Dossier d'archives · Dordogne

Le Lac Noir
en Villadeix

Au sud-est de Lavernelle, un nom de terres garde le souvenir probable d’une petite pièce d’eau. En 1824, le géomètre dessine une mare à l’embranchement de deux chemins, sans la nommer. Sur le plan mis à jour pour 1956, elle accompagne les mots « AU LAC NOIR ». Les bois dominent toujours le paysage ; l’origine du qualificatif « Noir » reste inconnue.

44,93287° N — 0,65793° E Commune de Saint-Félix-de-Villadeix (24405) Cadastre section A · 14 parcelles · ≈ 12,6 ha Altitude au point repère ≈ 158 m
1824Sans nomla mare est dessinée, le lieu n’est pas nommé
ÉTAT POUR 1956AU LAC NOIRréédition du plan cadastral A1
CONSULTÉ EN 2026LE LAC NOIRlibellé du cadastre ouvert

Tous les lieux-dits de Saint-Félix-de-Villadeix

Le siteUn nom de terres

Quatorze parcelles autour d’une fourche

Le Lac Noir se situe à environ 2,2 kilomètres au nord-ouest du bourg, entre La Forêt au nord et Le Planège au sud. Le périmètre cadastral couvre quelque 12,6 hectares : quatorze parcelles, numérotées A 116 à A 129. La route traverse les bois en oblique ; près de son embranchement, deux petites parcelles, 121 et 122, gardent la place que le plan ancien donne à la pièce d’eau. Plans comparés

Le lieu-dit LE LAC NOIR délimité en rose sur une photographie aérienne boisée, avec les limites claires et les numéros des grandes parcelles de la section A.
Le périmètre cadastral sur le fond IGN. Données cadastrales consultées le 29 septembre 2026 ; superposition réalisée pour ce dossier. Nord en haut. La date précise de prise de vue du fond photographique n’est pas identifiée.

Les coordonnées de l’en-tête sont celles du point repère du lieu-dit, où le RGE Alti de l’IGN donne 158,46 mètres. Elles ne désignent pas exactement le centre de la mare. Surface et distance sont arrondies, calculées à partir du cadastre ouvert et du répertoire des lieux-dits établi pour cette étude.

Le nomUne eau sans récit

« Lac » peut tenir dans une mare

Le vocabulaire occitan régional donne au mot lac le sens de mare ou trou d’eau. Ce sens est documenté en Dordogne dans un article de Jan-Peire Reidi reproduit par le bulletin de Javerlhac, janvier 2022, p. 3 ; l’Institut occitan de l’Aveyron le relève également en Quercy. Ces sources éclairent le mot ; elles ne mentionnent pas notre lieu. Sens documenté

La petite pièce d’eau dessinée ici offre donc une origine probable de « Lac ». Pourquoi « Noir » ? Aucun document consulté ne décrit la couleur de l’eau, l’ombre portée sur elle ou la nature de son fond. Aucune ancienne forme occitane locale n’a été retrouvée. Origine probable

Les textes restent silencieux

La recherche du nom et de variantes dans les registres paroissiaux et l’état civil relevés pour cette étude (10 003 actes relevés) n’a livré aucune occurrence. Ce relevé ne rattache aucun ménage au lieu. Ce résultat concerne les registres disponibles : il ne démontre pas que ces terres n’ont jamais été habitées. Recherche dans les registres

Gourgues n’apporte pas de mention sûre pour Saint-Félix. Son entrée « Lac-Noir (Au), taillis », dans le dictionnaire de 1873, p. 167, concerne expressément Salon. Cet homonyme doit rester hors de l’histoire du lieu. Lu sur l’imprimé

XVIIIe–XIXe s.À petite échelle

Un secteur que les grandes cartes ne nomment pas

Cassini parsème le secteur de signes d’arbres. L’État-major y dessine le relief et les chemins. Sur les deux extraits, aucun nom Lac Noir ni contour de mare n’est distingué au secteur repéré. Une pièce d’eau assez petite pour se perdre à cette échelle peut pourtant apparaître sur un plan parcellaire : ces silences ne prouvent pas son inexistence.

Extrait de Cassini centré sur le secteur moderne du Lac Noir : nombreux arbres gravés, sans nom du lieu ni pièce d’eau identifiable.
Cassini, XVIIIe siècle. Extrait IGN, fenêtre d’environ 1,6 km ; calage ancien approximatif.
Extrait d’État-major montrant les chemins au sud de Lavernelle, un relief hachuré et aucun nom Lac Noir dans le secteur central.
État-major, XIXe siècle. Couche IGN 1820–1866 ; année du levé local non vérifiée.
1824La première image

Une encoche vert-gris au bord du chemin

Le tableau d’assemblage porte « Terminé Sur le Terrain Le 10 aout 1824 ». La feuille A1, dite de Lavernelle, est levée par le géomètre Delord au 1/2 500. Dans notre secteur, elle dessine une petite pièce d’eau au lavis vert-gris, de forme irrégulière, juste contre un chemin et son embranchement. Aucun bâtiment ni nom du lieu n’est figuré là. Lu sur l’original

Plan cadastral de 1824 : une pièce d’eau vert-gris en forme de crochet, traversée par la limite entre les parcelles 168 et 213, au bord d’un embranchement de chemins.
AD Dordogne, 3 P 3 4617, A1. La limite traverse la mare, entre les parcelles 168 et 213. Elle ne se trouve donc pas tout entière dans la 213. Nord en haut.

