Dossier d'archives · Dordogne

Le Trou du Loup
en Villadeix

Au sud de La Vernelle, le Trou du Loup occupe un morceau de campagne bordé par la limite de Saint-Georges-de-Montclard. Le cadastre de 1824 y dessine de grandes parcelles sans bâtiment ; le plan mis à jour pour 1956 y inscrit enfin le nom. Les photographies montrent ensuite l'ouverture de terrains arborés, puis des vergers et de grands bâtiments agricoles. Le loup, lui, reste dans le nom : aucune histoire de capture ou de tanière n'est établie ici.

44,93390° N — 0,64984° E Commune de Saint-Félix-de-Villadeix (24405) Cadastre A 130–135 · ≈ 23,62 ha Altitude au point de référence ≈ 146 m
1956LE TROU DU LOUPplan A1 mis à jour pour 1956 · lu sur l'original
2026 · consultationLE TROU DU LOUPcadastre numérique · orthographe conservée
Le siteÀ la limite ouest

Un nom de terres, au-dessous de La Vernelle

Le périmètre cadastral moderne réunit six parcelles de la section A, nos 130 à 135, sur environ 23,62 hectares. Il s'étend au sud de La Vernelle et touche Saint-Georges-de-Montclard à l'ouest et au sud. Les chemins en dessinent une bonne partie des bords. Les coordonnées ci-dessus repèrent l'intérieur du lieu-dit, sans désigner une fosse particulière. L'IGN y fournit une altitude de 145,59 m, arrondie ici à 146 m. Cadastre et IGN. Données numériques

Fond IGN au sud de La Vernelle : le périmètre cadastral du Trou du Loup est ajouté en rouge ; plus au sud, hors de ce périmètre, figure le nom le Cros du Loup.
Deux noms proches, deux repères distincts. Contour cadastral ajouté en rouge ; point du dossier au centre. « le Cros du Loup » est porté plus au sud. Fond IGN, Cadastre Etalab et BD TOPO ; annotations du 29 septembre 2026.

Le dossier ne dispose d'aucune population recensée sous ce nom. La recherche des variantes Trou du Loup et Cros du Loup n'a trouvé aucune occurrence explicite dans les registres paroissiaux et l'état civil disponibles. Le dictionnaire de Gourgues n'en fournit pas davantage. Ce résultat borne la documentation : il ne prouve ni l'absence ancienne du nom, ni celle de toute fréquentation humaine. Sources consultées. Résultat négatif

Le nomLe creux et le loup

Un sens lisible, une origine encore inconnue

Le français Trou du Loup évoque un creux associé au loup. Le rapprochement avec Cros du Loup, variante proposée par le répertoire des lieux-dits établi pour cette étude, a un fondement linguistique : l'occitan cròs signifie notamment « creux » ou « trou ». Le lexique de Pèire Casado donne aussi, dans un contexte cadastral languedocien, le sens de « dépression de terrain ». Cette source éclaire le mot ; elle ne raconte pas l'histoire de ce lieu périgourdin. Casado, p. 74, entrée « CROS ». Source lexicale

La géographie oblige cependant à garder les deux noms séparés. L'objet IGN « le Cros du Loup » désigne un bois à Saint-Georges-de-Montclard, environ 520 m au sud du point de référence, hors du périmètre cadastral étudié. Un ancien nom de secteur a pu franchir la limite communale, ou se traduire différemment de part et d'autre ; aucun document consulté ne démontre cette histoire. BD TOPO, objet PAIE_NAT0000000049442795. Lien non établi

Les plans ne permettent d'identifier ici ni fosse de chasse ni tanière. Aucun acte retenu ne raconte une rencontre avec un loup. La date de création du nom et la raison précise de son emploi restent donc ouvertes.

XVIIIe–XIXe s.Le terrain avant le nom écrit

En 1824, trois grandes pièces et des chemins

Le premier cadastre a été « Terminé Sur Le Terrain Le 10 aout 1824 », comme le porte son tableau d'assemblage, AD24, 3 P 3 4616. Sur la feuille A1, 3 P 3 4617, le secteur correspondant au Trou du Loup actuel demeure anonyme. Les grandes parcelles 3, 4 et 5 occupent l'essentiel du recadrage ; les petits quadrilatères 1 et 2, au bord du chemin, ne sont pas coloriés comme des bâtiments. Lu sur les images

Cadastre de 1824, section A1 : grandes parcelles numérotées 3, 4 et 5, petits quadrilatères 1 et 2 au bord du chemin communal, sans inscription Trou du Loup ni emprise bâtie dans ce secteur.
AD24, 3 P 3 4617, feuille A1. Aucun nom du Trou du Loup n'est écrit. Le raccord avec le lieu-dit actuel repose sur les chemins et un calage approximatif, à quelques dizaines de mètres près ; ce n'est pas une table de concordance parcellaire.

Le réseau des chemins et la limite communale rendent ce rapprochement géographique solide à l'échelle du secteur. Ils ne suffisent pas à attribuer chaque ancienne parcelle à une parcelle moderne. Le plan ne renseigne pas non plus la nature fiscale des grandes pièces : bois, lande, terre ou autre culture doivent être cherchés dans l'état de sections (le registre qui décrit chaque parcelle). Identification du secteur

Extrait de Cassini montrant des symboles d'arbres et des reliefs dans le secteur situé au sud de Saint-Florent, sans nom Trou du Loup.
Cassini, XVIIIe siècle. Des arbres figurent dans le secteur ; aucun libellé du Trou du Loup. La localisation reste approximative sur cette carte ancienne.
Extrait de la carte d'état-major au sud de Lavernelle : chemins et hachures de relief, sans toponyme Trou du Loup ni groupe de maisons dans le secteur étudié.
État-major, XIXe siècle. Le secteur reste sans nom propre. Les hachures décrivent le relief ; elles ne constituent pas, à elles seules, une preuve de boisement.
1956Une attestation certaine

