Dossier d'archives · Dordogne
Neuf parcelles de prés au bord du ruisseau de Barbeyrol, au pied du Cirier — et un piège pour qui les confond avec le village voisin du même nom. Un « Castang » habité existe bien tout près, mais de l'autre côté de l'eau, en commune de Saint-Marcel-du-Périgord : quatorze mentions d'archives, de 1670 à 1843, s'y rapportent sans ambiguïté. Sur la rive de Saint-Félix, le nom n'apparaît que sur le cadastre actuel, jamais sur celui de 1824 : une bande de terres restée, aussi loin qu'on la suive, sans maison et sans histoire nominative propre.
Tous les lieux-dits de Saint-Félix-de-Villadeix
Le lieu-dit cadastral « CASTANG » de Saint-Félix-de-Villadeix est une bande de terres allongée dans le fond de vallée, entre le ruisseau de Barbeyrol et le bas du versant du Cirier. Le cadastre actuel y compte neuf parcelles, D 320 à D 328, pour une surface recalculée de 5,3523 ha. Aucun bâtiment cadastral n'y figure dans les données consultées : ce sont des terres, pas un écart habité identifié par l'enquête. Cadastre Etalab, calcul personnel
À environ 704 mètres au sud-sud-ouest, de l'autre côté du ruisseau, se trouve un second objet cadastral et IGN portant exactement le même nom : le village habité de Castang, classé par l'IGN « Lieu-dit habité », qui relève d'une commune distincte, Saint-Marcel-du-Périgord (24445). Les deux communes possèdent chacune leur propre polygone « CASTANG », confirmé par le cadastre comme par l'IGN. Saint-Marcel figure toujours comme commune à part entière au Code officiel géographique de l'INSEE en 2026 : rien ne permet de dire qu'elle aurait un jour cédé ce territoire à Saint-Félix. IGN BD TOPO, INSEE COG 2026
C'est cette distinction qui organise toute la présente notice. Le partage d'un même nom de part et d'autre de la limite communale pourrait signaler une relation foncière ancienne — un seul domaine, coupé en deux par la rivière, ou des terres du village exploitées sur l'autre rive. Aucune pièce consultée ne l'établit : la communauté du nom n'est pas une preuve de communauté de propriété. Une quinzaine d'actes parfois rattachés à ce lieu-dit concernent en réalité, sans exception démontrable, le village de Saint-Marcel ; ils sont conservés ici comme tels, avec la mention ext:Saint-Marcel-du-Périgord, et non comme une histoire habitée des terres de Saint-Félix. Rapprochement géographique, propriété non démontrée
Pour le territoire de Saint-Félix, la seule forme directement localisée avec certitude est « CASTANG », telle qu'elle figure dans le cadastre numérique actuel. Les champs de cet objet portent une création au 20 octobre 2016 : cela date l'objet informatique, pas la naissance du toponyme (nom de lieu). Le plan de 1824 ne nomme Castang nulle part dans le secteur reconnu — un silence qui ne prouve rien en soi, mais qui prive la notice de tout point d'ancrage antérieur au XXIe siècle pour ces terres précises. Cadastre actuel · plan de 1824
Les formes Castaing, Castan, Castant et Castang des XVIIe-XIXe siècles sont, elles, bien attestées — mais toutes dans des actes qui situent explicitement le village en paroisse (circonscription ancienne, devenue la commune) puis commune de Saint-Marcel. Le nom Grand-Castang, relevé par ailleurs, doit rester un avertissement d'homonymie parmi d'autres, non une variante normalisée de ce lieu-ci.
Le rapprochement avec la famille occitane de mots issus du latin castanea, le châtaignier, est plausible : Robert Geuljans a étudié cette famille lexicale et ses emplois toponymiques. Mais il ne démontre l'origine d'aucun Castang en particulier. On ne peut donc affirmer ni qu'une châtaigneraie occupait ces prés, ni qu'un lien quelconque unit le nom à « p. de Castaneto », un débiteur de la paroisse de Saint-Félix mentionné en 1371 — une coïncidence de racine latine, pas une identification. Étymologie de la famille du mot, pas de ce lieu précis
Le registre du notaire de Montclar, Arnaud Lacot, analysé au XIXe siècle par l'abbé Lespine, contient un acte du lundi après la Fête-Dieu 1371 : une obligation qui lie un certain « p. de Castaneto », de la paroisse de Saint-Félix, à Guillaume de Campnhaco, qualifié de damoiseau. Le texte ne contient ni « sieur de Castang », ni description d'un domaine, ni parcelle à localiser ; l'initiale « p. » ne doit pas être développée silencieusement en un prénom.
