Dossier d'archives · Dordogne

La Pradie
en Villadeix

Un laboureur (paysan qui travaille la terre) se marie, et le curé conserve le nom de son village : « la pralie » (une lecture ancienne donnait « lapradie »). Ce lieu appartient explicitement à la paroisse de Saint-Félix, mais son emplacement nous échappe. L'acte lui-même hésite dans le temps : il porte 1686 au milieu d'un cahier de 1695. Une seule mention, assez précise pour retrouver quelques proches, trop isolée pour désigner une maison sur la carte.

Coordonnées non établies Commune de Saint-Félix-de-Villadeix (24405) Cadastre section et parcelles inconnues Altitude non déterminée
15 OCT. 1686 ÉCRIT · CAHIER 1695la pralie [lapradie ?]5 E 409/2, vue 328 D. Deux lectures d'un même mot, pas deux attestations.

Tous les lieux-dits de Saint-Félix-de-Villadeix

Le nomUn village à retrouver

Un habitant, une paroisse, un nom incertain

Pierre Maigne est dit « lab. hnt du village de la pralie [lapradie ?] pnt parroisse » : laboureur, habitant d'un village de la présente paroisse (circonscription de l'église, ancêtre de la commune ; le point d'interrogation entre crochets marque une lecture incertaine). Le domicile et le rattachement à Saint-Félix sont explicites. Le registre apporte ainsi une preuve d'habitation, sans donner le nombre de maisons ni celui des habitants. Lu sur l'original

Détail du mariage : Pierre Maigne, laboureur habitant du village de la pralie ou la pradie, présente paroisse ; puis Jeanne Farges, veuve de Caveroque.
AD Dordogne, 5 E 409/2, vue 328, page droite. La consonne après « lapra » reste ambiguë : d ou l. La vue 329, seconde photographie de la même page, ne lève pas le doute.

La main du curé Delboy a été comparée aux mots sûrs de cette page : village, parroisse, mariage, gendre. La lecture reste la-pra-[d/l]-ie. L'acte se lit plutôt « la pralie » (une autre lecture donne « la palie »), sans « d » net ; « lapradie » est la graphie plus ancienne d'un répertoire. « La Pradie » reste le nom retenu pour cette page, avec « La Pralie » comme lecture préférée ; aucun lieu actuel n'est identifié avec assurance. Lecture réservée

Le souvenir possible d'un pré

Si l'on lit bien Pradie, le nom pourrait appartenir à la famille occitane de prat, prada, « pré, prairie ». Le glossaire de Pégorier donne prada parmi les synonymes de prat. Le rapprochement reste une hypothèse : cette source n'explique ni ce lieu précis ni sa terminaison en -ie, et ne permet de lui attribuer aucun pré particulier. Hypothèse IGN, Pégorier, p. 377.

1686 écritDans le cahier de 1695

Le mariage de Pierre Maigne et Jeanne Farges

Après les fiançailles et trois publications des bans, Delboy marie Pierre Maigne à Jeanne Farges, veuve, habitante de Caveroque. La cérémonie se déroule dans l'église paroissiale de Saint-Félix. Autour d'eux, l'acte rassemble un neveu, un gendre et un homme du bourg. 5 E 409/2 · v. 328 D

Acte de mariage de Pierre Maigne et Jeanne Farges : date en toutes lettres, domiciles, témoins et signatures de Jean Moureau et du curé Delboy.
5 E 409/2, vue 328 D, premier acte. Le document entier. L'épouse se lit ici « farges » ; un relevé ancien donnait « Forges ».
SourcePersonneLien et domicile
v. 328 DPierre MaigneÉpoux, laboureur ; « la pralie [lapradie ?] », présente paroisse.
même acteJeanne FargesÉpouse, veuve ; « caveroque », présente paroisse.
même acteLouis GuindreNeveu de l'époux, travailleur ; « la marguerie », paroisse de Beauregard.
même acteJean RouxGendre de l'épouse, laboureur ; « la pouleilhe », La Pouleille.
même acteJean Moureau« Sargeur », du présent bourg ; signe, ainsi que Delboy. Les autres déclarent ne pas savoir signer.

Ces liens donnent des pistes pour retrouver les familles. Ils ne situent pas La Pradie entre leurs domiciles : l'acte ne décrit aucun chemin, aucune limite de terre. Il ne dit pas davantage que Pierre Maigne est propriétaire.

