Dossier d'archives · Dordogne

Le Cambout
en Villadeix

Au pied du coteau, une longue bande de terres accompagne les courbes de la Louyre. Le plan cadastral de 1824 en dessine les parcelles, sans inscrire le nom du Cambout ni y montrer de maisons. Les photographies suivent ensuite les champs, les prés et les arbres de la rive. À l'extrémité orientale, un lavoir couvert donne un visage à ce petit terroir dont les propriétaires anciens restent à retrouver.

44,91952° N — 0,67904° E Commune de Saint-Félix-de-Villadeix (24405) Cadastre actuel section E · ≈ 6,9 ha · 21 parcelles Altitude au point repère ≈ 91 m (IGN)
1824Non nomméle terrain est dessiné sur E2 ; le nom de lieu n'y est pas inscrit
Relevé de 2026LE CAMBOUTcadastre numérique, commune 24405
Relevé de 2026Le CamboutBase Adresse Nationale ; ancienneté de cette forme non établie

Tous les lieux-dits de Saint-Félix-de-Villadeix

Le siteEntre coteau et rivière

Un nom posé sur des terres

Le Cambout s'étire au sud-ouest du bourg, sur la rive droite de la Louyre. Son périmètre cadastral suit le pied du versant au nord-ouest et les inflexions de la rivière au sud-est ; il atteint, au nord-est, le pont de la route de la Motte Castrale. Les quelque 6,9 hectares forment surtout une bande de champs et de prés. Le grand bois qui domine cette bande est, pour l'essentiel, en dehors du lieu-dit. Cadastre · images IGN

Vue aérienne de la vallée de la Louyre : le contour jaune du Cambout entoure une bande de champs, une prairie au sud-ouest et une cour bâtie au nord-est, sous un coteau boisé.
Le périmètre cadastral actuel, ajouté en jaune sur l'orthophotographie IGN (photo aérienne). Nord en haut. Le contour vient du fichier officiel de la commune 24405 ; la date précise du cliché n'est pas établie. Cette limite actuelle n'est pas une limite de propriété ancienne.

Les vingt et une parcelles modernes appartiennent à la section E. L'altitude d'environ 91 mètres correspond au point de repère du lieu-dit, au milieu du lieu, et non à une mesure uniforme de toute la vallée. Aucun ménage n'est rattaché au Cambout dans le relevé des mentions du lieu : aucune histoire de famille résidente n'est donc établie ici. Cela ne signifie ni que ces terres étaient sans propriétaires, ni que le lieu est aujourd'hui entièrement dépourvu de bâtiments.

Le nomUne piste occitane

La terre du fond de vallée ?

Le rapprochement avec l'occitan cambon, également représenté par des noms de terres Cambou, est plausible. Dans son étude de 1987, Ernest Nègre décrit un terrain d'alluvions bordant un cours d'eau, cultivé ou occupé par un pré. Cette situation convient au Cambout de la Louyre. Nègre, « Cambon, Chambon en France », p. 145. Rapprochement proposé

Il manque cependant une série de formes écrites anciennes pour démontrer cette origine locale et expliquer le t final. « Cambou » n'est pas une forme ancienne attestée de ce lieu dans les pièces retenues. L'étymologie proposée ne permet pas davantage de dater sa mise en culture ou d'y supposer une occupation antique.

1678 · recherchesLes noms voisins

Le piège de Camberou

La recherche dans les registres paroissiaux et l'état civil fait remonter des Cambou, Cambrou et Camberou. Deux actes lus sur les images sont concernés : le 6 mars 1678, un parrain réside dans un moulin ; le 20 septembre 1678, une défunte et son mari sont rattachés à un village. Dans les deux cas, le curé écrit explicitement « paroisse de Ste Foy de Longa ». Ces mentions concernent un autre lieu. 5 E 409/1 · vues 436, 452

Acte de sépulture du 20 septembre 1678 : le village lu Camberou est suivi de la précision paroisse de Sainte-Foy-de-Longas.
AD Dordogne, 5 E 409/1, vue 452, page gauche. Lu « Camberou [?] » (« [?] » : lecture incertaine), là où un relevé ancien proposait « Cambrou ». La paroisse de Sainte-Foy-de-Longas est lisible : cet acte ne fournit pas des habitants au Cambout de Saint-Félix.