La qualification de « damoiseau » (l'abréviation « Deau », développée D[amois]eau) appartient au prêteur, Guillaume de Campnhaco — non au débiteur. Une troisième occurrence de la même abréviation, appliquée nommément au même homme sur le même folio (« Guillaume de Campnhaco, Deau de Montclar »), le confirme sans ambiguïté. La qualité noble n'est donc, en tout état de cause, pas celle de « p. de Castaneto ».
L'identification de ce nom de personne avec les terres cadastrales actuelles reste une pure hypothèse, à deux niveaux : que le débiteur ait été appelé d'après un lieu nommé Castaneto/Castang, et que ce lieu soit celui de Saint-Félix plutôt que le village voisin. Aucun élément du texte ne permet de trancher. De même, l'entrée de 1203 imprimée par Gourgues — « Chastanh » — concerne explicitement, dans sa propre notice, les hameaux « Castang (Grand et Petit) » de la commune de Saint-Marcel, rattachés à des rentes dues au seigneur de Taillefer et à une dépendance du prieuré de Guillegorse : rien n'autorise à la reporter sur le lieu-dit de Saint-Félix. Deux hypothèses non tranchées
Les registres paroissiaux de Saint-Félix, consultés pour les mentions de ce nom, livrent quatorze occurrences entre 1670 et 1770. Treize désignent explicitement, en toutes lettres, la « paroisse » puis la « commune de Saint-Marcel » ; la quatorzième, un acte du 26 avril 1752, ne laisse lire qu'un nom tronqué par la reliure, « cast[…] », sans la certitude qu'il faille le restituer en Castang. Le fait que ces personnes apparaissent comme parrains, marraines (ceux qui tiennent l'enfant au baptême), conjoints ou défunts dans les registres de Saint-Félix ne les domicilie pas dans cette paroisse : elles y viennent en visite, pour un mariage ou une sépulture, depuis le village voisin. Quatorze actes lus sur l'original
La mention la plus ancienne assurée est un double mariage du 31 août 1670 : Marie Maignac de Castaing épouse Léonard Falgueyrou, du moulin Besse ; le même jour, son frère Pierre Maignac, de « Castaing paroisse de St Marcel », épouse Marie Falgueyrou, du même moulin. C'est un réseau familial entre le village de Saint-Marcel et le moulin Bessou de Saint-Félix — pas une succession de propriétaires sur la bande de terres appelée aujourd'hui Castang.
Un an plus tard, le 4 octobre 1671, Marie Lacoste, femme de Gaudy Fageton, travailleur à bras, est dite marraine, « habitants du village de Castaing paroisse de St Marcel ». D'autres occurrences suivent jusqu'en 1770 — Chusel-Lauat, Tamarelle, Rey, Moulinier, Fontagrive, Chadourne, Durestal — avec des liens vers Caveroque, le Pigat, Caveroussie, Pommegal, les Quatremailles et le Cirier, sans qu'une filiation continue entre ces porteurs de noms soit démontrée.
Au XVIIIe siècle, la carte de Belleyme représente des vignes sur le versant méridional du Cirier et place « le Castang » au sud du ruisseau — dans le village, donc, pas sur la rive nord de Saint-Félix. Une graphie qui, à basse résolution, peut se lire « le Callang » par confusion de ligature ; comparée à l'index toponymique de la planche et à la graphie identique de « Gros Castang » un peu plus au sud sur la même feuille, la lecture « le Castang » est confirmée. Lu sur la planche, formes comparées
Le 14 février 1797 (26 pluviôse an V), Antoinette Saugère, 25 ans, fille de Martin Saugère, cloutier, et de Marguerite Cluzel, épouse Pierre Couleau, du Sirié. Le domicile de la famille Saugère est « à castan commune de St Marcel ». Ce métier artisanal appartient à l'histoire du village voisin, non à celle des terres de Saint-Félix.
