Dossier d'archives · Dordogne
Au pied du coteau, une longue bande de terres accompagne les courbes de la Louyre. Le plan cadastral de 1824 en dessine les parcelles, sans inscrire le nom du Cambout ni y montrer de maisons. Les photographies suivent ensuite les champs, les prés et les arbres de la rive. À l'extrémité orientale, un lavoir couvert donne un visage à ce petit terroir dont les propriétaires anciens restent à retrouver.
Tous les lieux-dits de Saint-Félix-de-Villadeix
Le Cambout s'étire au sud-ouest du bourg, sur la rive droite de la Louyre. Son périmètre cadastral suit le pied du versant au nord-ouest et les inflexions de la rivière au sud-est ; il atteint, au nord-est, le pont de la route de la Motte Castrale. Les quelque 6,9 hectares forment surtout une bande de champs et de prés. Le grand bois qui domine cette bande est, pour l'essentiel, en dehors du lieu-dit. Cadastre · images IGN
Les vingt et une parcelles modernes appartiennent à la section E. L'altitude d'environ 91 mètres correspond au point de repère du lieu-dit, au milieu du lieu, et non à une mesure uniforme de toute la vallée. Aucun ménage n'est rattaché au Cambout dans le relevé des mentions du lieu : aucune histoire de famille résidente n'est donc établie ici. Cela ne signifie ni que ces terres étaient sans propriétaires, ni que le lieu est aujourd'hui entièrement dépourvu de bâtiments.
Le rapprochement avec l'occitan cambon, également représenté par des noms de terres Cambou, est plausible. Dans son étude de 1987, Ernest Nègre décrit un terrain d'alluvions bordant un cours d'eau, cultivé ou occupé par un pré. Cette situation convient au Cambout de la Louyre. Nègre, « Cambon, Chambon en France », p. 145. Rapprochement proposé
Il manque cependant une série de formes écrites anciennes pour démontrer cette origine locale et expliquer le t final. « Cambou » n'est pas une forme ancienne attestée de ce lieu dans les pièces retenues. L'étymologie proposée ne permet pas davantage de dater sa mise en culture ou d'y supposer une occupation antique.
La recherche dans les registres paroissiaux et l'état civil fait remonter des Cambou, Cambrou et Camberou. Deux actes lus sur les images sont concernés : le 6 mars 1678, un parrain réside dans un moulin ; le 20 septembre 1678, une défunte et son mari sont rattachés à un village. Dans les deux cas, le curé écrit explicitement « paroisse de Ste Foy de Longa ». Ces mentions concernent un autre lieu. 5 E 409/1 · vues 436, 452
Une autre lecture « Camberou [?] », le 28 août 1758, reste brouillée par l'encre traversant le papier (5 E 409/3, vues 183-184). Elle est conservée comme piste, sans identification au Cambout. L'index de Gourgues (1873) ne fournit pas d'entrée sous Cambout ni sous les variantes proches recherchées. Ce sont les limites des documents consultés : la première attestation ancienne du nom reste à trouver. Recherche ouverte
Le tableau d'assemblage donne la date du levé : « Terminé Sur le Terrain Le 10 aout 1824 » (AD24, 3 P 3 4616). La vallée apparaît sur la deuxième feuille de la section E, dite de Caveroque, au 1/2 500 (3 P 3 4626). Dans le secteur correspondant au Cambout, des parcelles allongées descendent vers le cours d'eau, écrit « Louire ». Un chemin longe leur bord supérieur. Aucune emprise bâtie carmin n'y est dessinée. Lu sur le plan
Le plan montre aussi plusieurs bras d'eau et des découpages que la photographie actuelle ne reproduit pas tous à l'identique. Il ne donne ni le propriétaire, ni la culture de chaque parcelle, ni la fonction certaine de chaque branche hydraulique. On ne peut donc transformer ces dessins en preuve d'un moulin au Cambout, ni appeler toutes les parcelles « prés » sans consulter l'état de sections.
