Dossier d'archives · Dordogne

Le Planège
en Villadeix

À l’ouest de Saint-Félix, le Planège est un morceau de bois découpé en parcelles et parcouru de chemins. Le plan de 1824 dessine les terrains sans écrire leur nom ; la feuille mise à jour pour 1956 porte enfin « LE PLANÈGE ». Entre ces deux images, aucune famille ne peut lui être rattachée sûrement. Son histoire se lit d’abord dans les limites, les dessertes et le couvert des arbres.

44,92948° N — 0,65748° E Commune de Saint-Félix-de-Villadeix (24405) Cadastre A 82–115 · 34 parcelles · 22,93 ha Altitude au point de repère ≈ 166 m
1956LE PLANÈGEplan cadastral A1, accent grave visible
EXTRAIT CONSULTÉ · 2026LE PLANÈGElieu-dit cadastral
EXTRAIT CONSULTÉ · 2026Le PlanegeBase Adresse Nationale

Tous les lieux-dits de Saint-Félix-de-Villadeix

Le siteUn nom de terres

Vingt-trois hectares sous les arbres

Le lieu occupe une pointe entre la limite de Saint-Georges-de-Montclard, à l’ouest, et les voies qui bordent le bois à l’est et au sud-est. Le Lac Noir est son voisin du nord ; la pointe méridionale rejoint la limite de Liorac. Le cadastre numérique lui attribue 34 parcelles, A 82 à A 115. Leur contour couvre 22,93 hectares, sans emprise bâtie enregistrée dans les données consultées. Cadastre consulté

Contour rouge et blanc du lieu-dit cadastral Le Planège sur une photographie aérienne : un grand bois en pointe, bordé de voies ; les bâtiments au sud sont hors du contour.
Le lieu-dit cadastral actuel. Contour Etalab reporté sur l’orthophotographie (photo aérienne) IGN, nord en haut. Les bâtiments visibles au sud sont hors du lieu-dit. Millésime de prise de vue non vérifié.

Au point de repère du lieu-dit, le calcul d’altitude de l’IGN (RGE ALTI) donne 165,61 m, arrondis ici à 166 m. C’est un repère ponctuel. L’absence de bâtiment dans la couche cadastrale ne constitue pas un inventaire de tous les ouvrages que les arbres pourraient cacher.

Le nomUne petite plaine ?

Le relief pourrait avoir donné le nom

L’occitan planesa fournit une piste. Mistral donne à planeso le sens de « petite plaine » ou d’« esplanade » : l’entrée est lue sur l’image du Tresor dóu Felibrige, tome II, p. 589. Une notice sur l’origine du nom diffusée par le Département de la Dordogne explique ainsi le Planège de Montferrand-du-Périgord.

Ce parallèle régional rend plausible un nom de terrain relativement plan. Il ne démontre pas l’origine du Planège de Saint-Félix : il manque une forme ancienne et la prononciation locale. Hypothèse

La recherche dans l’index de Gourgues ne fournit aucune entrée pour ce lieu. Les articles voisins de sa p. 242, lue sur l’image, concernent Beauronne, Tursac et Neuvic. Aucune date médiévale de ces homonymes n’est transférable ici.

XVIIIe–XIXe s.Avant le nom écrit

Les cartes montrent le bois ; le cadastre, les chemins

Sur Cassini, le repère moderne tombe dans un espace figuré en bois, près d’une grande voie. L’état-major ne nomme pas davantage Planège et ne dessine pas de groupe de maisons à cet emplacement. Ces cartes renseignent le paysage ; leur silence ne date pas l’apparition du nom. Lu sur les images

Extrait de Cassini montrant des arbres et une grande voie ; un cercle rouge situe approximativement le secteur du Planège, sans nom inscrit.
Cassini, XVIIIe siècle. Repère cerclé indicatif, calage approximatif. Aucun « Planège » inscrit ; date précise de feuille non déterminée.
Carte d’état-major avec chemins, hachures de relief et cote 165 ; un cercle rouge indique le repère approximatif du Planège.
État-major, XIXe siècle. Aucun nom ni groupe bâti au repère. La cote 165 voisine n’est pas le point altimétrique moderne.

Le plan cadastral de 1824 est plus précis. La pointe méridionale de la feuille A1 est découpée en grandes pièces et petites parcelles, entre la limite communale et la « Route de Bergerac à Brives ». Deux dessertes intérieures se prolongent en doubles traits pointillés jusqu’à la route. Les parcelles 197 à 200 sont serrées contre celle-ci ; la 191 occupe une surface bien plus vaste.

Pointe méridionale de la feuille cadastrale A1 de 1824 : parcelles numérotées, deux dessertes en pointillés, petites pièces au bord de la route de Bergerac à Brives ; aucun bâtiment colorié ni nom Planège.
AD Dordogne, 3 P 3 4617, A1. Secteur repéré par comparaison géographique. Le tableau d’assemblage, 3 P 3 4616, date l’achèvement du terrain du 10 août 1824. Orientation de la feuille conservée.