La date qu'il faut garder avec son doute

Le curé écrit « Le quinzieme jour du mois doctobre mil six cent quatre vingt / six ». C'est bien le 15 octobre 1686 qui est porté, alors que les actes voisins sont de 1695. Sur la page en regard, un baptême commence par « Le 30 8bre 1695 », soit le 30 octobre. Les deux lectures sont nettes ; leur contradiction demeure. Dates lues sur l'original

Début du mariage portant quinze octobre mil six cent quatre vingt six, le mot six étant reporté au début de la deuxième ligne.
Vue 328 D. La date du mariage : « quatre vingt » en fin de ligne, puis « six ».
Début du baptême en regard, daté Le 30 8bre 1695, soit le 30 octobre 1695.
Vue 328 G. Le contexte de 1695. Ce baptême ne mentionne pas La Pradie.

Erreur de plume, inscription rétrospective : les deux explications restent possibles. On ne corrige donc pas silencieusement l'année en 1695. Et cet acte unique ne prouve pas une occupation continue entre 1686 et 1695. Année de l'événement incertaine

Les cartesPas de parcelle identifiée

Le nom échappe au plan

Le tableau d'assemblage (plan d'ensemble du cadastre) de 1824 permet de retrouver Caveroque, La Pouleille et le bourg. Il ne fournit aucun emplacement assuré pour La Pradie. La recherche dans les treize tables des feuilles cadastrales disponibles — tableau, dix feuilles anciennes et deux feuilles de 1956 — ne donne pas ce nom. Les feuilles parcellaires n'ont pas été examinées ici : cette recherche négative ne démontre pas la disparition du village. Plan d'ensemble lu · tables des feuilles consultées

Tableau d'assemblage cadastral de Saint-Félix-de-Villadeix : sections et hameaux, dont Caveroque, Lapouleille et Saint-Félix ; aucun emplacement n'est attribué à La Pradie.
AD24, 3 P 3 4616, 1824. Vue d'ensemble de la commune, recadrée sur le plan. Les lieux du mariage sont des repères ; La Pradie reste non localisée.

Les extraits communaux de Cassini et de l'État-major examinés n'apportent pas de correspondance sûre. Sans emplacement, on ne peut suivre des bâtiments, attribuer une ruine ou raconter un changement de cultures.

Extrait de Cassini autour de Saint-Félix : hameaux, bois et vallées ; La Pouleille et Caveroque servent de repères sans localiser La Pradie.
Cassini, extrait communal conservé dans le fonds cartographique IGN. Carte de comparaison, sans identification de La Pradie.

Le silence de Gourgues et des répertoires

Dans le dictionnaire de Gourgues, 1873, p. 250, la séquence des noms proches a été parcourue : aucune entrée Pradie ou Pralie n'y rattache un lieu à Saint-Félix. La recherche est également négative dans les 104 entrées du répertoire local. Les relevés des registres paroissiaux disponibles retrouvent l'unique mariage ; ceux de l'état civil ne donnent aucune occurrence attribuable au lieu. Ce sont les limites des documents consultés, pas la preuve que le nom n'a jamais été écrit ailleurs.

Aujourd'huiUn nom sans emplacement

« Disparu » reste un statut de recherche

Le nom ne possède aucun correspondant identifié dans le répertoire des lieux-dits établi pour cette étude. On conserve donc un lieu d'habitation de la paroisse, non localisé, à la lecture discutée. Son absence des répertoires récents ne fournit ni date d'abandon ni population nulle. Un changement de nom, l'effacement d'un habitat ou une lecture à reprendre restent des possibilités ouvertes. Localisation inconnue

À poursuivreLes pièces décisives

Retrouver la famille, puis ses terres

À consulter en salle

  • 5 E 409/2

    Revoir l'original du feuillet correspondant aux vues 328–329 : la consonne d/l, l'année et un éventuel autre exemplaire du mariage.

  • 3 E · notaires

    Rechercher contrat de mariage, bail ou partage de Pierre Maigne et Jeanne Farges, autour des deux années candidates. Un confront foncier permettrait de situer le lieu. Cote précise à déterminer.

  • 63 P 1716
    63 P 704

    État de sections et première matrice cadastrale (registre des propriétés) : chercher un nom proche omis du plan. Cotes repérées dans l'inventaire des archives ; contenu non consulté.