Dossier d'archives · Dordogne

Le Chêne
en Villadeix

Au sud de Saint-Félix, Le Chêne désigne aujourd’hui une maison isolée, au bout d’un chemin, entre les bois et les terres du Cirier. Le plan cadastral de 1824 laisse son emplacement présumé sans nom ni bâtiment figuré. Une toiture apparaît clairement sur la photographie aérienne du milieu du XXe siècle. Le nom lui-même est attesté dans un bulletin municipal de janvier 2013 ; ses origines plus anciennes restent à établir.

44,91147° N — 0,67423° E Commune de Saint-Félix-de-Villadeix (24405) Cadastre section D · Le Cirier-Ouest Altitude du bâti ≈ 150 m
JANVIER 2013Le chênebulletin municipal, vue PDF 7
RELEVÉ 2026le ChênePlan IGN et BD TOPO

Tous les lieux-dits de Saint-Félix-de-Villadeix

Le siteAu bord des bois

Une maison à l’écart du Cirier

Le chemin vient de l’est, contourne une prairie et s’arrête devant une longue toiture. Les bois enveloppent la maison à l’ouest et au nord ; une petite clairière s’ouvre au sud. Plus au nord-est, la carte distingue la Grange du Cirier. Le Chêne est donc un emplacement bâti individualisé, même si les documents consultés ne lui attribuent aucun ménage sous ce nom. Cartes et images consultées

Plan IGN du Chêne : bâtiment isolé au centre, bois à l’ouest, prairie à l’est, Grange du Cirier au nord-est et Chemin des Chênes.
Plan IGN, copie consultée en septembre 2026. Le nom « le Chêne » accompagne la maison ; « Chemin des Chênes » désigne la desserte à l’est. Nord en haut.

Le cadastre actuel n’individualise pas de lieu-dit « Le Chêne » : le point du nom et la maison appartiennent au secteur LE CIRIER-OUEST. Le bâtiment principal se trouve sur la parcelle actuelle D 57. L’IGN donne au sol du bâtiment résidentiel une altitude comprise entre 149 et 150,7 mètres. Ces données décrivent le site ; elles ne donnent ni sa population, ni son histoire de propriété. Données cadastrales et IGN

Le nomUn arbre pour repère ?

Un sens clair, une origine encore ouverte

Dans sa forme française actuelle, Le Chêne désigne l’arbre. Un chêne servant de repère pourrait avoir donné son nom à la terre, puis à la maison : c’est une explication plausible, mais aucun document consulté ne désigne cet arbre, son emplacement ou son âge. Le singulier ne permet pas davantage de reconstituer une ancienne chênaie. Origine supposée

L’occitan possède notamment les mots casse et garric pour le chêne, documentés par l’Institut occitan de l’Aveyron. Cette comparaison de vocabulaire ne prouve pas qu’un de ces mots ait été employé ici. Les variantes le Chaîne et le Chesne, proposées par le répertoire des lieux-dits établi pour cette étude, restent sans attestation locale datée dans ce dossier.

XVIIe–XIXeLes indices anciens

Des lectures incertaines, puis des terres sans nom

Deux lectures proposées par des relevés anciens sont incertaines. Au 2 septembre 1668, un domicile de témoin a été proposé comme « Ch[es]ne [?] » (« [?] » : lecture incertaine) : l’encre très effacée ne permet pas de confirmer cette lecture (AD Dordogne, 5 E 409/1, vues 34–35). Le 18 pluviôse an III, soit le 6 février 1795, un acte nomme le cordonnier Jean Lacoste, mais son domicile demeure empâté et indéchiffrable avec sûreté (5 E 409/4, naissances de l’an III, vue 10 gauche). Aucun de ces hommes ne peut être présenté comme habitant du Chêne. Rattachements non établis

Sur Cassini, le secteur recherché est une croupe marquée de hachures et de petits arbres. On n’y lit pas le nom du Chêne, et aucun signe d’habitation n’a été identifié à cet emplacement. C’est le silence d’une carte à petite échelle, pas une preuve que toute la terre était alors inhabitée.

Extrait de Cassini montrant un bouquet d’arbres et un versant hachuré dans le secteur du Chêne, sans inscription de ce nom.
Cassini, XVIIIe siècle, diffusion IGN. Des bois dans le secteur, aucun nom « Le Chêne » repéré. Les décalages de cette carte empêchent une identification à la parcelle.

1824 : le premier dessin parcellaire

La feuille D, première division, dite du Cirier montre, dans le secteur présumé du Chêne, des pièces de terre au sud d’un chemin transversal. Le recadrage permet de lire les numéros 180, 181, 182 et 183. Il ne porte ni le nom recherché, ni masse bâtie coloriée. Le rapprochement géographique est indicatif : la correspondance exacte avec la parcelle actuelle D 57 reste à établir. Il serait donc prématuré de transformer cette observation en date certaine de construction. Plan luEmplacement approximatif

Cadastre de 1824, section D première division : parcelles 180 à 183 au sud d’un chemin, sans nom du Chêne ni bâtiment colorié dans ce secteur.
AD Dordogne, 3 P 3 4623, cadastre de 1824. Secteur présumé du Chêne. Les numéros sont ceux du plan ancien ; ils ne doivent pas être confondus avec la numérotation actuelle.

