Rendu LiDAR du relief de la vallée au voisinage du Moulin Bessou.
Relief LiDAR de la vallée au voisinage du moulin. Aucun vestige archéologique n'est attribué sur ce seul rendu.
PopulationDeux maisons, un siècle et demi

Un maximum de 18 habitants, en 1851 et 1856

Les chiffres qui suivent concernent la rubrique Moulin Bessou des listes nominatives, pas l'ensemble de la vallée. « Non établi » n'équivaut jamais à zéro ; les maisons recensées sont des unités administratives habitées, à distinguer des sept emprises bâties du plan de 1824.

AnnéeMaisonsMénagesHabitantsRéserve
1836non indiqué215rattachement au lieu très probable
1841non établi216—
18462217—
18512218maximum de la série
18562218maximum de la série
18612212lu sur l'original
18662215—
1872———aucune rubrique séparée ; pas preuve de dépeuplement
1876227—
1881228lu sur l'original
1891227—
1901227—
1921236lu sur l'original
1926235—
1931235—
1936228lu sur l'original
19461 (liste) / 2 (récap.)15écart sur les maisons conservé
1951216fiche se référant à 1946, pas une nouvelle campagne

La baisse à sept habitants en 1876 traduit aussi le remplacement des grands ménages agricoles élargis par des groupes plus petits ; elle ne suffit pas à expliquer les départs ni à dater une crise du moulin. Les années 1886, 1896, 1906 et 1911 ne figurent pas dans les documents consultés, sans qu'on en conclue que leurs documents n'existent plus. Les femmes n'y sont pas seulement désignées comme épouses : Marguerite Veymondie en 1794, Marguerite Mauri en 1815, Jeanne Coste en 1851, Anne Chanut en 1861, Marie Landa en 1881, Marie Rougeoir en 1902 et Jeanne Hivert en 1917 sont explicitement qualifiées de meunières.

Aujourd'huiUne vocation agricole

Le nom du lieu subsiste, le fonctionnement du moulin n'est pas documenté

Une annonce parue dans Dordogne Libre le 8 décembre 2020 rapporte une délibération intercommunale du 24 novembre 2020 étendant le droit de préemption pour un projet économique et agricole, citant au lieu « Moulin-Bessou » les parcelles C0139, C0149 et C0150 — sans prouver ni acquisition effective, ni modification du moulin.

Le relevé cadastral communal du 23 septembre 2026 distingue Moulin Bessou, environ 12,22 hectares et 29 parcelles, et Moulin Bessou-Sud, environ 5,58 hectares et neuf parcelles — deux périmètres cadastraux portant ces noms de lieux, à ne pas confondre avec la superficie d'une propriété historique unique ; la seconde zone ne comporte pas de bâti. La même compilation donne douze objets bâtis, environ 1 627 m² d'emprise dans la BD TOPO, et environ 10,78 hectares déclarés en 2024 au RPG (registre des déclarations des agriculteurs), notamment prairies, avoine et maïs. Le carnet d'adresses municipal de novembre 2025 indique au lieu une activité d'élevage bovin, veaux sous la mère et céréales, ainsi qu'une ferme maraîchère biologique. Aucune pièce consultée ne confirme en revanche un fonctionnement actuel du moulin, une ouverture au public, la conservation des meules ou la reconnaissance patrimoniale d'un mécanisme. État actuel du mécanisme non documenté

Et maintenantOù chercher

De l'histoire des occupants à celle des biens

Les registres paroissiaux et l'état civil rattachés au lieu ont été consultés, les actes principaux sur l'original ; ce qui manque encore tient surtout aux matrices cadastrales et aux minutes notariales, qui donneraient enfin les propriétaires successifs du moulin et de sa métairie.

À consulter en salle

  • 63 P 1716
    63 P 704

    État de sections A–E et matrice bâtie/non bâtie de 1826 : relever les parcelles autour de C254–264, isoler moulin, maisons, dépendances, canal et terres.

  • 63 P 2192
    63 P 1547/1-3

    Propriétés bâties de 1882 et matrices de 1910–1955 : identifier les comptes contemporains des Calvès, Delcros et Rougeoir ; raccorder aux parcelles 155 et 157 de 1956.

  • 3 E 25184

    Sarlandie de la Robertie, Sainte-Alvère, 1909–1910 : le contrat du 6 juin 1910, Jean Danier–Catherine Mirabel, apports et éventuels droits sur Bessou.

  • 3 E 21716

    Minutes Reynier classées sous Joseph, 1861 : rechercher le contrat Roussel–Chanut du 29 septembre 1861, en vérifiant d'abord la discordance Guillaume/Joseph avec l'archiviste.

  • 6 M 513 · 518 · 524

    Statistique générale et tableaux des moulins de l'arrondissement de Bergerac, an X–an XII : retrouver la déclaration propre à Bessou et contrôler l'unité des « quatre meules » rapportées pour 1789/an IX.

  • 7 S 98 · 100 · 117

    Curage des cours d'eau de Saint-Félix : chercher Louyre, canal de Bessou, propriétaires riverains, prises d'eau, plaintes et règlements d'eau du moulin.

  • 179 Q · 180 Q
    178 Q · 183 Q · 421 Q

    Tables des acquéreurs/vendeurs du bureau de Lalinde, mutations par décès, successions, baux : cibler 1849–1853, le décès de Delcros en 1907 et celui de Dupuis en 1922.

  • 1001 Q

    Hypothèques de Bergerac : transcriptions des ventes, puis origines de propriété.

  • 3 E 8665-8696

    Perrot, notaire à Saint-Georges-de-Montclard, 1748–1792 : contrats, fermes et inventaires des Lacombe, Jeammet, Reymondie et Durand ; nom du bailleur du moulin et de la métairie.

  • AN, 109 AP

    Collection du vicomte de Gourgues : provenance et sort des registres du notaire de Mouleydier, pour retrouver l'acte de 1728.

  • 1 R, matricule 1274

    Compléter la fiche de Jean Rougeoir et rechercher la transcription de son décès à Saint-Félix, pour confirmer l'identité avec l'« Henri Rougeoir » du monument aux morts.

Ne pas commander 7 S 69 comme un dossier de Moulin Bessou : cette référence du répertoire concerne le moulin Blanchard, sur le Caudeau, classé sous la commune sans être ce moulin de la Louyre.