Dossier d'archives · Dordogne
Au sud-ouest de Saint-Félix, les Gauilles occupent le fond de vallée où le Barbeyrol rejoint la Louyre. En 1824, les géomètres y dessinent des parcelles et des chemins, sans inscrire ce nom ni représenter de maison. Les photographies montrent ensuite les terres ouvertes et les bois voisins qui s’épaississent. Le cadastre conserve aujourd’hui « LES GAUILLES » pour un peu plus de huit hectares.
Tous les lieux-dits de Saint-Félix-de-Villadeix
Le contour des Gauilles suit le bas du versant : une pièce à l’ouest de la route, puis une longue bande à l’est, bordée au sud par le Barbeyrol. Le coteau boisé se tient au-dessus ; les terres ouvertes accompagnent le ruisseau. Le point de repère du lieu-dit est à 84,85 m selon le service altimétrique de l’IGN, soit environ 85 m.
Le cadastre téléchargé le 29 septembre 2026 donne 8,26 hectares, 22 parcelles rattachées par leur point intérieur, et aucune emprise bâtie dans ce contour. Le dossier disponible ne rattache aucune population au nom des Gauilles. Il décrit ici un lieu-dit foncier.Cadastre actuel
Gourgues fournit une piste précise. Dans l’introduction de son dictionnaire de 1873, il explique le mot régional Gauille :
« Gauille (prononcer Ga-ouil, Gaw-euil) est usité généralement pour indiquer une petite source dans les prés. »Gourgues, 1873, introduction p. XI
Le glossaire de l’IGN, p. 225, donne gaulha, « bourbier », pour la Dordogne. La notice municipale de La Chapelle-Aubareil rattache aussi ses propres « Gouilles » à ce vocabulaire occitan des endroits fangeux. Le rapprochement convient au bas-fond de Saint-Félix : un nom lié à l’humidité du sol est probable. Il reste à le confirmer par une forme ancienne locale.Interprétation
Gourgues n’apporte pas cette attestation : les entrées « Gauille » et « Gauilles » de sa p. 141 concernent d’autres communes. Les registres paroissiaux et l’état civil donnent surtout des noms de famille ressemblants et des rapprochements incertains. Aucun ne permet ici d’installer une famille ancienne aux Gauilles. Le nom seul ne prouve pas davantage l’existence d’une source précise ou d’un étang disparu.
Le tableau d’assemblage du cadastre napoléonien (plan cadastral de 1824) porte la date du 10 août 1824. La feuille D1, section dite du Cirier, est levée par le géomètre Lacoste. Dans son angle sud-ouest, elle détaille les terres que l’on peut rapprocher du périmètre actuel : petites pièces à l’ouest du chemin, parcelles plus étendues et bandes le long du ruisseau à l’est.Lu sur les plans
La feuille écrit « Ruisseau de Lagaune » à l’ouest et « Ruisseau de Barbeyrol. » au sud. Une voie traverse le fond de vallée ; un chemin s’en détache vers l’est au pied du coteau. Aucun bâtiment n’est figuré dans le secteur examiné, et « Les Gauilles » n’y est pas inscrit. Les petits rectangles du parcellaire ne sont donc pas, à eux seuls, des maisons disparues.
Le plan ne dit ni qui possède les terres ni ce qui est pré, jardin ou labour. L’état de sections (le registre du cadastre qui décrit chaque parcelle) donnera ces renseignements, peut-être aussi le nom que le géomètre a omis. Les numéros anciens ne doivent pas être confondus avec ceux du cadastre actuel.
Cassini laisse ce secteur sans nom particulier ; Juge fournit un repère voisin. L’état-major représente le fond de vallée en vert bleuté, teinte des prés, entre les versants hachurés. Ces images renseignent le paysage ; leur silence ne date pas l’apparition du nom.
La première photographie montre plusieurs divisions étroites et limites arborées dans le fond de vallée. Sur la seconde, de grandes surfaces claires se détachent dans le même espace agricole. Le coteau au nord-est est encore clairsemé ; l’orthophotographie récente montre à cet endroit une couverture d’arbres plus continue. Une partie de ce coteau est extérieure aux Gauilles.Images comparées
Les contrastes de teinte ne suffisent pas à identifier les cultures. Ces vues ne permettent pas non plus de dater un remembrement, un drainage ou une plantation : elles montrent une évolution du paysage, dont les modalités restent à documenter.
Le registre parcellaire graphique de 2024 recense environ 5,6 hectares de prairie permanente dans le contour cadastral : près des deux tiers du lieu-dit. Cette déclaration décrit un millésime agricole ; elle ne démontre pas deux siècles d’un même usage.
| Source | Mesure | Ce qu’elle établit |
|---|---|---|
| Cadastre · 2026 | 8,26 ha · 22 parcelles | Lieu-dit « LES GAUILLES », section D ; aucune emprise bâtie. |
| RPG · 2024 | ≈ 5,6 ha | Prairie permanente, code PPH, dans le périmètre. |
| PLUi · 2024 | 7,45 ha Atvb · 0,81 ha N | Zone agricole protégée ; zone naturelle et forestière. |
| PLUi · 2024 | ≈ 8,11 ha · ≈ 1,19 km | Couche des zones humides ; haies et ripisylves (bois de berge) repérées. |
Les surfaces du PLUi proviennent du croisement avec les données de l’édition 20241126. Le règlement graphique situe bien ce bas-fond dans un ensemble agricole et humide. Ce constat renforce la cohérence de l’explication du nom ; il ne la transforme pas en preuve historique.Données du PLUi
La lacune essentielle tient à quelques registres fonciers : ils pourraient donner aux parcelles de 1824 leur nom, leur usage et leurs propriétaires. Les cotes suivantes figurent au répertoire des Archives de la Dordogne, p. 131 ; les volumes restent à consulter.
État de sections A à E, sans date au répertoire. Commencer par le secteur D1, autour des anciens numéros 70–98 : noms des cantons, nature et propriétaires des pièces.
Matrice cadastrale de 1826 (registre des propriétaires). Suivre les comptes repérés dans l’état de sections et les mutations des terres.
Propriétés non bâties, 1914–1955. Reconstituer les changements et rechercher la concordance avec le cadastre actuel.
Notaires, voirie et hydraulique. À partir des propriétaires identifiés, rechercher ventes, partages, baux de prés et servitudes. Aucun acte concernant les Gauilles n’est encore établi dans ces séries.