Dossier d'archives · Dordogne
Un petit écart du sud de la commune, sur le versant qui domine le Barbeyrol, dont toute l'histoire connue tient en trente ans : un cantonnier (ouvrier chargé de l'entretien des routes) venu du Lot en 1866, un couple de vieux cultivateurs qui s'éteint en 1876, une mère et son fils qui n'y restent que six semaines en 1880, puis une famille Bannes qui y devient, en 1891, « propriétaire cultivateur ». Une sépulture de 1680, longtemps rattachée au lieu, n'en parlait pas : elle disait « des Granges ». Après 1897, le silence est presque total.
Tous les lieux-dits de Saint-Félix-de-Villadeix
Les Plans se trouvent dans le sud de la commune, sur le versant situé au nord du Barbeyrol, à l'est du Cirier et au sud de Caveroussie. Le point de repère du lieu-dit est à 44,91414° N, 0,68648° E. Le plan IGN y montre un très petit ensemble bâti, desservi par un accès qui se détache de la route du Barbeyrol ; la BD TOPO situe le sol des deux objets bâtis autour de 146-148 m. Carte IGN et photo aérienne
Le périmètre cadastral contemporain nommé LES PLANS couvre environ 15,11 hectares et vingt parcelles de la section D : 301 à 315, 317, 318, 319, 338 et 339. C'est l'étendue d'un lieu-dit cadastral d'aujourd'hui — pas la superficie démontrée d'une propriété historique ni celle d'une exploitation unique. Trois polygones bâtis cadastraux et deux objets BD TOPO s'y trouvent ; ces découpages ne dénombrent pas la même chose.
Le statut historique établi est celui d'un écart d'une maison habitée, accueillant un cantonnier puis des cultivateurs. Aucun des actes retenus ne donne aux Plans le titre de maison noble, repaire, château ou moulin ; aucun « sieur des Plans » n'y a été trouvé, et le terme de métairie (petite exploitation agricole) ne peut pas davantage lui être attribué à partir des documents disponibles. Recensements, actes d'état civil et registres paroissiaux
Les formes lues sont « Aux Plants » en 1866, « Plants » aux recensements de 1872, 1876 et 1891, « lieu des Plants » dans les actes de 1874, 1880 et 1883, « lieu du Plan » en 1887, puis « lieu du Plant » en 1895 et 1897. Brugière écrit « les Plants ». L'usage administratif récent est « Les Plans » ; l'IGN emploie « les Plans » et le cadastre « LES PLANS ». Actes et listes cités, document municipal 2024, plan IGN
Le rapprochement de Plan/Plant avec Les Plans est très probable, mais il ne repose pas sur la seule ressemblance des mots : Pierre Bannes en 1887, Marie Maury en 1895 et Raymond Bannes en 1897 appartiennent au même foyer que celui recensé sous « Plants » en 1891 et attesté sous « Plants » en 1883. C'est cette continuité familiale qui porte l'identification. Identification très probable, fondée sur la continuité du foyer Bannes
Robert Geuljans rattache l'occitan plan, nom d'une surface plane, au latin planus : une désignation topographique d'un terrain relativement plat ou d'un replat est donc envisageable ici. C'est une hypothèse locale — aucune forme médiévale ne vient établir l'étymologie des Plans de Saint-Félix, et l'écriture « Plants » ne suffit pas à prouver une origine liée à des plantations. Hypothèse d'étymologie, non démontrée pour ce lieu précis
Les Plans ne doivent pas être confondus avec le Placial, nommé séparément dans la liste de Brugière. Gourgues ne fournit pas d'entrée locale « Plans » ou « Plants » dans son dictionnaire de 1873 (pp. 241-242) ; son « Plant-du-Prêtre » concerne Beleymas. Cette omission, postérieure au recensement de 1866, montre justement qu'une absence de dictionnaire ne démontre pas l'inexistence d'un lieu.
Aucune mention médiévale ou antérieure à 1668 des Plans n'a été retrouvée dans les documents consultés, et aucun cens, hommage, accensement ou titre foncier ne permet de rattacher ces terres précises à un seigneur ou à une tenure. Le cadre seigneurial général de Montclar ne remplace pas une preuve de dépendance des Plans eux-mêmes : il n'est donc possible de donner ni date de fondation ni premier propriétaire.
Un ancien relevé des registres paroissiaux proposait, avec des points d'interrogation, une sépulture du 22 novembre 1680
« aux Plans ». Sur la vue 494 du registre 5 E 409/1, l'angle brûlé rend une partie de
l'identité difficile à lire, mais le domicile répété à la fin se lit clairement
« desd. granges ». L'acte ne concerne donc pas les Plans ; le baptême de Léonard
Pitou du 14 janvier 1680 (vue 466) situe d'ailleurs Pierre Pitou et Marie Coustilhe aux Granges.