Ni bâtiment ni nom Planège ne sont figurés dans ce secteur. Ce constat est lu sur le plan ; son rapprochement avec le lieu moderne reste géographique, sans table de concordance. On ne sait pas encore si les petites pièces sont des terres, des vignes ou des bois : l’état de sections (le registre qui décrit chaque parcelle et son propriétaire) doit le dire. Lu sur l’original

1956Le nom sur le plan

« LE PLANÈGE », enfin en toutes lettres

Sur la feuille A1 mise à jour pour 1956, l’inscription est nette, avec son accent grave. C’est la première attestation sûre du nom dans les pièces consultées. Le cartouche précise : « Feuille dressée en 1824, mise à jour pour 1956 ». Cette formule ne permet pas de reporter l’inscription à 1824. Lu sur l’original

Plan cadastral mis à jour pour 1956 portant LE PLANÈGE, au-dessous d’AU LAC NOIR ; parcelles 82 à 115 et deux chemins ruraux rejoignant le chemin vicinal numéro 4, sans masse bâtie dans le lieu-dit.
AD Dordogne, 3 P 3 11287. Section A, feuille n° 1, mise à jour pour 1956, échelle 1/2 500. Nord vers le haut-gauche : l’orientation diffère de celle du plan de 1824.

Deux chemins ruraux rejoignent le chemin vicinal n° 4, de Brive à Bergerac. Plusieurs dessertes de 1824 ne sont plus dessinées ; cela ne prouve pas qu’elles aient disparu sur le terrain. Aucun bâtiment n’est figuré dans le lieu-dit.

DocumentNomCe qu’il prouve
1824 · A1Aucun nomUn secteur parcellaire sans bâti figuré ; pas une attestation du nom de lieu.
1956 · A1LE PLANÈGELe nom est inscrit sur la feuille mise à jour.
Extrait 2026LE PLANÈGELe cadastre numérique conserve le nom pour 34 parcelles.

Le « Plant » de 1897 reste un autre dossier

La recherche dans les registres paroissiaux (baptêmes, mariages, sépultures) et l’état civil n’apporte aucun acte sûrement attribuable au Planège. Une hypothèse ancienne rapprochait le domicile de Raimond Bannes de ce lieu. L’acte du 23 février 1897 dit pourtant « lieu du Plant » : 5 E 409/14, décès de 1897, vue 2 gauche, acte n° 2. La lecture est sûre. Le rapprochement demeure non établi ; cet homme n’est pas ajouté à une population du Planège. Attribution non retenue

XXe siècle →Le bois vu du ciel

Un couvert boisé qui traverse les images

Les deux mosaïques anciennes de photographies aériennes montrent un secteur largement boisé, des voies et, à l’ouest des extraits, des arbres plus espacés. Elles confirment la place durable du bois dans le paysage. Elles ne permettent pas d’affirmer que toutes les parcelles ont conservé les mêmes arbres ou les mêmes usages.

Vue aérienne en noir et blanc du secteur du Planège : couverture boisée, arbres espacés à l’ouest et voie claire en diagonale au sud-est.
IGN, mosaïque 1950–1965. Date exacte du cliché non déterminée ; « 1950 » est le nom du fichier préparatoire.
Seconde vue aérienne en noir et blanc du même secteur, montrant les bois, les voies et des rangées d’arbres sur la bordure occidentale.
IGN, mosaïque 1965–1980. Même cadrage, nord en haut. La date 1965 seule ne peut être attribuée à cette image.

Dans les données récentes consultées, le registre parcellaire graphique (RPG, déclarations agricoles) 2024 recoupe le lieu sur environ 0,38 ha déclarés en châtaigne, essentiellement des portions de parcelles aux marges. Ce chiffre ne mesure pas les châtaigniers du bois. La Base Adresse Nationale conserve aussi « Le Planege » pour une adresse de la route de la Motte Castrale : une adresse, à elle seule, ne prouve pas un ménage résident. Données consultées

À poursuivreLes propriétaires manquent

Remonter des parcelles aux actes

La prochaine preuve ancienne viendra peut-être d’un nom de canton (quartier du cadastre) dans l’état de sections. Pour connaître les propriétaires, les usages et les transmissions, il faut partir des numéros du plan, puis suivre les folios des matrices cadastrales (registres des propriétaires).

À consulter en salle

  • 63 P 1716

    État de sections A à E, sans date dans le répertoire : noms de canton, propriétaires et nature des parcelles du secteur, notamment A 171–200 de 1824 et leurs voisines.

  • 63 P 704

    Matrice de 1826 : suivre les comptes révélés par l’état de sections et les mutations des terrains.

  • 63 P 1547/1–2

    Propriétés non bâties, 1914–1955 : poursuivre les terrains jusqu’à la mise à jour. Demander la concordance avec les numéros A 82–115.

  • Cote à identifier

    Dossier de mise à jour pour 1956 et archives des chemins ; ensuite, actes de vente et de partage des propriétaires identifiés.

Cotes lues dans le répertoire AD24 de la série 63 P, p. 131. Les registres eux-mêmes restent à consulter.