Dossier d'archives · Dordogne
À l’ouest de Saint-Félix, le Planège est un morceau de bois découpé en parcelles et parcouru de chemins. Le plan de 1824 dessine les terrains sans écrire leur nom ; la feuille mise à jour pour 1956 porte enfin « LE PLANÈGE ». Entre ces deux images, aucune famille ne peut lui être rattachée sûrement. Son histoire se lit d’abord dans les limites, les dessertes et le couvert des arbres.
Tous les lieux-dits de Saint-Félix-de-Villadeix
Le lieu occupe une pointe entre la limite de Saint-Georges-de-Montclard, à l’ouest, et les voies qui bordent le bois à l’est et au sud-est. Le Lac Noir est son voisin du nord ; la pointe méridionale rejoint la limite de Liorac. Le cadastre numérique lui attribue 34 parcelles, A 82 à A 115. Leur contour couvre 22,93 hectares, sans emprise bâtie enregistrée dans les données consultées. Cadastre consulté
Au point de repère du lieu-dit, le calcul d’altitude de l’IGN (RGE ALTI) donne 165,61 m, arrondis ici à 166 m. C’est un repère ponctuel. L’absence de bâtiment dans la couche cadastrale ne constitue pas un inventaire de tous les ouvrages que les arbres pourraient cacher.
L’occitan planesa fournit une piste. Mistral donne à planeso le sens de « petite plaine » ou d’« esplanade » : l’entrée est lue sur l’image du Tresor dóu Felibrige, tome II, p. 589. Une notice sur l’origine du nom diffusée par le Département de la Dordogne explique ainsi le Planège de Montferrand-du-Périgord.
Ce parallèle régional rend plausible un nom de terrain relativement plan. Il ne démontre pas l’origine du Planège de Saint-Félix : il manque une forme ancienne et la prononciation locale. Hypothèse
La recherche dans l’index de Gourgues ne fournit aucune entrée pour ce lieu. Les articles voisins de sa p. 242, lue sur l’image, concernent Beauronne, Tursac et Neuvic. Aucune date médiévale de ces homonymes n’est transférable ici.
Sur Cassini, le repère moderne tombe dans un espace figuré en bois, près d’une grande voie. L’état-major ne nomme pas davantage Planège et ne dessine pas de groupe de maisons à cet emplacement. Ces cartes renseignent le paysage ; leur silence ne date pas l’apparition du nom. Lu sur les images
Le plan cadastral de 1824 est plus précis. La pointe méridionale de la feuille A1 est découpée en grandes pièces et petites parcelles, entre la limite communale et la « Route de Bergerac à Brives ». Deux dessertes intérieures se prolongent en doubles traits pointillés jusqu’à la route. Les parcelles 197 à 200 sont serrées contre celle-ci ; la 191 occupe une surface bien plus vaste.
Ni bâtiment ni nom Planège ne sont figurés dans ce secteur. Ce constat est lu sur le plan ; son rapprochement avec le lieu moderne reste géographique, sans table de concordance. On ne sait pas encore si les petites pièces sont des terres, des vignes ou des bois : l’état de sections (le registre qui décrit chaque parcelle et son propriétaire) doit le dire. Lu sur l’original
Sur la feuille A1 mise à jour pour 1956, l’inscription est nette, avec son accent grave. C’est la première attestation sûre du nom dans les pièces consultées. Le cartouche précise : « Feuille dressée en 1824, mise à jour pour 1956 ». Cette formule ne permet pas de reporter l’inscription à 1824. Lu sur l’original
Deux chemins ruraux rejoignent le chemin vicinal n° 4, de Brive à Bergerac. Plusieurs dessertes de 1824 ne sont plus dessinées ; cela ne prouve pas qu’elles aient disparu sur le terrain. Aucun bâtiment n’est figuré dans le lieu-dit.
| Document | Nom | Ce qu’il prouve |
|---|---|---|
| 1824 · A1 | Aucun nom | Un secteur parcellaire sans bâti figuré ; pas une attestation du nom de lieu. |
| 1956 · A1 | LE PLANÈGE | Le nom est inscrit sur la feuille mise à jour. |
| Extrait 2026 | LE PLANÈGE | Le cadastre numérique conserve le nom pour 34 parcelles. |
La recherche dans les registres paroissiaux (baptêmes, mariages, sépultures) et l’état civil n’apporte aucun acte sûrement attribuable au Planège. Une hypothèse ancienne rapprochait le domicile de Raimond Bannes de ce lieu. L’acte du 23 février 1897 dit pourtant « lieu du Plant » : 5 E 409/14, décès de 1897, vue 2 gauche, acte n° 2. La lecture est sûre. Le rapprochement demeure non établi ; cet homme n’est pas ajouté à une population du Planège. Attribution non retenue
Les deux mosaïques anciennes de photographies aériennes montrent un secteur largement boisé, des voies et, à l’ouest des extraits, des arbres plus espacés. Elles confirment la place durable du bois dans le paysage. Elles ne permettent pas d’affirmer que toutes les parcelles ont conservé les mêmes arbres ou les mêmes usages.
Dans les données récentes consultées, le registre parcellaire graphique (RPG, déclarations agricoles) 2024 recoupe le lieu sur environ 0,38 ha déclarés en châtaigne, essentiellement des portions de parcelles aux marges. Ce chiffre ne mesure pas les châtaigniers du bois. La Base Adresse Nationale conserve aussi « Le Planege » pour une adresse de la route de la Motte Castrale : une adresse, à elle seule, ne prouve pas un ménage résident. Données consultées
La prochaine preuve ancienne viendra peut-être d’un nom de canton (quartier du cadastre) dans l’état de sections. Pour connaître les propriétaires, les usages et les transmissions, il faut partir des numéros du plan, puis suivre les folios des matrices cadastrales (registres des propriétaires).
État de sections A à E, sans date dans le répertoire : noms de canton, propriétaires et nature des parcelles du secteur, notamment A 171–200 de 1824 et leurs voisines.
Matrice de 1826 : suivre les comptes révélés par l’état de sections et les mutations des terrains.
Propriétés non bâties, 1914–1955 : poursuivre les terrains jusqu’à la mise à jour. Demander la concordance avec les numéros A 82–115.
Dossier de mise à jour pour 1956 et archives des chemins ; ensuite, actes de vente et de partage des propriétaires identifiés.
Cotes lues dans le répertoire AD24 de la série 63 P, p. 131. Les registres eux-mêmes restent à consulter.