Le plan cadastral de 1824 confirme, du côté de Saint-Félix, un fond de vallée découpé en parcelles étroites au bord du ruisseau, sans aucun bâtiment dans le secteur reconnu — et sans que le nom Castang y soit inscrit nulle part. Les propriétaires, les natures de culture et la correspondance avec les numéros rénovés D 320-328 restent inconnus tant que l'état de sections et les matrices (registres cadastraux des propriétaires) n'auront pas été consultés en salle. Lu sur le plan
Les mariages de Pierre Ferrié, en 1840 puis en 1843, montrent un déplacement depuis Castang de Saint-Marcel vers le village des Granges, à Saint-Félix — jamais l'inverse, et jamais une installation à Castang côté Saint-Félix. Les deux actes divergent sur le prénom du père du marié (Jean en 1840, Pierre en 1843) et sur la date de son décès (13 novembre 1839 contre 13 novembre 1832, même jour et mois). L'acte de 1843 précise que l'époux est veuf et cite l'acte de décès de sa première femme : un remariage du même homme, plausible, plutôt qu'un doublon de transcription — mais la filiation exacte reste à trancher sur les registres de Saint-Marcel, non par harmonisation des deux textes. Identité entre les deux actes : plausible, non prouvée
La colonne « portée » sépare systématiquement le village de Saint-Marcel des terres de Saint-Félix. Aucune ligne de ce tableau ne doit être lue comme une attestation du parcellaire actuel sans cette réserve.
| Date | Forme | Source | Portée |
|---|---|---|---|
| 1203 (rapporté 1873) | Chastanh | Gourgues, p. 56 | Hameaux de Saint-Marcel selon l'auteur ; acte non vu SEC |
| 1371 | p. de Castaneto | Lespine, fol. 129v | Nom de personne, paroisse de Saint-Félix ; lien avec le lieu non établi HYP |
| 13 avr. 1670 | Castaing | 5 E 409/1, v119 D / v121 G | Paroisse lue « St Maurice » [?] (lecture incertaine) ; rattachement suspendu |
| 31 août 1670 | Castaing | 5 E 409/1, v129 D / v131 G | Saint-Marcel ; double mariage Maignac LU |
| 1671-1674 | Castaing | 5 E 409/1, v188 G, v192 G, v278 D, v296 G | Domiciles à Saint-Marcel LU |
| 27 nov. 1695 | Castang | 5 E 409/2, v331 D | Saint-Marcel LU |
| 12 nov. 1738 | castang [?] | 5 E 409/2, v393 G | Défunte de Saint-Marcel, inhumée à Saint-Félix |
| 1744-1754 | Castan / Castant | 5 E 409/3, v22 G, v108 G-D, v138 G, v140 G | Village de Saint-Marcel LU |
| 1757-1770 | Castang | 5 E 409/3, v168 G, v260 G, v318 D | Saint-Marcel LU |
| XVIIIe s. | le Castang | Belleyme, planche 22 | Village au sud du ruisseau LU |
| 14 fév. 1797 | castan | 5 E 409/4, R4 v06 G | « commune de St Marcel », famille Saugère LU |
| 1824 | — absent — | 3 P 3 4624, section D2 | Aucun nom inscrit dans le secteur LU |
| XIXe s. | Castang | IGN, état-major | Maisons au sud, hors Saint-Félix LU |
| 1840 · 1843 | Castang | 5 E 409/8-9, actes 5 | Naissance de Pierre Ferrié, Saint-Marcel ; domicile aux Granges LU |
| 2016 → | CASTANG | Cadastre Etalab, 24405 | Attestation certaine sur les terres de Saint-Félix ; ancienneté réelle inconnue LU |
D'autres mentions, repérées entre 1672 et 1878 dans des index, désignent toutes le même village de Saint-Marcel ; elles n'ont pas toutes été lues sur l'image du registre et ne sont donc pas retenues ici comme lues sur l'original.