Une autre lecture « Camberou [?] », le 28 août 1758, reste brouillée par l'encre traversant le papier (5 E 409/3, vues 183-184). Elle est conservée comme piste, sans identification au Cambout. L'index de Gourgues (1873) ne fournit pas d'entrée sous Cambout ni sous les variantes proches recherchées. Ce sont les limites des documents consultés : la première attestation ancienne du nom reste à trouver. Recherche ouverte

XVIIIe–XIXe s.Le terrain sur les cartes

En 1824, des parcelles jusqu'au bord de l'eau

Le tableau d'assemblage donne la date du levé : « Terminé Sur le Terrain Le 10 aout 1824 » (AD24, 3 P 3 4616). La vallée apparaît sur la deuxième feuille de la section E, dite de Caveroque, au 1/2 500 (3 P 3 4626). Dans le secteur correspondant au Cambout, des parcelles allongées descendent vers le cours d'eau, écrit « Louire ». Un chemin longe leur bord supérieur. Aucune emprise bâtie carmin n'y est dessinée. Lu sur le plan

Cadastre de 1824, section E2 : parcelles étroites au nord de la rivière Louire, chemin parallèle à la vallée, plusieurs bras d'eau et aucune maison dans le secteur du Cambout.
AD24, 3 P 3 4626, détail de la feuille E2. Les numéros 663 à 668 sont des repères lisibles dans la bande centrale. Ils serviront à retrouver les articles de l'état de sections (liste des parcelles et de leurs propriétaires) ; une concordance parcelle par parcelle avec le cadastre actuel reste à établir. « Le Cambout » n'est pas écrit sur cet extrait.

Le plan montre aussi plusieurs bras d'eau et des découpages que la photographie actuelle ne reproduit pas tous à l'identique. Il ne donne ni le propriétaire, ni la culture de chaque parcelle, ni la fonction certaine de chaque branche hydraulique. On ne peut donc transformer ces dessins en preuve d'un moulin au Cambout, ni appeler toutes les parcelles « prés » sans consulter l'état de sections.

Carte de Cassini montrant la Louyre au pied des coteaux ; aucun nom Cambout n'apparaît dans le secteur central de la vallée.
Cassini, XVIIIe siècle. Le secteur est sans nom Cambout ni symbole de hameau identifiable à cet emplacement. Le moulin figuré vers le sud-ouest est un repère voisin, pas une preuve pour ce lieu.
Carte d'état-major : un ruban vert suit la rivière entre les coteaux hachurés, sans village nommé Le Cambout.
État-major, XIXe siècle. Le fond de vallée est figuré en vert, lecture compatible avec des prairies. Aucun nom Cambout ni groupe de maisons n'y est identifié. Date précise de la minute non établie.

Le silence de ces cartes à petite échelle ne date pas la naissance du nom. En revanche, la finesse du parcellaire de 1824 permet de documenter un espace de terres sans groupe bâti représenté, bien avant sa photographie.

XXe–XXIe s.Champs, prés et lavoir

Une bande agricole qui reste ouverte

Les deux mosaïques aériennes historiques de l'IGN montrent de petites unités de culture, des espaces herbeux et des arbres alignés près de la rivière. Sur la plus ancienne, le coteau présente un couvert plus discontinu que sur la vue récente. La bande du Cambout demeure ouverte entre ce versant et la rive arborée. Les fichiers appartiennent aux couches 1950-1965 et 1965-1980 : leurs noms ne permettent pas d'affirmer que les clichés ont été pris exactement en 1950 et en 1965. Images comparées

Photographie aérienne ancienne : bandes agricoles et prés près de la Louyre, arbres espacés sur la rive, végétation discontinue sur le coteau.
IGN, couche 1950-1965. Le fond de vallée et la bande au pied du coteau ; jour et année du cliché non identifiés.
Photographie aérienne de la couche 1965-1980 : cultures en bandes entre le coteau et la rivière bordée d'arbres.
IGN, couche 1965-1980. Même fenêtre de 700 mètres environ. La comparaison décrit le paysage ; elle ne date pas précisément les changements.