Le tableau d’assemblage reprend une petite forme en crochet au même embranchement. Autour, l’abréviation « T.is » désigne les taillis. Les deux dessins concordent très probablement ; aucun n’écrit encore « Lac Noir ». Le plan montre une eau parmi les bois, mais ne dit ni à qui elle appartient ni à quoi elle sert.

Détail du tableau d’assemblage de 1824 : petite pièce d’eau contre un chemin, entourée de terrains portant l’abréviation T.is pour taillis.
AD Dordogne, 3 P 3 4616. Détail agrandi du tableau d’assemblage ; les parcelles n’y sont pas numérotées.
État pour 1956Le nom sur le plan

« AU LAC NOIR », entre 121 et 122

La feuille suivante est explicite. Son cartouche indique « Feuille dressée en 1824, mise à jour pour 1956 », sous un tampon « REEDITION ». Elle inscrit « AU LAC NOIR » au-dessous de la fourche. La pièce d’eau est représentée par un contour tireté et de petits traits horizontaux, à cheval sur 121 et 122 ; des flèches rattachent ses parties aux terrains voisins. Le petit triangle 127, plus à gauche, n’est pas la mare. Lu sur l’original

Plan cadastral mis à jour pour 1956 : libellé AU LAC NOIR, grandes parcelles sans bâtiment et mare à hachures horizontales partagée entre les numéros 121 et 122.
AD Dordogne, 3 P 3 11287, A1. État pour 1956 ; date de confection de la réédition non indiquée. Le nord est vers le haut-gauche, contrairement à la feuille de 1824.

La forme, la limite qui coupe l’eau et les chemins rendent très probable la correspondance avec la mare de 1824. Les numéros ont changé : les tables de rénovation restent à consulter pour établir formellement le passage d’un parcellaire à l’autre. Correspondance probable

ÉtatCe qui est établiLimite
1824Une mare dessinée — 3 P 3 4617 et 4616.Lieu non nommé ; attribution très probable.
Pour 1956« AU LAC NOIR » — 3 P 3 11287.Le document ne date pas la création du nom.
Lu en 2026« LE LAC NOIR » — cadastre ouvert.L’état actuel de la mare reste à vérifier.

1824 est la plus ancienne représentation connue de la mare ; 1956, le plus ancien état cadastral portant le nom. Aucune de ces dates ne donne son origine. Les plans ne révèlent ni date de creusement, ni droit d’abreuvage, ni permanence de l’eau.

XXe siècle →Le couvert des arbres

Les bois restent, l’eau échappe au regard

Les deux couches aériennes anciennes montrent le même chemin oblique dans un ensemble boisé. La seconde laisse voir davantage d’ouvertures et des parcelles plantées en rangs à l’ouest. Aucun contour de mare n’est assez net pour décider si elle est alors en eau ou comblée. Images examinées

Photographie aérienne ancienne en noir et blanc : un chemin traverse en diagonale un couvert boisé, sans pièce d’eau nettement discernable.
IGN, couche 1950–1965. Fenêtre d’environ 700 m ; date exacte de la mission non identifiée.
Photographie aérienne en noir et blanc du même secteur : bois, clairières et parcelles en rangs à l’ouest, autour du chemin oblique.
IGN, couche 1965–1980. Même fenêtre. Le nom du fichier source ne suffit pas à dater le cliché de 1965.

Aujourd’hui

La photographie aérienne contemporaine (orthophotographie) montre toujours un couvert arboré important. Le Plan IGN nomme la voie « Route de la Motte Castrale » et figure une petite emprise bâtie au sud-est ; les données BD TOPO enregistrent là un bâtiment d’environ 25 m². Cela ne permet pas de compter des habitants. Le nom cadastral, lui, demeure certain. Données géographiques

La présence actuelle d’eau reste à vérifier sur le terrain. Les photographies consultées ne permettent pas de voir sûrement ce que les arbres couvrent à l’emplacement de la mare ancienne.

À poursuivreLes parcelles écrites

Retrouver le nom dans les registres du cadastre

La prochaine étape tient à deux parcelles : 168 et 213 de l’ancienne section A. Leurs articles donneraient les propriétaires, la nature fiscale du terrain et peut-être une attestation du nom antérieure au plan mis à jour pour 1956.

À consulter en salle

  • 63 P 1716

    État de sections A à E, sans date dans l’inventaire : relever le lieu-dit, la nature et les propriétaires de A 168 et A 213, puis des parcelles voisines.

  • 63 P 704
    63 P 1547/1–2

    Matrice de 1826, puis propriétés non bâties de 1914 à 1955 : suivre les mutations et les changements éventuels de nature.

  • Rénovation
    cote à demander

    Tables de correspondance et états rénovés autour de 1956 : vérifier le passage aux A 121–122 et l’ancienneté du libellé « AU LAC NOIR ».

  • Archives communales
    cotes à identifier

    Chemins et entretien des points d’eau. Aucun usage collectif ni propriété communale de la mare n’est établi. Les actes privés seront à rechercher après identification des propriétaires.

Cotes relevées sur les images de l’inventaire cadastral, vues 131–132. Les registres correspondants n’ont pas été consultés.