Ailleurs, la recherche des formes Plan, Plans, Plant et Plants dans les registres paroissiaux 1668-1792 ne livre aucune autre occurrence utilisable pour le lieu. La première mention sûre retrouvée est donc « Aux Plants », au recensement de 1866.
La carte de Cassini ne porte ici ni nom ni maison individualisée, mais sa petite échelle et la localisation approximative du site interdisent d'en tirer une preuve absolue de terrain inhabité.
En 1866, Jean Ladgié, 33 ans, cantonnier, habite « Aux Plants » avec Marie Javerzac, 27 ans, et leurs filles Marie, 2 ans, et Jeanne, 5 mois. Le registre porte une maison et un ménage ; il ne donne pas leur statut de propriétaires ou de locataires. Recensement de 1866 lu sur l'original
Le mariage du 21 août 1862 permet de retrouver leurs origines. Jean, 29 ans, est né dans la commune de Salviac, dans le Lot, et demeurait alors à Leymarie ; il est fils de Marie Ladgié, son père n'étant pas désigné. Marie Javerzac, 24 ans, est née à Lapalu et demeurait à Lavalette ; elle est fille de Jean Javerzac et de Marie Longin [lecture incertaine]. Un contrat avait été reçu le 5 août 1862 par Me Labat, à Beauregard ; il n'a pas été consulté. Les filles Marie et Jeanne sont nées à Leymarie, le 25 août 1863 et le 19 janvier 1866 : sans document immobilier, le changement de libellé du domicile entre l'acte de janvier 1866 et le recensement de la même année ne date pas à lui seul un déménagement matériel.
En 1872, les Ladgié sont recensés à Labouyguette, tandis que les Charrière sont aux Plants. À partir de 1876, les Ladgié sont suivis à la Combe de Lugon, où Jeanne se marie en 1884 et Marie en 1888. L'expression « échange de maisons » entre les deux familles irait au-delà des preuves : un échange juridique, une vente ou un bail ne sont pas démontrés. Aucune transaction foncière retrouvée
Pierre Charrière est inscrit en 1872 sous une forme écrite pouvant se lire « Chamière » ou « Chanière » : il a 73 ans, cultivateur, et vit avec Marie Verrouilh, 69 ans. Ils s'étaient mariés le 21 août 1860, déjà veufs l'un et l'autre : Pierre, né et domicilié à Labouyguette, fils de Marc Charrière et Anne Millial ; Marie, née et domiciliée aux Pigats, fille de Jean Verroul et Anne Falgueiret. Un contrat de mariage avait été reçu le 2 août 1860 par Me Reynier, à Sainte-Alvère. Recensement de 1872 et acte de mariage de 1860 lus sur l'original
Marie Verrouil meurt aux Plants le 30 juin 1874, à quatre heures du matin, à 71 ans, dite cultivatrice, épouse de Pierre Charrière. Les déclarants, Jean Carbonnel et Pierre Chort, sont des voisins de Caqueroussie — forme ancienne de Caveroussie.
Deux ans plus tard, Pierre, cultivateur veuf de 78 ans, constitue à lui seul le ménage des Plants ; aucun décès ni acte de départ n'a été identifié après cette mention.
Le 6 juillet 1880, à trois heures du matin, Louis Béleyme naît au lieu des Plants. Sa mère, Anne Béleyme, a 27 ans et est cultivatrice domiciliée sur place ; l'acte indique un père inconnu. La déclaration est faite par Marie Tauvat, épouse de Pierre Chort, cultivatrice de Caqueroussie, dite « témoin de l'accouchement » — le document atteste cette assistance de voisinage, sans qualifier la déclarante de sage-femme. Acte de naissance lu sur l'original
Louis meurt le 16 août suivant à seize heures, au même lieu, âgé de six semaines ; la cause n'est pas indiquée. Ces deux actes ne disent pas depuis quand Anne demeure aux Plants, avec qui elle y vit, ni combien de temps elle y reste ensuite.