Sur les trois orthophotographies (photos aériennes) disponibles — la couche aérienne IGN 1950-1965, 1965-1980 et l'orthophotographie actuelle — le fond de vallée nord se présente comme une bande ouverte, sans toit visible dans le contour cadastral reporté. La date exacte de chaque prise de vue n'est pas fournie par les seuls extraits consultés ; on ne les présente donc pas comme des clichés certains de 1950 ou de 1965. Le plan d'eau visible au sud du ruisseau, sur la vue actuelle, est extérieur au polygone de Saint-Félix. Trois millésimes comparés
L'extrait LiDAR HD (relevé laser du relief) permet de lire le coteau et le fond de vallée sans qu'aucune structure archéologique ne s'y distingue avec certitude. Les feuilles de cadastre rénové de 1956 disponibles ne couvrent que les sections A et C ; elles ne documentent donc pas cette partie de la section D. Aucun vestige identifié, pas une preuve d'absence
Aucun ménage n'est localisé avec certitude sur le terrain actuel avant 1824 ; « p. de Castaneto » ne constitue en rien une chaîne de propriétaires. De 1824 à 1913, les tables consultées n'identifient aucun ménage « Castang » de Saint-Félix — mais l'état de sections (63 P 1716) et la matrice (63 P 704), seules pièces capables de trancher, n'ont pas encore été consultées. De 1914 à 1955, les photographies disponibles restent compatibles avec des terres non habitées ; les matrices non bâties 63 P 1547/1-2 restent également à consulter. Aujourd'hui, aucun bâtiment ne figure dans le polygone cadastral, et le registre parcellaire graphique n'identifie ni exploitant ni propriétaire nommément.
Les dix-sept fichiers annuels de recensement, de 1836 à 1946, ont été examinés : aucun ne rattache un ménage à castang. Ce n'est pas un effectif nul mesuré, seulement l'absence du lieu dans le relevé de recensement de chaque année ; en 1846, par exemple, « castang » figure explicitement parmi les lieux-dits, sans ménage rattaché. Dix-sept recensements sans mention
Un domicile au Cirier ou à Castang de Saint-Marcel n'établit pas qui cultivait les neuf parcelles. Aucune répartition entre maîtres, métayers, colons ou domestiques n'est donc proposée pour ce lieu ; ce silence documentaire est le constat le plus honnête que permettent les sources réunies ici.
Le Registre parcellaire graphique 2024 classe environ 4,50 ha du lieu-dit en prairie permanente, code PPH — 0,0193 ha et 4,4810 ha de deux objets distincts, recalculés en Lambert-93. Le plan local d'urbanisme intercommunal, document daté du 26 novembre 2024, place environ 5,095 ha en zone Atvb, agricole protégée, et 0,257 ha en zone N, naturelle et forestière ; une couche « zone humide » y intersecte environ 5,03 ha, avec des haies et ripisylves signalées à préserver. Données originales, calcul personnel
Le lieu intersecte enfin, sur environ 13 % de sa surface, la ZNIEFF de type I n° 720012869, « Coteaux xérothermiques de Sainte-Foy-de-Longas » — un calcul tiré du relevé environnemental, non refait ici. Aucun nom de propriétaire ou d'exploitant contemporain n'est publié ici, et aucune visite sur place n'a été effectuée.
La voie la plus directe vers une première attestation du nom sur les terres de Saint-Félix passe par les deux pièces cadastrales du XIXe siècle qui n'ont pas encore été consultées en salle. Elles seules diraient si les anciennes parcelles du fond de vallée D2 portaient déjà, avant 1824, un nom apparenté à Castang.
État de sections A à E, sans date : relever les noms de lieux, propriétaires, contenances et natures de culture des anciennes parcelles du fond de vallée D2. La pièce la plus susceptible de livrer une première attestation.
Matrice des propriétés bâties et non bâties, 1826 : suivre les comptes repérés dans l'état de sections, mutations, folios d'entrée et de sortie, propriétaires éventuellement domiciliés au village voisin.
Non-bâti, 1914-1955 : poursuivre la chaîne des propriétaires et vérifier d'éventuels regroupements ou divisions de parcelles.
Propriétés bâties, 1882 et 1910-1955 : vérifier une éventuelle maison ou dépendance mentionnée par une mutation. Ces registres ne préjugent en rien d'un bâti à Castang.
Plans de 1824, sections D2 et D1 (déjà numérisés) : raccorder les parcelles identifiées par les registres au plan ancien, une fois le tableau de correspondance retrouvé.
Fonds cité par l'inventaire pour « Grand-Castang », avec d'autres communes : à vérifier, sans certitude qu'il concerne ce Castang-ci.
Naissances de septembre 1822 et décès paternels de 1832 et 1839, pour trancher la filiation exacte de Pierre Ferrié entre les deux actes de 1840 et 1843.