Une maison anonyme sur l’État-major

La carte de l’État-major figure un petit bâtiment carmin à l’ouest du Cirier, dans la même bande de terrain entre deux vallons. Il pourrait correspondre au Chêne. Toutefois, la carte ne le nomme pas et sa position est décalée par rapport aux données actuelles : le symbole est certain, son identification reste possible seulement. La date précise du levé local n’a pas été retrouvée. Identification possible

Carte de l’État-major : petit bâtiment rouge anonyme au centre, au sud d’un chemin et à l’ouest du groupe bâti du Cirier.
État-major, série 1820–1866, diffusion IGN. Le petit rectangle rouge au centre est l’indice retenu. La fourchette désigne la série cartographique, pas une date de construction.

La recherche dans l’index de Gourgues, complétée par la séquence des entrées Chen- du Dictionnaire topographique de la Dordogne (1873, p. 75), n’a pas livré de notice du Chêne rattachée à Saint-Félix. Aucune famille ni propriété ancienne n’est ainsi démontrée par ces sources.

XXe siècleLa maison apparaît

Une toiture dans une petite clairière

Avec les photographies aériennes, la localisation devient beaucoup plus sûre. La couche IGN couvrant 1950–1965 montre déjà une toiture allongée à l’emplacement bâti actuel. Des pièces agricoles de petite taille et des alignements d’arbres occupent le voisinage. Sur la couche 1965–1980, la desserte par l’est et la clairière sont plus nettes. Ces deux vues établissent la présence du bâti au milieu du XXe siècle ; elles ne renseignent ni le nom de la maison à cette date, ni ses occupants. Photographies lues

Photographie aérienne de la couche IGN 1950–1965 : toiture du Chêne au centre, bois à l’ouest et petites pièces agricoles à l’est et au sud.
Couche IGN 1950–1965. Toiture au centre de l’extrait. La date précise du cliché n’est pas établie.
Photographie aérienne de la couche IGN 1965–1980 : maison dans sa clairière et chemin courbe rejoignant les terres du Cirier à l’est.
Couche IGN 1965–1980. Le chemin rejoint clairement la maison. Même cadrage et nord en haut.

Le détail qui traverse ces images est cette petite ouverture dans les bois, prolongée vers l’est par les terres dégagées. La photographie récente conserve cette organisation. La ressemblance des emplacements ne suffit cependant pas à garantir que tous les murs visibles aujourd’hui sont ceux de la première photographie.

2013–2026Un nom et une habitation

Le Chêne entre dans les documents municipaux

Le bulletin Vivre à St Félix de Villadeix de janvier 2013 porte l’orthographe « Le chêne » dans sa rubrique d’accueil des nouveaux habitants. Cette mention, lue sur la vue 7 du PDF, prouve à la fois l’usage du nom et sa fonction de lieu de résidence. Elle ne date pas la création du lieu. Bulletin municipal original. Lu sur l’image

Dans les données IGN consultées en septembre 2026, le Chêne est enregistré comme lieu-dit habité. Les trois objets bâtis relevés à proximité comprennent un bâtiment résidentiel et des annexes. C’est pourquoi l’absence de ménage individualisé dans le relevé des recensements doit être formulée précisément : aucune population n’y a été rattachée sous ce nom, ce qui ne signifie pas que la maison ait toujours été vide.

Orthophotographie récente du Chêne : toiture rouge allongée, accès depuis l’est, prairie au sud et bois entourant la maison.
Orthophotographie IGN (photo aérienne), copie consultée en septembre 2026. Le bâti demeure au bout du chemin. Le millésime de prise de vue n’étant pas établi, l’image n’est pas datée « 2026 ».
Date ou périodeCe qui est établiRéférence et preuve
1824Secteur présumé sans nom du Chêne ni bâtiment colorié.3 P 3 4623, D1 ; plan lu, localisation indicative.
XIXe siècleUn bâtiment anonyme pourrait être celui du Chêne.État-major ; symbole lu, attribution incertaine.
1950–1965Toiture visible à l’emplacement actuel.Photographie IGN ; présence bâtie certaine.
Janvier 2013« Le chêne », lieu de résidence.Bulletin municipal, vue PDF 7 ; mention certaine.
Relevé 2026« le Chêne », lieu-dit habité dans Le Cirier-Ouest.IGN et cadastre ; données directement consultées.
La suiteRetrouver la maison

Passer du plan aux propriétaires

La priorité est de relier la parcelle bâtie actuelle D 57 aux anciennes parcelles de la section D, puis de suivre les entrées de constructions nouvelles. Les cotes ci-dessous figurent dans le répertoire des Archives départementales ; les registres eux-mêmes restent à consulter.

À consulter en salle

  • 63 P 1716

    État de sections A à E, sans date : contrôler les anciennes parcelles du secteur 180–183 et leurs voisines, leurs noms de terres, leurs propriétaires et leur nature fiscale.

  • 63 P 704

    Matrice (registre des propriétaires) des propriétés bâties et non bâties, 1826 : rechercher les comptes correspondants, les mutations et l’apparition éventuelle d’une maison.

  • 63 P 2192
    63 P 1547/3

    Matrices bâties de 1882 et de 1910–1955 : identifier le bâtiment et sa chaîne de propriété. Compléter avec les matrices non bâties 63 P 1547/1–2, 1914–1955.

  • Mairie · Cadastre

    Plans de rénovation, tables de correspondance et dossiers de dénomination des voies : établir le raccord avec D 57, dater l’usage du nom et celui du Chemin des Chênes.