Une Anne Beleyme de même génération, née à Courteille (Saint-Laurent-des-Bâtons), veuve de Charles Pierre Peytaud, épouse Jean Filet le 31 janvier 1877 : l'identité avec la mère de Louis n'est pas établie, et il serait prématuré de lui attribuer cette union. Inversement, « père inconnu » ne prouve pas le célibat de la mère. Homonyme : on ne les confond pas
La famille Bannes–Maury se suit avant son passage aux Plans. Au mariage du 20 février 1854, Raymond Banes, cultivateur de 29 ans, né à Sucat [lecture à conserver prudemment], commune de Saint-Georges-de-Monclard, demeure à Labrugière ; ses parents sont Arnaud Banes et Marie Greilh, cultivateurs au même lieu. Marie Mauri, 32 ans, couturière, née au Moulin Bessou, est fille de feu Bernard Mauri et de Jeanne Coste, meunière à Saint-Martin-des-Combes.
Les recensements les placent ensuite aux Quatremailles (1856, 1861, 1866) puis au bourg (1872, 1876, 1881), Raymond y étant journalier (ouvrier payé à la journée), entrepreneur, puis cultivateur — des mots qui ne suffisent pas à reconstituer ses revenus. En 1881, au bourg, le ménage compte Raymond, 57 ans, Marie, 60 ans, et trois fils : Arnaud, cultivateur ; Léonard, sabotier ; Pierre, cultivateur.
Le 5 décembre 1883, au mariage de Léonard avec Marie Coste, ses parents sont domiciliés au lieu des Plants — leur changement de domicile est donc encadré par ces deux documents. Le mariage de Léonard n'est pas pour autant une transmission prouvée des Plans : le marié demeure lui-même au bourg.
Le 24 septembre 1887, Pierre Bannes, 26 ans, cultivateur domicilié au lieu du Plan, déclare le décès de Jean Lacroix, meunier mort la veille au Moulin de Rabar — ni ce moulin, ni ce domicile, ni ce décès ne doivent être transférés aux Plans. L'acte porte l'année écrite « mil huit cent quatre-vingt quatre » [sic] ; la datation en 1887 est rétablie par l'en-tête annuel du registre et par les actes immédiatement voisins, du 6 septembre et du 28 octobre 1887, ainsi que par l'âge de Pierre, cohérent avec sa naissance de 1861. Discordance de date résolue par le contexte du registre
En 1891, une seule maison et un seul ménage de trois personnes sont recensés aux Plants : Raymond Bannes, 66 ans, Marie Maury, 68 ans, et leur fils Pierre, 29 ans. La profession du chef est « propriétaire cultivateur » — c'est le premier témoignage explicite retrouvé d'une qualité de propriétaire parmi les habitants du lieu. Il ne fournit ni titre de propriété, ni date d'achat, ni surface, et ne prouve pas que Raymond possédait tout le lieu-dit cadastral actuel. Recensement de 1891 lu sur l'original
Marie Maury meurt le 27 janvier 1895 à treize heures au lieu du Plant, âgée de 73 ans. Le fils déclarant, sabotier de 37 ans demeurant au bourg, se nomme Léonard, et non « Léonce » : le même prénom, écrit sans doute possible dans l'acte de décès de Raymond Bannes en 1897 (même registre), et la cohérence des âges déclarés — 37 ans en 1895, 39 ans en 1897 — le confirment. Aucun « Léonce Bannes » n'apparaît ailleurs dans le dossier. Lecture corrigée et confirmée
Le 23 février 1897, Raimond Bannes (ainsi écrit), 72 ans, cultivateur veuf de Marie Maury, est encore domicilié au lieu du Plant, mais il est mort au chef-lieu à une heure du matin. Son fils Léonard, sabotier de 39 ans, le déclare. L'acte nomme le père du défunt « Armand », contre « Arnaud » au mariage de 1854 — une variante qui ne doit pas faire naître artificiellement une autre famille. Rien ne prouve que Raymond soit mort dans la maison de son fils : seul le chef-lieu est précisé.
Les listes de population de 1901, 1921, 1926, 1931, 1936 et 1946 ne présentent pas de rubrique distincte Les Plans dans le relevé communal — ce qui ne donne pas une population de zéro : les occupants ont pu être rattachés à une autre rubrique, ou la maison a pu changer d'usage, sans qu'aucune de ces explications soit démontrée. Les années 1896 et 1906 ne sont en outre pas cataloguées dans la série utilisée, ce qui aggrave la lacune immédiatement après Raymond Bannes. Impossible à déterminer, ce qui ne veut pas dire zéro
Les anciennes familles restent repérables ailleurs : Jean Ladgié meurt à la Combe de Lugon le 20 janvier 1906, cantonnier jusqu'au bout ; Marie Javerzac y meurt le 2 février 1908 ; Léonard Bannes, sabotier, meurt au bourg le 4 avril 1919. Aucun de ces décès ne documente une occupation des Plans au XXe siècle. Aucun propriétaire succédant à Raymond, aucun occupant du XXe siècle et aucune mutation précise de la maison n'ont été établis : c'est la lacune majeure de ce dossier.
