Dossier d'archives · Dordogne

Coutures
en Villadeix

Une seule mention connue : en 1866, le recenseur ouvre une rubrique « Coutures. » entre Croix Rouge et Moulin Blanchard, pour un ménage de trois personnes — un tailleur d'habits, sa femme, leur fille. Ni avant, ni après, le nom ne reparaît ; la maison même n'a jamais été localisée. Le fil du tailleur, suivi de 1861 à 1872, mène peut-être vers la Combe de Lugon — sans que les deux noms puissent être fondus en un seul lieu.

Tous les lieux-dits de Saint-Félix-de-Villadeix
Commune de Saint-Félix-de-Villadeix (24405) Localisation non établie Attesté en 1866 seulement
1866Coutures.liste nominative, 6 MI 96, p12D
1866Coutières [?]récapitulatif p15G, écriture resserrée, non tranchée
1866Un nom, trois personnes

Une maison qu'on ne sait pas placer

En 1866, le recenseur de Saint-Félix-de-Villadeix inscrit, entre les rubriques Croix Rouge et Moulin Blanchard, un nom de lieu écrit verticalement en marge : « Coutures. » Sous ce nom, trois lignes de la liste nominative portent un ménage entier — pas un simple terroir sans habitant. Lu sur l'original

Nom écritÂgeQualité ou relation écrite
Reversade Pierre44« tailleur d'habits », « chef de ménage »
Monteil Marie40« sa femme »
Reversade Marie11« leur fille »
Ligne du recensement de 1866 : Reversade Pierre 44 ans tailleur d'habits chef de ménage, Monteil Marie 40 ans sa femme, Reversade Marie 11 ans leur fille, sous la rubrique Coutures.
AD24, 6 MI 96, p12D, page 22, lignes 9-11. Le ménage recensé sous « Coutures. »

Le récapitulatif de la même page confirme une maison, un ménage pour cette ligne ; le nombre d'individus, dans la colonne la plus à droite, tombe dans l'ombre de la reliure et n'a pu être recompté séparément — mais les trois personnes de la liste nominative suffisent à l'établir. L'écriture y est plus serrée : on peut y lire aussi bien « Coutières » que « Coutures », sans trancher. Ce n'est donc pas une seconde attestation indépendante du nom. Lecture incertaine : Coutières

Ligne du récapitulatif du recensement de 1866 entre Croix Rouge et Moulin Blanchard, colonnes maisons et ménages à 1, écriture resserrée du nom de lieu.
AD24, 6 MI 96, p15G, récapitulatif. Une maison, un ménage ; le nom, ici, hésite entre deux lectures.

Le document établit une occupation résidentielle et un métier. Il ne dit ni si Pierre Reversade est propriétaire, ni depuis quand la famille habite là, ni où se trouve la maison : aucune parcelle, coordonnée ou altitude ne peut lui être attribuée avec certitude. Le statut « disparu » retenu pour ce dossier concerne le nom, non retrouvé dans les nomenclatures contemporaines consultées — il ne démontre ni la démolition de la maison ni l'abandon du site.

1861–1872Un tailleur suivi à la trace

Vers la Combe de Lugon, sans certitude

Le même Pierre Reversade, tailleur d'habits, se retrouve dans trois autres documents, avant et après 1866. Son nom, son métier, le patronyme de son épouse et la progression d'âge de sa fille rendent le rapprochement très probable ; mais les deux « Marie » de 1861 et 1866 deviennent deux « Jeanne » en 1872, et l'âge de l'épouse ne progresse pas régulièrement d'un recensement à l'autre (31 ans en 1861, 40 en 1866, 36 en 1872).