« LE TROU DU LOUP » entre dans le plan

La feuille AD24, 3 P 3 11287 porte dans son cartouche : « Feuille dressée en 1824, mise à jour pour 1956 ». Cette fois, le nom « LE TROU DU LOUP » se lit en grandes capitales au milieu de terrains toujours dépourvus de bâtiment figuré. Autour de l'inscription apparaissent les parcelles 130 à 135. Les deux petites parcelles 133 et 134 sont des contours vides : leur petite taille n'en fait pas des maisons. Lu sur l'image

Plan cadastral mis à jour pour 1956 : inscription LE TROU DU LOUP au centre, parcelles 130 à 135 et deux petits quadrilatères 133 et 134 sur la limite communale, sans bâtiment figuré.
AD24, 3 P 3 11287, section A, feuille n° 1. Première attestation du nom dans ce dossier. Le cartouche date la mise à jour de 1956, et non de 1824 ; les deux feuilles ont des orientations différentes.
DateCe qui est établiNiveau de preuve
1824Secteur sans nom du Trou du Loup et sans bâti figuré ; grandes parcelles 3–5.Plan original numérisé lu ; localisation moderne approximative.
1956LE TROU DU LOUP ; aucun bâtiment figuré autour du libellé.Nom et date de mise à jour lus sur la feuille A1.
2026LE TROU DU LOUP dans les données cadastrales consultées.Source numérique ; date de consultation, pas de création du nom.

1956 est une borne documentaire, pas un acte de naissance. Le nom pouvait déjà circuler bien avant que le géomètre l'inscrive. Pour remonter plus haut, il faut retrouver les désignations des terres dans les matrices cadastrales (registres des propriétaires et des impôts) et les actes qui les transmettent.

XXe–XXIe s.Un paysage mis en culture

Des arbres aux clairières, puis aux vergers

La première mosaïque aérienne disponible montre un couvert arboré étendu, d'aspect irrégulier, jusqu'aux abords des champs de La Vernelle. Sur la suivante, de larges parcelles ouvertes ont remplacé une partie de ce couvert, tandis que des arbres et des bosquets subsistent. Les quatre grandes emprises bâties visibles aujourd'hui n'apparaissent pas sur ces deux extraits. Comparaison d'images

Photographie aérienne ancienne en noir et blanc du Trou du Loup : couvert arboré morcelé sous les champs de La Vernelle, sans les grands bâtiments agricoles actuels.
IGN, couche 1950–1965. Le terrain est largement arboré. Le nom de la couche ne permet pas d'attribuer à ce cliché une année précise.
Photographie aérienne de la couche 1965–1980 : grandes surfaces dégagées au centre du Trou du Loup, bosquets et arbres isolés, avec des plantations alignées aux alentours.
IGN, couche 1965–1980. Les terrains ouverts s'étendent au centre. Mission exacte non identifiée : le défrichement ne peut pas encore être daté à l'année près.

Aujourd'hui : une activité agricole visible

Sur l'orthophotographie récente (photo aérienne), des plantations en rangs côtoient les bois ; quatre grands bâtiments s'échelonnent près d'une desserte, avec des panneaux visibles sur les toitures. La BD TOPO classe ces quatre objets dans l'usage « Agricole ». Le croisement du périmètre cadastral avec le RPG 2024 (registre des cultures déclarées) relève environ 10 hectares déclarés en châtaignes et 6,9 hectares de surfaces pastorales à dominante herbacée avec ressources ligneuses. Ce sont des déclarations de cultures, pas une datation des plantations. IGN et RPG. Image et données

Orthophotographie récente du Trou du Loup montrant quatre grands bâtiments agricoles à toitures partiellement couvertes de panneaux, une voie de desserte, des bois et des plantations d'arbres en rangs.
IGN, orthophotographie contemporaine consultée en 2026. Le millésime précis de prise de vue n'est pas établi. Les vergers se distinguent par leurs alignements ; l'espèce cultivée est renseignée séparément par le RPG.

Les champs relatifs au nombre de logements sont non renseignés dans ces quatre objets IGN. On ne peut donc pas transformer leur silence en un dénombrement de « zéro logement », encore moins en une population certaine. Le lieu documenté est un espace de terres et de travail agricole ; aucune histoire familiale résidentielle n'est établie sous ce nom.

À poursuivreLes pièces décisives

Retrouver le nom dans la description des terres

Les priorités sont précises : découvrir la première désignation écrite, connaître la nature des grandes parcelles et suivre leurs propriétaires anciens. Les cotes ci-dessous sont tirées du répertoire cadastral des AD24, vue PDF 131 ; leur contenu reste à consulter.

À consulter en salle

  • 63 P 1716

    État de sections A à E, sans date indiquée au répertoire : commencer par les anciennes parcelles A 1–10 et les abords 156–165. Chercher les noms de cantons, les cultures et les propriétaires.

  • 63 P 704

    Matrice des propriétés bâties et non bâties, 1826 : retrouver les comptes des propriétaires identifiés, puis les mutations. Aucun propriétaire du Trou du Loup n'est encore établi par cette notice.

  • 63 P 1547/1–2

    Matrices du non-bâti, 1914–1955 : suivre les terrains avant la mise à jour du plan. Demander aussi les documents de concordance avec la numérotation de 1956.

  • Mairie · cadastre

    Plans de rénovation, dossiers des chemins et permis des bâtiments agricoles. Les dates des clichés IGN et une enquête orale permettraient ensuite de préciser les transformations et l'usage local des deux noms.