Le secteur relève de la section D, dite du Cirier, deuxième feuille, cote 3 P 34624. À l'emplacement estimé des bâtiments actuels, dans le secteur de l'ancienne parcelle 365, aucun bâtiment colorié en carmin n'a été repéré. Un petit rectangle portant 364, plus au sud (~125 m), est dessiné au trait et non colorié — sa nature (bâtiment non teinté, aménagement, petite parcelle) n'est pas déterminée par cette seule image.
Le résultat est donc : zéro bâtiment colorié repéré au site estimé ; nombre réel de bâtiments de l'éventuel établissement en 1824 indéterminé. Une construction de la maison après 1824 est plausible, mais non prouvée. Deux hameaux voisins incontestablement habités en 1824, Caveroussie et Labouyguette, montrent des bâtiments nettement coloriés : la convention de coloriage était donc bien active sur cette feuille, ce qui renforce la valeur de son absence au site des Plans. Comparé avec Caveroussie et Labouyguette
La BD TOPO décrit environ 140 m² d'emprise bâtie cumulée pour ses deux objets, et donne pour l'un d'eux une « date d'apparition » au 1er janvier 1789 — une valeur sans pièce historique justificative jointe, qui n'est pas retenue ici comme date de construction et ne peut pas prévaloir sur l'examen des plans et des matrices (registres d'impôt foncier). Donnée numérique non vérifiée par une source historique
Le nom est toujours porté par le cadastre et par l'IGN. Le carnet municipal mis à jour le 5 novembre 2024 cite expressément Les Plans dans un secteur comprenant aussi Caveroussie, le Cirier, le Moulin Bessou bas, le Chêne, Lavalette et Leymarie — une preuve récente d'usage du nom de lieu, lue sur un document numérique d'origine, sans incertitude de lecture. Lu sur le document numérique d'origine
La cartographie récente montre un petit ensemble bâti dans un cadre de champs, haies et bois. Les bases signalent un logement ; l'occupation réelle, le nombre d'habitants et les propriétaires actuels ne sont pas établis dans ce dossier. Aucun particulier vivant n'est nommé.
L'inventaire environnemental rattache une partie du lieu-dit à la ZNIEFF 720012869, « Coteaux xérothermiques de Sainte-Foy-de-Longas », également reprise dans le rapport environnemental du PLUi-H de 2024 : un recouvrement de 7,07 ha, soit 47 % du lieu-dit, y est calculé. Ce chiffre n'est pas un périmètre actuel confirmé — une décision du CSRPN de 2019 propose une extension sous le nom « Coteaux de la Louyre et du Barbeyrol », et la page INPN correspondante n'a pas pu être ouverte pour résoudre cette différence. Périmètre environnemental non recoupé avec l'INPN
Le dossier des Plans est de format court : les trois registres paroissiaux et les registres d'état civil disponibles localement ont été lus pour les années et les familles citées, mais les matrices cadastrales — qui seules diraient l'origine de propriété, les mutations et la date de construction — n'ont pas été consultées. Les cotes suivantes proviennent du répertoire des AD24 (document numérique 729033, pp. 131-132) ; leur contenu lui-même reste à voir en salle.
État de sections, sections A à E, sans date : nom, nature, propriétaire et contenance des anciennes parcelles du secteur, notamment D 363-366 ; nature du rectangle D 364.
Matrice des propriétés bâties et non bâties, 1826 : comptes initiaux, mutations et constructions nouvelles ; date d'individualisation de la maison.
Matrice des propriétés bâties, 1882 : compte Bannes, origine de propriété et éventuel ancien numéro du bâtiment.
Matrice des propriétés bâties, 1910-1955 : propriétaires au XXe siècle, transformations ou démolitions fiscales.
Matrice des propriétés non bâties, folios 1-475, 1914-1955 : étendue des biens après les Bannes et mutations des terres.
Plan cadastral, section D, 2e feuille, 1824 ; image déjà consultée. Comparaison à demander avec les états de sections et le plan rénové de D ; concordance avec D 309 actuelle.
Les contrats de mariage Charrière-Verrouil (2 août 1860, Me Reynier) et Ladgié-Javerzac (5 août 1862, Me Labat) : leurs cotes de minutes n'ont pas été identifiées, seules leurs mentions en état civil le sont.
Déclarations de succession de Marie Maury (27 janvier 1895) et de Raymond Bannes (23 février 1897) ; toute vente retrouvée par les matrices. Le sort de Pierre Bannes après 1891 est la principale piste familiale.