Le silence de ces cartes à petite échelle ne date pas la naissance du nom. En revanche, la finesse du parcellaire de 1824 permet de documenter un espace de terres sans groupe bâti représenté, bien avant sa photographie.
Les deux mosaïques aériennes historiques de l'IGN montrent de petites unités de culture, des espaces herbeux et des arbres alignés près de la rivière. Sur la plus ancienne, le coteau présente un couvert plus discontinu que sur la vue récente. La bande du Cambout demeure ouverte entre ce versant et la rive arborée. Les fichiers appartiennent aux couches 1950-1965 et 1965-1980 : leurs noms ne permettent pas d'affirmer que les clichés ont été pris exactement en 1950 et en 1965. Images comparées
Au nord-est, la BD TOPO situe un lavoir à proximité immédiate du pont, sur la bordure du périmètre cadastral du Cambout. Une photographie de Père Igor, datée du 28 septembre 2008, montre la couverture de tuiles, la charpente ouverte et le bord aménagé de la rivière. Elle prouve son existence à cette date ; aucun document consulté ne date sa construction ou sa restauration. Photographie · repérage IGN
Le nom est conservé par le cadastre numérique et par la Base Adresse Nationale, qui rattache au Cambout le 281, route de la Motte Castrale. La vue aérienne montre une construction et une cour à cette extrémité. Les bases du bâti divergent : le croisement cadastral fourni ne compte aucune emprise, tandis que la BD TOPO en compte une. Le « zéro » d'une base ne doit donc pas être lu comme une absence matérielle de construction.
Le croisement du registre parcellaire graphique 2024 avec le lieu-dit relève environ 4,52 hectares déclarés : 3,26 de cultures pérennes à forte biomasse, 1,17 de prairie permanente, et de très petites surfaces temporairement non exploitées ou en maïs. Le code de culture ne distingue pas l'espèce cultivée dans la première catégorie. Ces données décrivent l'usage agricole déclaré en 2024, sans identifier un propriétaire ni une culture des siècles précédents. RPG 2024 · relevé spatial
| Date | Pièce | Ce qu'elle établit |
|---|---|---|
| 1678 | 5 E 409/1 vues 436, 452 | Un autre lieu, paroisse de Sainte-Foy-de-Longas. Lecture incertaine ; attribution au Cambout écartée. |
| 1824 | 3 P 3 4616 3 P 3 4626 | Le terrain : parcelles et rivière, sans nom Cambout ni bâti représenté dans le secteur. |
| 1950–1980 | Deux couches aériennes IGN | Paysage agricole observé ; dates exactes des prises de vue inconnues. |
| 2008 | Photo Père Igor 28 septembre | Lavoir couvert photographié ; date de construction inconnue. |
| 2024 | RPG relevé spatial | Cultures et prairies déclarées ; aucune rétroprojection sur les usages anciens. |
| 2026 | Cadastre numérique et BAN | LE CAMBOUT / Le Cambout : nom conservé. Date d'apparition du nom de lieu non établie. |
La prochaine pièce décisive serait un article cadastral donnant ensemble le nom de la terre, son numéro, sa nature et son propriétaire. Les cotes suivantes figurent dans l'inventaire des Archives de la Dordogne ; les registres eux-mêmes n'ont pas été consultés.
État de sections A à E, sans date dans l'inventaire. Chercher la bande de vallée de la feuille E2, notamment les numéros 663 à 668 : le nom Cambout y figure-t-il ? Quelles natures de culture et quels propriétaires sont indiqués ?
Matrice de 1826 (registre des propriétaires) : retrouver les comptes des propriétaires identifiés dans l'état de sections et suivre les mutations. Ne pas confondre ses numéros anciens avec les numéros modernes.
Matrices non bâties, 1914-1955 : suivre les terres, les changements de nature et les renvois de comptes ; rechercher la continuité du nom.
Délibérations, devis et factures concernant le lavoir et le pont de la Louyre : construction, entretien, restauration. Leur présence dans les archives communales reste à vérifier.