Dossier d'archives · Dordogne
Entre la Louyre et la route, Les Bories désignent aujourd’hui cinq hectares et demi de terres. En 1692, le curé y situe une famille ; en 1909, l’état civil y enregistre un décès. Les plans et les actes conservent ainsi plusieurs usages d’un même nom, dont l’étendue ancienne reste à préciser. Un renvoi fautif de Gourgues ajoute une fausse piste vers le château de la Gaubertie.
Tous les lieux-dits de Saint-Félix-de-Villadeix
Le lieu cadastral suit la rive sud de la Louyre, jusqu’à la limite de Saint-Marcel-du-Périgord. Il comprend quatre parcelles, C 105, 106, 107 et 108, pour environ 5,48 hectares. Sur l’orthophotographie (photo aérienne), les arbres dessinent les méandres du cours d’eau ; la route ferme les terres au sud, au pied du versant boisé. Le point de repère du lieu-dit se trouve dans ce fond de vallée : le service altimétrique IGN y donne 98,42 m. Données géographiques
Le nom dépasse ce dessin fiscal. À environ 173 m du point repère, l’IGN place une étiquette « les Bories » près du bâti oriental ; sa fiche la rattache explicitement à Saint-Marcel-du-Périgord. Il faut donc garder ensemble les deux voisinages, tout en respectant la commune écrite dans chaque acte. Donnée établie
L’occitan bòria signifie « Ferme, domaine agricole » dans le dictionnaire d’Alibert, qui rattache le mot au latin bovarius. Le rapprochement avec Les Bories est très probable. Le pluriel peut garder le souvenir d’exploitations ou de leurs terres ; il ne permet d’en restituer ni le nombre ni l’emplacement. Aucun document examiné ne décrit ici des cabanes de pierre sèche. Alibert, entrée « bòria ». Étymologie probable
En 1873, page 31, Gourgues présente « Borie (La) » comme l’ancien nom du château de la Gaubertie et le place à Saint-Félix-la-Linde. Mais page 141, son article « Gaubertie (La) » donne Saint-Martin-des-Combes, avec la forme « La Borie, 1738 », qui est aussi la commune de la notice officielle du château. Ce renvoi et cette date de 1738 ne concernent donc pas Les Bories de Saint-Félix. Lu sur l’imprimé
Le 5 octobre 1692, Arnaud Lansade, né le premier du mois, est baptisé à Saint-Félix. Ses parents, Pierre Lansade et Louize Laval, sont dits habitants « hnts du village des Bories pnt parroisse » (habitants du village des Bories, présente paroisse). Le domicile est donc rattaché expressément à la paroisse (la communauté locale, ancêtre de la commune). C’est la plus ancienne mention non ambiguë retrouvée ; la maison, elle, n’est pas localisée. Original lu
Un siècle plus tard, un journalier de soixante ans, Jean Veinal [?] (le signe [?] indique une lecture incertaine), apparaît comme témoin d’un mariage, demeurant « aux Bories » (le mot imprimé « à » du formulaire est complété à la main par « ux », comme pour « à ux quatre mailles » deux lignes plus haut sur le même acte). Le nom de famille reste incertain et la commune n’est pas répétée à cette ligne. En 1909, la précision communale revient, mais pour un lieu de décès : Jean Saint Nexant est domicilié ailleurs.
| Date | Ce que dit l’acte | Preuve et limite |
|---|---|---|
| 4 mars 1794 | Jean Veinal [?], journalier, 60 ans, témoin au mariage Chevalier–Compte ; « aux Bories ». | 5 E 409/4, mariages an II, v25 droite. Lecture du lieu sûre ; rattachement local probable. |
| 7 janvier 1909 | Jean Saint Nexant, cultivateur, 59 ans, meurt « au village des Bories, présente commune ». | 5 E 409/15, décès 1909, v01 droite, acte 1. Domicile : la Combette, Sainte-Foy-de-Longas. |
Les listes de recensement ne fournissent aucun ménage sous cet identifiant. Il ne faut pas en déduire une absence permanente d’habitants : le baptême de 1692 atteste bien un domicile. Et le 25 janvier 1922, un autre acte situe des parents aux Bories, cette fois « commune de Saint Marcel » : cette occurrence doit rester rattachée à la commune voisine (5 E 409/16, naissances, v01 droite, acte 1). Lu sur l’original
Le cadastre napoléonien (le plan cadastral de 1824), terminé sur le terrain le 10 août 1824 dessine ici les méandres de la Louyre et de grandes parcelles, notamment la 387, contre Saint-Marcel. Dans ce secteur de la feuille C1, aucun nom « Bories » ni masse bâtie n’est visible. Le repérage par la rivière et les limites est cohérent ; la concordance détaillée avec les numéros modernes reste à établir. Ce plan ne dit pas où se trouvait la maison des Lansade. Lu sur le plan
La feuille suivante porte une formule décisive : « Feuille dressée en 1824, mise à jour pour 1956 ». C’est dans cet état remanié qu’apparaît « LES BORIES », sur les terres des parcelles 105 à 108, entre « La Louire » et la route. Aucun bâtiment n’y est dessiné. Cette inscription ne constitue donc pas une attestation du nom en 1824. Lu sur le plan
Les extraits de Cassini et d’État-major consultés ne donnent pas le nom. Le second montre la vallée entre ses versants hachurés, sans noyau bâti identifiable comme Les Bories dans le secteur étudié. À cette échelle, le silence de la carte ne vaut pas dénombrement.
Les photographies des couches IGN 1950–1965 et 1965–1980 montrent des parcelles ouvertes, les arbres de la rivière et le bâti voisin, à l’est, près de la route. L’image récente conserve cette disposition générale, avec moins de limites de culture dans la grande pièce centrale. La date de ce regroupement n’est pas établie.
Dans le RPG 2024, environ 4,84 ha du lieu sont couverts par des déclarations agricoles, dont 4,32 ha de maïs. Ces chiffres décrivent une année de culture, sans identifier un exploitant ni préjuger des années suivantes. Données IGN / ASP
Le cadastre téléchargé n’y dessine aucun bâtiment ; la BD TOPO situe néanmoins une petite emprise d’environ 48 m² en bordure orientale. Son usage est indifférencié et son nombre de logements non renseigné. On ne peut donc pas transformer le zéro de la fiche agrégée en un constat d’absence de logements ou de population.
L’origine du nom, la maison de 1692 et la chaîne des propriétaires restent inconnues. La priorité est d’identifier les comptes cadastraux des terres et de vérifier le voisinage de Saint-Marcel, avant de chercher les ventes et les baux.
État de sections et première matrice cadastrale de Saint-Félix (registre des propriétés et de leurs propriétaires) : nature des terres, noms fiscaux et propriétaires du secteur C 386–387 et des parcelles voisines ; concordance à établir avec C 105–108.
Mutations des propriétés non bâties ; contrôle des comptes de propriétés bâties si une maison est identifiée. Références transmises par l’inventaire, liasses non consultées.
Plans, matrices et recensements du groupe voisin appelé Les Bories : préciser les limites du nom et les ménages, sans les transférer automatiquement à Saint-Félix.
Après identification des propriétaires : actes de vente et baux avec confronts. Pierre Lansade et Louize Laval donnent une piste pour le XVIIe siècle, pas une propriété déjà démontrée.