DateForme écrite du domicileCe qui est luRéférence
1861« Suite des Quatremailles »Pierre Reversade, tailleur d'habits, 39 ans ; Marie Monteil, 31 ans ; Marie Reversade, 6 ans ; deux ouvriers tailleurs.6 MI 85, p07D, p.14, lignes 5-9
1866« Coutures. »Le ménage de trois personnes décrit ci-dessus.6 MI 96, p12D et p15G
1869« Combe de Lugon »Pierre Reversade, 45 ans, tailleur d'habits, déclare un décès ; domicilié à la Combe de Lugon.5 E 409/11, décès, acte 13
1872« Suite de la Combe de Lugon »Pierre Reversade, tailleur d'habits, 50 ans ; Jeanne Monteil, 36 ans ; Jeanne Reversade, 17 ans.6 MI 106, p10D, p.20
Ligne du recensement de 1861 : famille Reversade sous la rubrique Suite des Quatremailles, avec deux ouvriers tailleurs.
6 MI 85, p07D. La famille en 1861, cinq ans avant Coutures.
Ligne du recensement de 1872 : ménage Reversade sous la rubrique Suite de la Combe de Lugon.
6 MI 106, p10D. La famille en 1872, sous « Suite de la Combe de Lugon ».
Acte de décès de 1869 : déclaration par Pierre Reversade, quarante-cinq ans, tailleur d'habits, domicilié au dit lieu de la Combe de Lugon.
AD24, 5 E 409/11, décès 1869, acte 13. Pierre Reversade, tailleur d'habits, domicilié « au dit lieu de la Combe de Lugon ».

Cette suite de domiciles suggère une maison de la Combe de Lugon qui aurait pu porter le nom de Coutures. Elle ne démontre pas l'identité des lieux : un déménagement après 1866 reste possible, et l'ordre des rubriques du dénombrement ne fournit aucune position précise. Les deux noms ne sont donc pas fusionnés ici.

Le nomUn homonyme à écarter

Gourgues, le cadastre de 1824 — et les Coutelières, un nom voisin

Aucune entrée « Coutures » de Gourgues (1873) n'est rattachée à Saint-Félix : les articles portant ce nom, page 91, concernent d'autres communes. Une entrée proche, page 90, mérite en revanche d'être conservée comme piste distincte, sans être confondue avec Coutures :

« Coutelières (Tertre des), friche, sect. D, 396, cne de Saint-Félix-de-la-Linde (A. Jud.). » Gourgues, Dictionnaire topographique de la Dordogne, 1873, p. 90
Extrait imprimé de Gourgues 1873 page 90 : entrée Coutelières, Tertre des, friche, section D, parcelle 396, commune de Saint-Félix-de-la-Linde.
Gourgues, 1873, p. 90. Le chiffre imprimé est 396, et non 896 comme le donne la lecture automatique du PDF consulté.

La parcelle D 396 a été retrouvée sur la feuille D2 du cadastre de 1824 (plan cadastral ; 3 P 3 4624), au sud-est du Cirier. Son contour et son numéro sont visibles ; aucun bâtiment ni nom « Coutures » n'y est dessiné. Le lien entre cette parcelle et les Coutelières vient de Gourgues seul ; un lien avec Coutures n'est pas établi. Homonymie possible, non un même lieu

Extrait du cadastre de 1824, feuille D2, montrant la parcelle 396 sans bâtiment dessiné, entourée des parcelles voisines.
AD24, 3 P 3 4624 (D2), parcelle 396. Sans bâti ni nom de lieu porté au plan.

Le sens de « terres cultivées » — couture chez Pégorier, cotura en gascon — reste une piste linguistique plausible pour le nom du recensement, mais aucune forme ancienne locale n'en établit la filiation. Les treize relevés cadastraux consultés, les extractions des lieux-dits cadastraux et de la BD TOPO, ainsi que la recherche dans les relevés des registres paroissiaux (47) et de l'état civil (94), n'ont donné aucune autre occurrence du nom.

À consulter en salle

  • 63 P 704

    Matrice cadastrale de 1826 (registre des propriétaires et de leurs terres) : chercher les comptes Reversade et Monteil, mutations et acquisitions du milieu du XIXe siècle.

  • 63 P 1716

    Dossier cadastral signalé à l'inventaire ; contrôler la parcelle D 396 pour les Coutelières, sans l'attribuer d'avance à Coutures. Puis 63 P 2192 (1882) et 63 P 1547 (1914-1955) si une chaîne parcellaire se dessine.

  • Listes 1861-72

    Exemplaires communaux et documents préparatoires des recensements de 1861, 1866 et 1872, pour préciser ou corriger le libellé de domicile.

  • A. Jud.

    Retrouver l'annonce judiciaire citée par Gourgues pour le Tertre des Coutelières, afin de confirmer ou d'écarter un lien avec Coutures.