Dossier d'archives · Dordogne
Au-dessus de Rabard et du Pigat, La Sourde dessine une avancée de champs dans les bois. En 1824, le cadastre y trace des parcelles sans maison, mais n’écrit pas ce nom. Les photographies du siècle suivant retrouvent les clairières et les haies ; les vues récentes y ajoutent quelques toits. L’histoire du terrain se laisse suivre mieux que celle du mot, dont le sens reste à éclaircir.
Tous les lieux-dits de Saint-Félix-de-Villadeix
Le lieu-dit cadastral s’étend au nord de Rabard et du Pigat, à environ 840 mètres à l’ouest-nord-ouest du bourg. La route du Girard en borde le sud. Les bois occupent la partie septentrionale, autour d’une clairière allongée ; les terres ouvertes descendent vers le chemin. Le point de coordonnées donné ci-dessus se trouve dans cet ensemble, et ne désigne pas une maison. Cartes et données
Une étude de Mathieu Fauré sur les noms des zones humides en Gascogne rapproche Sourdes et Sourdère de l’occitan sorda, « source » (2015, p. 2). Mais Frank R. Hamlin explique des noms Sourde de l’Hérault par sorda, « sourde », sobriquet, c’est-à-dire un surnom (p. 388). Ce sont deux comparaisons possibles, dans d’autres régions occitanes. Origine du nom incertaine
Aucun acte local ne permet de choisir. Aucune fontaine nommée La Sourde ni aucun ancien porteur du sobriquet n’a été identifié dans les pièces retenues. Le bassin visible au nord-ouest sur les vues aériennes est d’ailleurs hors du périmètre cadastral : sa présence ne démontre pas l’origine du nom.
L’attestation positive la plus ancienne retenue ici est modeste mais sûre : le bulletin municipal de janvier 2012 écrit « La Sourde ». Il en atteste l’usage, pas la naissance. Le cadastre numérique conserve aujourd’hui la même forme, en capitales. Documents consultés
Sur Cassini, le nom La Sourde n’apparaît pas entre les établissements voisins. Belleyme, planche 22, représente des bois au nord de Rabard et du Pigat sans nommer ce lieu. À l’échelle de ces cartes, l’absence d’un nom de terres n’indique pas qu’il n’existait pas. Le repérage du secteur reste approximatif. Images examinées
La recherche dans les registres paroissiaux et l’état civil — 10 003 actes relevés — ne livre aucune mention attribuable à La Sourde de Saint-Félix. Les six résultats proches renvoient, dans ces relevés, à d’autres communes. Aucun ménage n’est rattaché au lieu dans le relevé des recensements. Ce constat porte sur les relevés disponibles ; il ne vaut pas une nouvelle lecture de tous les originaux ni un dénombrement de zéro habitant. Limite des relevés
Gourgues ne fournit pas non plus d’entrée locale retrouvée. Les pages de son dictionnaire de 1873 donnent « Coste-Sourde » à Saint-Laurent-des-Bâtons (p. 87) et « Sourderie (La) » à Sainte-Alvère (p. 318). Ces ressemblances ne doivent pas enrichir artificiellement l’histoire de La Sourde.
Il faut ouvrir la deuxième division de la section E, « dite de CAVEROQUE », levée par M. Lacoste, géomètre. La feuille E2 montre le terrain recherché. Le tableau d’assemblage date l’achèvement du travail sur le terrain du 10 août 1824 (AD Dordogne, 3 P 3 4616). Lu sur l’original
De grandes pièces de terre côtoient des subdivisions plus étroites. Aucune masse bâtie n’est dessinée dans le secteur correspondant à La Sourde. Les chemins permettent le rapprochement avec le plan actuel, mais celui-ci ne donne pas encore une correspondance parcelle par parcelle. Lu sur le plan
Le dessin ne dit ni qui possède ces terres, ni lesquelles sont labourées, boisées ou en pré. Il ne prouve pas davantage que tout cet ensemble porte déjà le nom La Sourde. L’état de sections devra répondre à ces questions.
| Date | Source | Ce qu’elle établit |
|---|---|---|
| 1824 | 3 P 3 4626 · E2 | Le terrain est dessiné ; aucun nom La Sourde ni bâtiment dans le secteur. Plan original. |
| Janv. 2012 | Bulletin municipal article 257 | « La Sourde » est écrit. Première attestation positive retenue, non date de création. |
| 2026 | Cadastre numérique commune 24405 | « LA SOURDE » désigne un périmètre d’environ 10,51 ha. Date de consultation. |
La minute d’état-major représente les pentes et les voies, avec les groupes de maisons au sud du secteur. Elle n’écrit pas La Sourde. Sa date précise de levé reste inconnue : on conserve l’intervalle 1820–1866 de la couche IGN. Image examinée
La première couche aérienne consultée montre des bois au nord, une clairière allongée et plusieurs pièces agricoles au sud, séparées par des haies ou des arbres. Aucun bâtiment n’est distingué à l’intérieur du contour actuel reporté. La couche suivante conserve cette organisation générale ; les découpages intérieurs ont changé. Images comparées
Ces intervalles sont ceux des couches d’images. Le jour et l’année du cliché local n’ont pas été identifiés : on ne peut donc dater précisément un défrichement ou un changement de parcellaire à partir des seuls noms des fichiers.
Sur l’image récente, quelques constructions occupent la partie méridionale. Les données cadastrales retrouvent six emprises cadastrales ; la BD TOPO représente quatre bâtiments, dont deux à usage résidentiel. Ces bases n’ont pas le même découpage et ne donnent pas un nombre d’habitants. La Base Adresse Nationale associe La Sourde à la route du Girard. Données cadastrales
La Sourde n’est donc pas aujourd’hui un espace entièrement dépourvu d’habitat. En revanche, aucune chaîne d’occupants anciens n’est établie sous ce nom. Les années d’apparition indiquées par la BD TOPO ne suffisent pas à dater les chantiers : les autorisations de construire et les archives foncières restent à consulter.
L’enquête doit partir des parcelles, puisque les registres de population ne fournissent pas de point d’entrée local. Les cotes ci-dessous sont repérées dans l’inventaire des AD Dordogne ; leur contenu n’a pas été consulté en salle.
État de sections A à E. Chercher le nom, les propriétaires et les natures de culture dans le secteur des anciennes parcelles 763, 769, 773, 774 et 780, puis étendre aux pièces voisines.
Matrice de 1826 (registre des propriétaires et de leurs terres). Suivre les comptes identifiés par l’état de sections et leurs mutations.
Matrices du XXe siècle. Non bâti, 1914–1955 ; bâti, 1910–1955. Consulter aussi 63 P 2192, matrice bâtie de 1882, si les renvois y conduisent.
Rénovation cadastrale et concordances. Relier E2 aux parcelles modernes ; rechercher une mention plus ancienne de La Sourde dans les documents d’adressage et les titres retrouvés.