Une longue bande de terrain au-dessus du vallon
À environ 1,2 kilomètre au sud-est du bourg, le lieu-dit cadastral s'étire sur quelque 600 mètres du nord au sud. Le relief descend vers l'est et vers le vallon de Barbeyrol, au sud. Le point de repère du lieu-dit se trouve à environ 158 mètres d'altitude ; cette mesure ne vaut pas pour tout le versant. Cadastre · IGN
Le contour actuel réunit dix-neuf parcelles, D 260 à D 278, pour une surface géométrique d'environ 9,27 hectares. Aucun bâtiment n'y est dessiné dans l'extraction cadastrale examinée. La maison visible au nord-ouest de la photographie est extérieure au lieu-dit. Données du cadastre
Le nom déborde légèrement ce contour sur les données de l'IGN : son point « les Brandes », classé Bois, est situé à environ 15 mètres à l'extérieur du polygone, du côté de la commune codée 24445. Le nom cartographique du bois et l'emprise fiscale de Saint-Félix sont donc deux repères distincts. Données du cadastre
Le souvenir d'une végétation
En occitan, branda désigne notamment la grande bruyère à balais : c'est le sens donné par l'étude toponymique publiée par la mairie de La Chapelle-Aubareil. Le français régional brande désigne aussi bien une bruyère que le terrain inculte où elle pousse, selon le Dictionnaire de l'Académie française. Un nom de lande ou de broussailles est ainsi l'explication la plus probable ici. Interprétation
Ce sens ne date pas le lieu-dit. Il ne suffit pas davantage à identifier les plantes qui poussaient sur ces parcelles, ni à prouver un ancien pacage (pâturage), un écobuage (brûlis de la végétation) ou une récolte de bruyère. Les photographies donnent une physionomie du terrain ; l'état de sections (le registre du cadastre qui décrit chaque parcelle) devra donner sa nature fiscale.
Des cartes silencieuses, des homonymes à écarter
Ni l'extrait de Cassini ni celui de la carte d'état-major ne portent le nom des Brandes dans le secteur repéré. Ils figurent des versants hachurés, sans groupe de maisons à cet emplacement. Leur échelle et leurs décalages empêchent d'en tirer une preuve d'absence de toute occupation. Lu sur les images
Les registres paroissiaux et d'état civil ne livrent pas d'attestation locale sûre. Plusieurs « La Brande » renvoient à d'autres paroisses ou communes. Une lecture douteuse de « moulin de la Brande » a été reprise sur 5 E 409/2, vue 249, page gauche, deuxième acte : le nom reste insuffisamment lisible pour être retenu. Aucun moulin des Brandes n'est établi. Rien trouvé
En 1873, Gourgues n'offre pas de point d'appui supplémentaire. La page 40 de son dictionnaire donne plusieurs « La Brande » ailleurs en Dordogne ; son article « Brandes (Les) » concerne Vallereuil. Aucune de ces mentions ne doit vieillir artificiellement les Brandes de Saint-Félix. Lu sur l'imprimé
Des terres numérotées, aucun nom développé
Le tableau d'assemblage porte la date de fin des opérations sur le terrain : 10 août 1824. Dans le secteur des Brandes, au sud de la station de triangulation B, il inscrit une abréviation que l'on peut transcrire « B.es », les deux dernières lettres étant surélevées. Son développement n'est pas donné. « Brandes » ou « bruyères » sont des hypothèses, pas des mots lus sur le plan. 3 P 3 4616
La feuille détaillée appartient à la section D, dite du Cirier, deuxième division, levée par le géomètre Lacoste. On y lit les numéros 260 à 278, avec notamment une parcelle 264 bis, dans la bordure orientale. Grandes pièces au nord, bandes et petites pièces au sud : le dessin est déjà celui d'un terrain divisé. Aucun bâtiment carmin n'est représenté dans cet ensemble. 3 P 3 4624
Le chemin de limite est désigné par les mots « Chemin », « De Léysertade », « à S.t Felix », répartis le long de son tracé. À l'extérieur se lit le nom de Saint-Marcel. La feuille ne nomme pas les Brandes et ne dit ni qui possède ces terres, ni lesquelles sont bois, landes, vignes ou terres labourables. La reprise de nombreux numéros dans le cadastre actuel facilite le rapprochement ; elle ne dispense pas de suivre les divisions et réunions dans les matrices cadastrales (registres des propriétaires).
| Date | Document | Ce qui est établi |
|---|---|---|
| 1824 | 3 P 3 4616 et 4624 | Parcellaire sans bâti figuré ; « B.es » au tableau d'assemblage ; nom développé non attesté. |
| 1873 | Gourgues, p. 40 | L'article « Brandes (Les) » désigne Vallereuil, pas Saint-Félix. |
| 1950–1980 | Deux mosaïques IGN | Végétation discontinue puis plus dense ; dates de clichés non déterminées. |
| Relevé 2026 | Cadastre numérique | « LES BRANDES » : 19 parcelles, environ 9,27 hectares, aucun bâtiment cadastré. |
Des trouées anciennes au bois actuel
La mosaïque IGN 1950–1965 montre des arbres espacés, des trouées claires et des limites de parcelles encore perceptibles. Dans celle de 1965–1980, le couvert apparaît plus serré. L'orthophotographie récente montre une emprise très largement boisée. La comparaison établit cette densification visible ; elle ne permet pas de choisir entre plantation, repousse après coupe et progression spontanée du bois. Comparaison d'images
Aujourd'hui
Dans les données réunies pour cette notice, le zonage du PLUi-H de 2024 place toute l'emprise en zone N, naturelle et forestière. Le périmètre de ZNIEFF (zone naturelle d'intérêt écologique) n° 720012869 conservé dans le dossier, intitulé « Coteaux xérothermiques de Sainte Foy de Longas », en recoupe environ 7,7 hectares. Ces données décrivent un cadre paysager et écologique ; elles ne renseignent pas l'exploitation ancienne des parcelles. Données recoupées
Le nom demeure aussi dans l'usage des promeneurs : un itinéraire publié sur Visorando, étape 10, situe les Brandes dans la traversée forestière qui descend vers Barbeyrol. C'est un témoignage contemporain du nom, à une échelle plus large que celle des parcelles cadastrales. Source numérique
La pièce décisive reste l'état de sections
Les sources examinées permettent de suivre le terrain depuis 1824. Elles ne fournissent encore ni première attestation ancienne du nom, ni chaîne de propriétaires, ni preuve de droits collectifs sur ces terres. Les registres fiscaux peuvent apporter ces réponses.
À consulter en salle
- 63 P 1716
État de sections A à E. Chercher en section D les articles 260 à 278, sans oublier 264 bis : nom du canton, nature de culture, contenance et propriétaire. Premier point : savoir si « Les Brandes » y est écrit.
- 63 P 704
Matrice des propriétés bâties et non bâties. Partir des propriétaires trouvés à l'état de sections, puis relever les comptes, mutations et éventuels changements de nature.
- 63 P 1547/1–2
Matrices des propriétés non bâties. Suivre le prolongement de cette histoire foncière et les modifications du parcellaire. Ces cotes sont repérées dans l'inventaire publié des AD Dordogne ; leur contenu n'a pas été consulté.
- Minutes notariales
Après identification d'un propriétaire et d'une mutation, rechercher l'acte correspondant : vente, partage ou bail peut nommer les Brandes et décrire leurs usages. Aucun notaire ni acte précis n'est encore identifié.