Le lavoir au pont

Au nord-est, la BD TOPO situe un lavoir à proximité immédiate du pont, sur la bordure du périmètre cadastral du Cambout. Une photographie de Père Igor, datée du 28 septembre 2008, montre la couverture de tuiles, la charpente ouverte et le bord aménagé de la rivière. Elle prouve son existence à cette date ; aucun document consulté ne date sa construction ou sa restauration. Photographie · repérage IGN

Le lavoir couvert au bord de la Louyre, vu depuis le pont : toiture de tuiles sur poteaux, surface de lavage au bord de l'eau et panneau La Louyre.
Le lavoir sur la Louyre, 28 septembre 2008. Photo Père Igor, Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0. Image redimensionnée et recompressée, sans recadrage ; version diffusée sous la même licence.

Aujourd'hui

Le nom est conservé par le cadastre numérique et par la Base Adresse Nationale, qui rattache au Cambout le 281, route de la Motte Castrale. La vue aérienne montre une construction et une cour à cette extrémité. Les bases du bâti divergent : le croisement cadastral fourni ne compte aucune emprise, tandis que la BD TOPO en compte une. Le « zéro » d'une base ne doit donc pas être lu comme une absence matérielle de construction.

Le croisement du registre parcellaire graphique 2024 avec le lieu-dit relève environ 4,52 hectares déclarés : 3,26 de cultures pérennes à forte biomasse, 1,17 de prairie permanente, et de très petites surfaces temporairement non exploitées ou en maïs. Le code de culture ne distingue pas l'espèce cultivée dans la première catégorie. Ces données décrivent l'usage agricole déclaré en 2024, sans identifier un propriétaire ni une culture des siècles précédents. RPG 2024 · relevé spatial

Les preuvesCe qui est daté

Les jalons, avec leur portée

DatePièceCe qu'elle établit
16785 E 409/1
vues 436, 452
Un autre lieu, paroisse de Sainte-Foy-de-Longas. Lecture incertaine ; attribution au Cambout écartée.
18243 P 3 4616
3 P 3 4626
Le terrain : parcelles et rivière, sans nom Cambout ni bâti représenté dans le secteur.
1950–1980Deux couches
aériennes IGN
Paysage agricole observé ; dates exactes des prises de vue inconnues.
2008Photo Père Igor
28 septembre
Lavoir couvert photographié ; date de construction inconnue.
2024RPG
relevé spatial
Cultures et prairies déclarées ; aucune rétroprojection sur les usages anciens.
2026Cadastre numérique
et BAN
LE CAMBOUT / Le Cambout : nom conservé. Date d'apparition du nom de lieu non établie.
À poursuivreLes propriétaires et le nom

Passer du plan aux registres fonciers

La prochaine pièce décisive serait un article cadastral donnant ensemble le nom de la terre, son numéro, sa nature et son propriétaire. Les cotes suivantes figurent dans l'inventaire des Archives de la Dordogne ; les registres eux-mêmes n'ont pas été consultés.

À consulter en salle

  • 63 P 1716

    État de sections A à E, sans date dans l'inventaire. Chercher la bande de vallée de la feuille E2, notamment les numéros 663 à 668 : le nom Cambout y figure-t-il ? Quelles natures de culture et quels propriétaires sont indiqués ?

  • 63 P 704

    Matrice de 1826 (registre des propriétaires) : retrouver les comptes des propriétaires identifiés dans l'état de sections et suivre les mutations. Ne pas confondre ses numéros anciens avec les numéros modernes.

  • 63 P 1547/1-2

    Matrices non bâties, 1914-1955 : suivre les terres, les changements de nature et les renvois de comptes ; rechercher la continuité du nom.

  • Mairie · cote à établir

    Délibérations, devis et factures concernant le lavoir et le pont de la Louyre : construction, entretien, restauration. Leur présence dans les archives communales reste à vérifier.