Dossier d'archives · Dordogne
Au-dessus du Caudeau, dans le nord de la commune, Le Sourial réunit un versant boisé, des terres qui descendent vers la rivière et quelques maisons le long des chemins. Le plan cadastral de 1824 dessine déjà ce versant en trois grandes parcelles — sans y inscrire le nom ni y placer un seul bâtiment. Les photographies aériennes montrent ensuite l'arrivée de constructions dans la seconde moitié du XXe siècle. Une piste de 1684, longtemps prise pour une mention du lieu, s'est révélée concerner un autre village : Le Sourial reste, à ce jour, sans attestation ancienne sûre.
Le point nommé « le Sourial » par l'IGN se trouve dans le bois, au-dessus du moulin Blanchard. Le lieu-dit cadastral est plus étendu que ce seul point : il couvre le versant et des terres qui rejoignent le Caudeau au nord. Sa bordure sud suit le chemin du Sourial puis une partie de la route de la Brugère ; la route Gauloise en marque une partie du contour à l'est. Les quelques maisons du secteur ne représentent donc qu'une petite partie du territoire porté par le nom ; le moulin Blanchard, en contrebas vers l'est, en est extérieur. Plan IGN · cadastre
Aucune entrée « Sourial » n'a été retrouvée dans l'index local du Dictionnaire topographique du département de la Dordogne d'Alexis de Gourgues (1873) ; les pages imprimées 317-319, lues sur l'image, ne livrent pas ce nom à son ordre alphabétique. Faute de formes anciennes sûrement rattachées à ce site précis, aucune origine occitane du nom n'est avancée ici. Étymologie non établie
Le registre de Saint-Félix, AD Dordogne, 5 E 409/2, vue 120 droite, porte le baptême du 8 octobre 1684 d'une petite Jeanne Raynau, fille d'un laboureur (cultivateur) de Lavernelle. Le parrain, Pierre Raynau, laboureur, a son domicile noté « hnt de … parroiſſe de Liorat ». Une lecture ancienne y voyait « sourial [?] » (le signe [?] marque une lecture incertaine).
Le scripteur de cette page, le curé Delboy, trace le g comme un o : le mot du domicile se
lit Genthial, et non Sourial. Ce lieu-dit existe, mais ailleurs, à
Liorac-sur-Louyre (INSEE 24242), à environ 7,3 km au sud du Sourial de
Saint-Félix. La marraine, fille du meunier du moulin Neuf, habite elle aussi la paroisse (circonscription de l'Église) de
Liorat — un autre lieu-dit réel de Liorac, distinct et distant —, ce qui confirme que l'acte ne
concerne aucun lieu de Saint-Félix-de-Villadeix.
Cette mention est donc écartée. Aucune attestation ancienne sûre du nom n'est établie à ce jour, ni dans les registres paroissiaux ni sur les cartes anciennes examinées.
Aucune mention sûre du Sourial n'a donc été trouvée dans les registres paroissiaux consultés. Lu sur l'original
Sur les extraits examinés de Cassini et de l'État-major, le secteur du Sourial ne porte pas de nom. Les chemins, la vallée et les écarts voisins permettent de le situer approximativement ; la précision de ces cartes ne permet pas d'y reporter une parcelle au mètre près. Le petit signe rond visible sur l'État-major demeure de fonction indéterminée : il n'est pas présenté ici comme un moulin, un four ou un puits. Cartes examinées
Le premier relevé précis du secteur est la feuille B1, dite « de la Peyrouze », levée au 1/2500 par Roumagere. Le tableau d'assemblage date l'achèvement du cadastre sur le terrain du 10 août 1824 (AD24, 3 P 3 4616). Dans le secteur correspondant au Sourial, la feuille détaillée dessine trois grandes parcelles, 69, 70 et 71, bordées au nord par les petites unités 42 à 48 ; 67, 68, 72, 73 et 74 sont les repères voisins immédiats. Aucun bâtiment n'y est représenté et le nom Sourial n'y est pas écrit. Lu sur le plan
Le chemin contourne déjà ce grand ensemble. Mais les numéros seuls ne disent ni qui possède la terre, ni si chaque pièce est un bois, une lande, un pré ou une terre labourable : l'état de sections manque encore pour nommer les propriétaires et les usages. La preuve disponible est limitée, mais nette : le plan ne montre pas ici le groupe de maisons que l'on voit aujourd'hui.
La couche aérienne IGN 1950-1965 montre un versant piqueté d'arbres, des parcelles ouvertes et le chemin diagonal du Sourial : aucun groupe de maisons n'y est discernable. Sur la couche 1965-1980, plusieurs toitures et leurs accès apparaissent le long de ce même tracé, et le boisement du versant semble plus continu. Comparaison des images
L'apparition de cet habitat dans la seconde moitié du XXe siècle reste une conclusion tirée des photographies, sans date de construction individuelle. Les registres paroissiaux (1668-1792) et d’état civil (1793-1922) de la commune, soit 10 003 actes, ne livrent aucune occurrence sûre du nom Sourial, y compris après la correction ci-dessus. Ce silence ne vaut pas preuve d'une population nulle : il vient d'une recherche dans les relevés, non d'une lecture intégrale des originaux. Datation large
| Repère | Ce que l'on peut retenir | Preuve |
|---|---|---|
| 1824 | Ni nom ni bâtiment dessiné dans le secteur des parcelles 69-71. | 3 P 3 4619, feuille B1 ; observation directe. |
| 1950-1980 | Des constructions apparaissent entre les deux couches aériennes. | IGN ; années des clichés à préciser. |
| Relevé 2026 | Lieu-dit cadastral habité de 12,61 ha, 46 parcelles, 16 emprises bâties. | Cadastre, BD TOPO et orthophotographie (photo aérienne). |
Le relevé cadastral de septembre 2026 réunit 46 parcelles sur 12,61 hectares, en section B. Dans ce périmètre, la BD TOPO décrit 16 emprises bâties, annexes et constructions légères comprises, et renseigne cinq logements — un inventaire de bâtiments, pas un dénombrement d'habitants. L'IGN classe désormais « le Sourial » parmi les lieux-dits habités. Données géographiques
Les arbres entourent les maisons ; les terres ouvertes se prolongent vers le Caudeau. C'est cette coexistence que le nom recouvre aujourd'hui. Pour remonter avant le plan de 1824, il faut maintenant passer des formes du paysage aux descriptions écrites des parcelles.
Aux AD Dordogne : état de sections et première matrice cadastrale. Partir des anciennes parcelles B 69-71, puis 42-48 et 67-74 : relever le nom de chaque pièce, la nature de culture, le propriétaire et les renvois de mutation. C'est la première recherche pour dater sûrement le nom sur ce site.
Suivre les parcelles dans les matrices postérieures, puis demander les documents de rénovation de la section B pour établir une concordance entre numéros anciens et actuels.
Consulter, selon leurs conditions de communication, les dossiers de construction et plans du secteur, pour préciser l'installation des maisons visibles sur la couche aérienne 1965-1980.
Identifier les dates exactes des missions photographiques originales avant de resserrer la chronologie de l'habitat.